SAINT DENYS L'ARÉOPAGITE
Saint Denys l'Aréopagite, premier évêque de Paris et apôtre de la France, naquit à Athènes. Issu d'une famille distinguée, il reçut une éducation digne de sa naissance. Jeune encore et par amour de la science, il visita l'Egypte, mère des superstitions grecques, et sanctuaire renommé de la philosophie religieuse. Il était dans une ville de ce pays, à Héliopolis, lorsque apparut cette éclipse miraculeuse par où fut annoncée au monde la mort du Seigneur. De retour dans sa patrie, son mérite, autant que son origine illustre, lui ouvrit la carrière des charges publiques, et il fut successivement élu archonte et membre de l'aréopage. C'est au sein de ces honneurs que la grâce de Dieu par l'organe de l'apôtre saint Paul vint le saisir au cœur. Après avoir été instruit par le grand Apôtre, sous l'influence de la grâce et de l'action puissante
2i CIRCONSTAKCES QUI ONT SUIVI L'EXÉCUTION
qu'exerçait sur lui un saint et illustre personnage de ce temps là, Hiérolée, il s'éleva à cette science sublime de la théologie, qui a fait dire à Photius qu'il était grand dans son style comme dans ses pensées. Aussi fut-il élevé par saint Paul au gouvernement de l'Église d'Athènes dont il a été le premier évêque.
Après que saint Denys eut gouverné l'Église d'Athènes, il se rendit à Rome, et le pape Clément, ayant pourvu à l'Eglise d'Athènes, il l'envoya dans les Gaules prêcher la foi de Jésus-Christ, et éclairer cette province de la lumière de l'Évangile. Paris étant comme la capitale des autres villes par sa nombreuse population, il vint y planter la croix de Jésus-Christ. Ce fut là qu'il répandit à flots abondants la céleste doctrine dont son âme était envahie, communiquant à tous les trésors de Dieu, prêchant son Évangile, et prouvant sa divine doctrine par des œuvres miraculeuses. Illustre dans sa mort comme dans sa vie, il confirma de son sang la foi qu'il avait prêchée et par ses discours et par ses immortels écrits. Les œuvres de son génie et ses exemples nous restent comme une grâce et un encouragement.
Saint Denys donne à la sainte Eucharistie des titres et des éloges si magnifiques, dans les noms dont il se sert pour en exprimer l'excellence, que nous avons cru devoir en mettre ici une espèce de catalogue. — Le voici : l'Eucharistie est le Sacrement des sacrements. — Le très-saint Sacrement. — Le très-divin et trèssaint Sacrement. — La très-divine Communion. —
Les très-divins mystères. Entendez l'admirable prière qu'il adressait à Jésus-Christ dans la très-divine Eucharistie : « 0 Irès-saint, ô très-divin sacrement, découvrez-nous ces énigmes sacrées, ces voiles symboliques qui vous environnent et vous cachent; manifestezvous clairement aux regards de mon âme ; et remplissez-la d'une brillante lumière ^ »
Sa prière est puissante et féconde, comme sa vertu fut pure et élevée. Los Rois de France ont mis à ses pieds la plus belle couronne de l'univers; Dieu accorda de nombreux et éclatants miracles à son intercession, aussi le ciel et la terre se sont réunis pour honorer et consacrer sa mémoire. Après cette courte biographie, venons à l'exposé de la doctrine de saint Denys sur le mystère de l'Eucharistie, ce passage est tiré des œuvres de saint Denys, traduites du grec par M. l'abbé Darboy, vicaire général de Paris, dont nous nous sommes inspiré dans ces quelques lignes sur le saint apôtre des Gaules.
' Siméon Métaphraste, Nicéphore Caliiste, enseignent que saint Denys l'aréopagite vint à Rome, où il reçut du pape saint Clément une mission apostolique pour les Gaules.
Fortunat, évèque de Poitiers, Vincent de Beauvais, saint Antonin, Génébrard, Mariana, Baronius, enseignent que saint Denys l'aréopagite a gouverné l'Eglise de Paris, qu'il avait fondée.
Le même fait est affirmé par les ménologes grecs, par le livre très-ancien du Martyre de saint Denys et de sa misi>ion dans les Gaules, enfin par les bréviaires, missels et martyrologes d'une époque fort reculée.
HTSTERC DE Lk COHlInNION.
Le Pontife, après avoir prie aux pieds de l'aulel sacré, l'encense d'abord, puis fait le tour du temple saint. Revenu à l'autel, il commence le chant des psaumes que tous les ordres ecclésiastiques continuent avec lui. Après cela, des ministres inférieurs lisent les très-saintes écritures, et ensuite on fait sortir de l'enceinte sacrée les catéchumènes, et avec eux les pénitents; ceux-là restent seuls qui sont dignes de contempler et de recevoir les divins mystères. Pour le reste des ministres subalternes, ceux-ci se tiennent auprès des portes fermées du saint lieu; ceux-là remplissent quelque autre fonction de leur ordre. Les plus élevés d'entre eux, les diacres, s'unissent aux prêtres pour présenter sur l'autel le pain sacré et le calice de bénédiction, après toutefois qu'a été chantée par l'assemblée la profession de la foi. Alors le Pontife achève les prières, et souhaite à tous la paix ; et, tous s'étant donné mutuellement le saint baiser, on récite les noms écrits sur les sacrés diptyques. Ayant tous purifié leurs mains, le pontife prend place au milieu de l'autel, et les prêtres l'entourent avec les diacres désignés. Le pontife bénit Dieu de ses œuvres merveilleuses, consacre les augustes Mystères, et les offre à la vue du peuple sous les symboles vénérables qui les cachent. Et quand il a ainsi présenté les dons précieux de la divinité, il se dispose à la communion et y convie les autres. L'ayant reçue
distribuée, il termine par une pieuse action de 'âces : « Goûtez et voyez, dit l'Ecriture, car c'est en initiant à nos mystères que les fidèles apprécient mmensité des grâces dont nous sommes enrichis,
c'est après avoir contemplé dans la communion ur grandeur et leur excellence, qu'ils éclatent en mtiques de louange pour les merveilles de bonté que divinité a opérées. »