DURÉE DU CYCLE CIECULATOIRE
Ce diaphragme est traversé par une aiguille dont l'extrémité interne un peu élargie reçoit une impulsion d'autant plus vive que le sang vient la frapper plus fortement. L'extrémité externe décrit en dehors une courbe plus ou moins grande, qui indique la rapidité du sang sur un cadran demi-circulaire, situé au bord du tube.
Mais, il faut le dire avant tout, rien n'est plus variable que la rapidité du sang; l'état d'activité d'un organe augmente considérablement la rapidité du cours du sang dans les artères qui s'y rendent. C'est ainsi que la carotide, pondant que les animaux mangent^ alors que les muscles masticateurs et les glandes salivaires sont en activité, charrie cinq à six fois plus de sang que pendant le repos.
Durée d'une bévolution circulatoire. — Combien de temps le sang met-il pour accomplir son cycle circulatoire, et revenir au cœur, après en être parti pour parcourir les organes? Grand nombre de physiologistes se sont occupés de cette question; hérinb de Stuttgard % vierordt ^, blacke MATTEUCCI et PYRIA * furent les principaux.
Iléring, qui expérimenta le premier en 1829, introduisit dans la veine jugulaire d'un cheval du prussiate de potasse, et, recueillant de 5 en S secondes le sang de l'autre jugulaire, il analysa les échantillons et marqua l'instant d'apparition du sel, qui fut de 30 secondes. Sur 18 expériences le temps varia de 10 à 40 secondes.
Vierordt^ en 1838, opéra avec plus de précision, recevant de seconde en seconde le sang à analyser dans les aubes d'une petite roue, ou disque tournant d'un mouvement uniforme. Par ce procédé, il trouva chez le cheval la révolution circulatoire de 23"8. Chez le chien, elle fut de 1S"2. L'homme, étant intermédiaire entre le cheval et le chien, doit compter 23 secondes environ.
Mais Matteucci et Pyria pensent que la diffusion rapide de cette solution saline dans le sang doit accélérer beaucoup les effets
' IIiiuiNG. Versuche die schnelligkeitdes blutlaufx und absonderung zu bestimmen, Zeitschrift fiir physiol. von Trevirauus, 1829, t. 111, p. 85.
- ViEROiujT. Die erscheinungen und gesetze der sLroinrjeschwindigkeiten des blutes , p . 5u .
Blacke. On the actions of poisons. Kdimb. med. and siirg. Journ. 1841, t. LVI, p. 415.
* Matteucci. Leçons sur lespiie'n. p/njs. des corps vivants, 1843, p. 329.
DUKÉE DU CYCLE CIRCULATOIEE. 275
produits; aussi Volkmann, partant il est vrai d'idées théoriques, affirme que la durée circulatoire doit être de 120 secondes chez le cheval, 40 chez le chien et 24 chez le lapin.
Suivant WRISBERG, une femme qui périt d'hémorrhagie, perdit 1 3 kilog. de sang ; et l'on recueillit 1 2 kilog. de ce liquide chez un individu décapité. Si l'on admet qu'à chaque battement le cœur de l'homme pousse de 60 à 90 grammes de sang, la circulation de 12 kilog. de ce liquide. exige de 133 à 200 battements du cœur. On peut donc supposer que la circulation achève son circuit chez l'homme en 133 ou 200 pulsations, équivalant à deux ou trois minutes environ.
Mais la vitesse n'est point la même dans tous les organes. Très grande dans les gros vaisseaux, elle est lente dans les capillaires, afin de permettre à l'absorption^ à l'échange des matériaux, de s'opérer complètement. Elle est surtout remarquablement lente pour la veine porte et pour le foie.
Certains poisons traversent, au contraire, la circulation avec une vitesse extrême. Claude Bernard a démontré que VIodure de potassium, \n]Qcié dans le sang, se retrouve dans la salive au bout de 30 secondes ; et backe a retrouvé, au bout de 4 secondes, Vammoniaque injectée dans la jugulaire d'un chien et reparaissant à l'état de vapeur dans les produits de l'expiration pulmonaire. C'est une nouvelle vérification de l'idée de Matteucci et Pyria.
Rapports entre la dusée du cycle circulatoire et le nombre DES battements DU CŒUR. — Chaque systole cardiaque doit nécessairement correspondre à une certaine fraction de la quantité totale du sang qui traverse les organes. C'est ce qu'on appelle la valeur systolaire. Les expériences de Héring et de Vierordt ont démontré que, chez les mammifères, la durée du cycle circulatoire dans chaque espèce est proportionnelle à la durée d'un battement du cœur du même animal ou en raison inverse de la fréquence du pouls.
Le terme moyen est de 26 à 28 battements pendant une révolution circulatoire. Ainsi le lapin ayant environ 210 systoles par minute, et chaque révolution circulatoire exigeant 7" 46, chaque systole envoie dans la circulation la 26° partie du sang qui la constitue.
Le pouls de l'homme battant 72 fois par minute donne de même une proportion de 27 7.