‹ Le ciel; notions élémentaires d'astronomie physiqueChapitre 90 sur 214 · IP · texte numérisé non relu

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IIP . . .

Le tableau qu'on vient de lire résume les dimensions apparentes et réelles des satellites vus de Jupiter ou comparés à la planète. Il y faut ajouter ce qu'on sait des masses de ces petits corps; elles sont, en millionièmes de la masse de Jupiter, 17, 23, 88 et 43, de sorte que, toutes réunies, elles forment un peu moins de la 6000" partie de la première, la seizième partie de celle de la Terre. Comme leurs volumes réunis ne donnent que la 7600" partie du volume de Jupiter, leur densité est un peu plus forte que la sienne. Tous ces éléments, du reste, ne sont connus qu'approximativement : les mesures les plus rigoureuses laissent toujours des incertitudes, quand il s'agit d'objets aussi petits et aussi éloignés.

Passons maintenant à un autre ordre de recherches.

Les satellites de Jupiter, outre leur mouvement de circulation autour de la planète principale, ont-ils un mouvement de rotation? Au point de vue des principes de mécanique, et aussi par voie d'analogie, on aurait pu répondre a priori. affirmativement. Mais il y a des probabilités plus positives, parce qu'elles résultent de faits observés.

La première mention de ce mouvement de rotation que

nous connaissions, se trouve dans les Éléments d' astronomie de Cassini II. Ce savant faisait observer que les satellites, en passant sur le disque, ont quelquefois une moindre dimension que leurs ombres; hors du disque, leur éclat est variable ; le IIP parait tantôt plus grand que les deux premiers, quelquefois seulement égal. Il explique ces variations par l'existence de taches obscures qui tantôt se trouvent dans l'hémisphère tourné vers la Terre, tantôt dans l'hémisphère opposé, ce qui est un témoignage de leur mouvement autour d'un axe.

W. Herschel, en étudiant ces variations, qu'il attribue, comme Cassini, aux taches plus ou moins réfléchissantes de la surface, a cru reconnaître que le maximum et le minimum d'éclat, pour chaque satellite, se reproduisent toujours vers les mêmes régions des orbites', et il en conclut que, de même que la Lune, les satellites de Jupiter tournent sur eux-mêmes, dans un temps égal à celui de leur révolution autour de la planète". Ces conclusions ont été contestées en ce qui concerne le IIP satellite : Secchi, ayant observé ce satellite en août et septembre 1855, a vu sur sa surface des taches qui ont varié en quelques heures de forme et de position (fig. 162) et qui indiquent un mouvement de rotation beaucoup plus rapide que celui de la révolution. Il reste d'ailleurs toujours à savoir si les taches obscures qui déterminent des variations d'éclat sont des taches permanentes, ou des accidents

1. « Le I" satellite est celui qui éprouve ces changements au plus haut degré. Il est au milieu de son maximum d'éclat, quand il atteint le point de l'orhite à peu près milieu entre la plus grande digression orientale et la conjonction. La face la plus brillante du second satellite regarde aussi la Terre, quand ce petit astre est entre la plus grande élongation orientale et la conjonction. Pour le IIP satellite, il a deux maxima d'éclats et ils s'observent aux deux élongations. Le IV° ne brille d'une vive lumière qu'un peu avant et un peu après l'opposition. »

2. « Maraldi avait déjà conclu ce résultat, pour le IV° satellite, des retours d'une même tache observée sur son disque, dans ses passages sur la planète. »

variables de l'atmosphère des satellites. C'est une question délicate, difficile à élucider; outre les variations d'éclat, on constate aussi des différences de coloration dans leur lumière, et il est bien difficile de décider si ces différences sont dues aux appréciations des observateurs, à la nature de leurs instruments, ou à des changements physiques réels.

W. Herschel (1797) a trouvé que le f satellite a une teinte d'un blanc plus ou moins vif; Béer et Meedler le trouvaient

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