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LE SAINT VIATIQUE

ÏAI^T «JiEROÏSE REÇOIT, PAR UX PRODIGE DE LA PR0TirE5CE BE DIEU, LE SAINT VIATIQUE.

Saint Paulin raconte dans la Vie de saint Ambroise, qu'Honorât, évêque de l'église de Verceil, étant allé visiter le saint évoque de Milan dans sa dernière maladie, comme il était couché dans l'appartement supérieur pour prendre un peu de repos, il entendit par trois fois, une voix qui l'appelait en lui disant : « Hâtez-vous, Honorât, de vous lever, car il va bientôt expirer. » Il descendit aussitôt et présenta à Ambroise le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ambroise ne l'eut pas plutôt reçu qu'il rendit son der-

nier soupir, emportant avec lui cet excellent viatique, pour aller, fortifié par le divin aliment, jouir de la société d'Élieet du commerce des anges, dont il avait mené la vie sur la terre. Ce fait est un argument sans réplique en faveur du dogme de l'Eucharistie administrée sous une seule espèce. Bossuet allègue ce fait contre l'opinion des ministres protestants en faveur de la communion sous les deux espèces.

Viatique. — Bède, dans le livre IV de YHistoive d'Angïetene, ch, xiv, dit, en parlant d'un enfant malade : « Le prêtre crut l'enfant, et ayant appelé ses frères, il fit préparer une table, dit la messe, voulut que tous communiassent selon l'usage, et ordonna qu'on portât à l'enfant malade une petite portion du saint sacrifice. Cela fait, l'enfant mourut quelques instants après, le sourire des prédestinés sur les lèvres. »

Le même historien nous raconte que Cedmon, aux approches de la nuit où il allait quitter cette vie terrestre, pria son ministre de préparer celte nuit-là môme le lieu de sa sépulture. Etonné de cette demande que lui faisait son maître, qu'il ne croyait pas si près de sa fin, le ministre n'en exécuta pas moins l'ordre qu'il avait reçu. Or, comme Cedmon s'entretenait avec ses courtisans avec une sainte et pieuse familiarité, minuit étant sonné, Cedmon leur demanda s'ils avaient avec eux la divine Eucharistie. « Eh ! qu' est-il besoin de l'Eucharistie? lui répondirent-ils ; vous n'êtes point encore à votre heure dernière, vous qui

causez si joyeusement avec nous, comme un homme en pleine santé.» «>"importe,répliqua-t-il, apportezmoi l'Eucharistie. » L'ayant reçue dans ses mains, il leur demanda si tous étaient contents de lui, s'ils n'avaient point de reproches à lui faire. Ils lui répondirent tous qu'ils ressentaient pour lui la plus tendre affection, bien loin d'avoir contre lui aucun sujet de plainte, et ils le prièrent à leur tour de leur accorder sa paix. « Je n'ai, mes enfants, leur répliqua-t-il aussitôt, que des sentiments de paix pour tous les serviteurs de Dieu. » Dans ces dispositions, il se munit du viatique céleste, se prépara à une autre vie, et leur demanda sile moment approchait du réveil des moines pour l'office de la nuit. « Le moment approche, » lui répondirent-ils. a Bien, leur dit-il alors, nous n'avons donc qu'à attendre jusque-là. » Puis, se signant du signe delà croix, et après unlégersommeil, il termina ainsi doucement sa vie.

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