INTRODUCTION
Le ciel sur la terre, l'Eucharistie! ce mot rappelle des choses si hautes et si sublimes, et en même temps si glorieuses et si consolantes pour les pauvres exilés de cette vallée de larmes, que la pensée humaine peut à peine les atteindre, et que la parole est toujours impuissante à les.exprimer. L'Eucharistie, c'est le ciel descendu sur la terre, c'est Dieu résidant parmi nous! L'Eucharistie, c'est Dieu s'immplant pour nous, c'est Dieu devenant notre espérance, notre possession, el nous communiquant de la manière la
Il INTUODL'CTION.
plus intime les divines effusions de ses grâces et de tous ses dons célestes. L'Eucharistie enfin^ ce ciel de la terre, c'est le divin banquet où l'homme et Dieu confondent leur être et leur substance.
Mystère ineffable, ravissante merveille qui plonge les anges dans une perpétuelle admiration. Le front incliné dans la poussière, adoronsle dans l'inébranlable fermeté de notre foi, ne le contestons pas. Qu'il soit permis à l'Etre tout-puissant, à la sagesse éternelle, au cœur de Dieu qui aime infiniment, qui est tout amour, de donner des preuves de cet amour proportionnées à l'infinité de sa puissance, de sa sagesse, de son inépuisable charité, qui le porte à descendre jusque dans le sein de l'homme pour l'élcverjusqu'à lui. Avec le disciple bien-aimé, disons donc pour toute réponse aux objections qu'on pourrait faire contre cet auguste mystère : Nous croyons à l'amour que Dieu a pour nous. Nos crediilimm charitati quam habet Dem in nobis. (Saint Jean, iv, 16.) Voilà la raison suprême de
INTRODUCTION. m
noire foi, la brillante lumière qui dissipe tous nos doutes ; l'immortelle solution de toutes nos difficultés. Oui, nous croyons à l'amour que Dieu a pour nous. Nos credidimm charilati quam habet Deus in nobis.
Dans tous les siècles, dans tous les lieux, cette foi vive à la présence réelle de Jésus-Christ a fait surgir ces magnifiques chefs-d'œuvre qui transforment la pierre brute en une prière toujours vivante; celte foi vive à Jésus-Christ présent dans nos tabernacles a inspiré ces artistes célèbres dont le génie a couvert l'Europe entière de ces vieilles basiliques et de ces splendides cathédrales peuplées d'un monde de figures et de statues d'anges et de saints, qui font la gloire et le plus bel ornement de nos cités. Voilà comment les enfanls de Dieu se plaisent à rendre à leur père des hommages solennels; voilà comment leur amour élève des trônes au Dieu du ciel dont les délices sont d'habiter parmi les enfants des hommes.
C'est parce que Dieu est réellement présent
iT IINTUODUCTION.
SOUS ces voûtes sacrées que nous venons épancher nos cœurs aux pieds de ces tabernacles, pour nous fortifier dans la lutte terrible qu'il faut livrer aux nombreux ennemis de notre âme, pour nous consoler au sein des navrantes tristesses de l'exil.
L'Eucharistie, Jésus-Christ résidant au milieu de nous, là est la vie, l'âme du catholicisme. C'est le principe, la cause de toutes les cérémonies religieuses qui s'accomplissent dans nos églises avec tant de pompe et de magniticence. C'est ici, en un mot, que nous venons faire l'apprentissage de la vie du ciel, en nous rassasiant de cette chair sacrée, en nous abreuvant de ce sang divin, qui nous transforment en Jésus-Christ même, le Fils éternel de Dieu.
Elle l'avait bien compris, cette jeune enfant, qui, au jour de sa première communion, interrogée sur le bonheur du ciel, répondit aussitôt : Le ciel, c'est une première communion qui durera toujours!
L'Eucharistie est donc le plus grand, le plus
INTRODUCTION. v
auguste, le plus saint des sacremenls. Il renferme seul tout ce que l'Eglise possède de plus noble, de plus admirable, de plus efficacement salutaire.
L'Eucharistie enfin, c'est le ciel sur la terre! car, si le ciel, c'est Dieu, et si Dieu est dans l'adorable et très-divin sacrement de l'autel, l'Eucharistie est donc le ciel sur la terre.
Réveiller dans les cœurs des chrétiens une foi vive à la présence réelle de Jésus-Christ dans la divine Eucharistie, un désir ardent de participer à ce pain des anges : voilà le but que nous nous sommes proposé, voilà la faim, la soif, qui dévorent notre âme. Puissions-nous avoir atteint notre but !
Voyez-vous ce petit enfant : il vient de s'approcher du foyer paternel, la flamme ne brillait plus, le feu était sur le point de s'éteindre, un soufÛe de sa bouche tombe sur le foyer, une étincelle jaillit, aussitôt la flamme brille et s'élève resplendissante au foyer de la famille.
Comme cet enfant, puissions-nous par cet