‹ Le ciel sur la terreChapitre 15 sur 120 · SAINT CYPRIEN · texte numérisé non relu

SAINT CYPRIEN

Au troisième siècle, saint Cyprien, cet illustre docteur lie l'Eglise, évoque de Cartilage, lui qui eut la gloire de sceller de son sang la doctrine qu'il avait si puissamment enseignée, commentait ces paroles de l'Oraison dominicale : Donnez-nous aujourd'hui le pain de chaque jour : « Non-seulement le pain spirituel, nécessaire à la vie de notre âme, non-seulement le pain descendu du ciel, et qui se distribue dans la sainte Euciiarislie, où nous croyons que sa chair est réellement présente; nous lui demandons que ce pain, qui se donne ciiaque jour en aliment de salut, nous méritions chaque jour de le recevoir, et de n'en être point privés en punition de quelque péché grave; parce que n'y point participer, c'est se séparer du corps de Jésus-Christ, qui nous a dit : a Si vous ne « mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne « buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. »

SAINT THARSICE

PIIEMIER UAnTYR DE L'eUCBARISTIE

Dans le troisième siècle, pendant une persécution, saint Tharsice, acolyte, fut rencontré par des païens sur la voie Appienne, à Rome, lorsqu'il portait le

saint Viatique aux martyrs. La curiosité païenne, désireuse de voir les mystères des chrétiens pour les violer et les insulter, réclama avectoutes sortes de menaces le dépôt sacré dont il était chargé. « La mort, mille fois la mort, plutôt que de livrer le trésor que je porte sur ma poitrine! » répondit Tharsice. Alors les païens irrités le massacrèrent à coups de bâtons et de pierres. Quand il fut mort, ces sacrilèges investigateurs cherchèrent en vain dans ses mains, sur sa poitrine, dans ses habits, le dépôt glorieux, le Saint des saints qu'il portait aux martyrs. Dieu par un miracle l'avait soustraite leurs sacrilèges profanations.

Les Chrétiens enlevèrent le corps du saint et courageux martyr, ils le déposèrent avec honneur dans le cimetière de Calliste. Plus tard le saint pape Damase composa pour lui une épitaphe qu'il est impossible de lire sans être convaincu que la croyance en la présence réelle du corps de Notre-Seigneur dans la divine Eucharistie était alors aussi générale et aussi ferme que de nos jours.

Tarcisiuin sanctum Christi sacramenta gerentem Cum malesana manus peteret vulgare profanis, Ipse animain potius voluit dimittere cœsus Prodere quam canibus rabidis cœlestia membra.

Tarcisius enfant portait l'Eucharistie ; Les païens y voulaient jeter un œil impie ; Il aima mieux mourir, sous leurs coups déchiré, Que de livrer du Christ le corps si vénéré.

{Vies des Saints, 15 août. — Actes des martyrs)

54 CIUCO>STANCES QUI OÎJT SUIVI LEXECUTION

IV* SIÈCLE

SAINT ÉPHREU

Aih quatrième siècle vivait saint Éplirem, diacre d'Edesse, docteur de l'Eglise de Syrie. Ce docteur des Syriens occupera toujours un rang distingué dans cet ordre de génies supérieurs que Dieu a donnés à l'Eglise catholique, comme il a placé les séraphins à la tête des chœurs des célestes intelligences qui entourent son trône dans le ciel. Saint Jérôme l'appelle un écrivain sublime. Recueillons avec foi, piété et amour, les magnifiques passages que nous hsons, dans ses œuvres, sur l'Eucharistie.

« C'est d'une manière toute nouvelle que le corps de Jésus-Christ est mêlé avec les nôtres, et que son sang est répandu dans nos veines; il nous pénètre entièrement. Par un amour particulier pour l'Eglise, il ne lui a pas donné la manne comme à la synagogue ; mais il est devenu lui-même le pain de vie, afin qu'elle s'en nourrit. Le calice de son sang, qui est plein de vie et de lumière, est à notre disposition ; celui qui y participe indignement se condamne lui-même pour n'avoir pas eu soin de se purifier avant de recevoir son Roi et son Seigneur. Que celui-là est heureux, qui s'approche des saints mystères avec crainte et révérence, dans la persuasion qu'il reçoit en lui la vie éternelle !... Le ciel, la terre, la mer et tout ce

qu'ils contiennent, tremblent devant le Seigneur et s'inclinent devant lui; les anges, qui sont si purs, ne le servent qu'avec tremblement et en se couvrant le visage, n'osant pas même le regarder; et vous approcheriez de ces mystères avec un cœur souillé par le péché! Vous pouvez bien en imposera vos semblables et leur faire croire que vous recevez dignement la divine Eucharistie; mais que direz-vous à Dieu, qui connaît le fond des cœurs? Considérez toutes ces choses avec foi, et croyez fermement que c'est la vérité. Car, si vous ne les contemplez pas des yeux de la foi, il ne vous sera pas possible d'être élevé de la terre au ciel, pour y voir en esprit les souffrances de Jésus-Christ. C'est la foi qui, brillant dans nos cœurs comme une vive lumière, leur donne des yeux pour contempler avec pureté et sincérité l'Agneau de Dieu, qui est mort, qui a été immolé pour nous, et qui nous a donné son très-saint et très-pur corps, afin que nous le mangions continuellement, et que nous obtenions, en y participant, la rémission de nos péchés. Celui qui possède cet œil de la foi voit clairement le Seigneur, et avec une foi très-pleine et très-ferme il mange le corps et boit le sang de l'Agneau sans tache. Fils unique du Père céleste, sans sonder avec curiosité la doctrine toute divine et toute sainte que celte foi nous enseigne ! . . Demeurez donc dans votre foi pure et simple; participez au corps sans tache et au sang de rsotre-Seigneur Jésus-Christ avec une foi très-pleine et étant assurés que vous mangez

36 CIRCONSTANCES QUI ONT SlIVI L'EXÉCUTION

l'Agneau même tout entier Abraham servit des-

viandes terrestres à des anges du ciel, et ils en mangèrent. Ce tut un miracle, que des esprits qui n'on<t point de corps mangeassent des viandes corporelles; mais ce que Jésus-Christ fait pour nous est au-dessus de l'admiration, de l'intelligence et des paroles de tous les hommes; car, s'élant revêtu de notre chair, il nous a donné à manger un feu et un esprit, c'està-dire son corps et son sang.

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