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MESUKE DE LA CAPACITÉ DU SYSTÈME CAPILLAIRE

augmente à mesure que l'on s'éloigne du cœur. L'ensemble des capillaires offre, en effet, un total de diamètre bien supérieur à celui de l'aorte au cœur.

Cette disposition neutralise jusqu'à un certain point la diminution trop rapide de l'écoulement dans les plus petits tuyaux. Mais il en résulte aussi une décroissance- de pression des artères aux veines. En effet, les résistances se répartissent sur toute la longueur et éteignent graduellement la force d'impulsion que le sang a reçu du cœur.

Vitesse du sang dans les réseaux capillaires. — Vierordt * a cherché à mesurer la rapidité du courant capillaire en étudiant le phénomène du courant en réseau que présente la rétine humaine, lorsqu'on la comprime après avoir contemplé la lumière blanche et en calculant l'espace parcouru par l'image en un temps donné. Il évalue à O""" 6-9 la rapidité du sang dans les très petits capillaires; et pour les vaisseaux qui laissent passer plusieurs globules, une rapidité 2 à 5 fois plus grande. Le même observateur a mesuré directement au microscope la rapidité du cours du sang dans la palmure de la grenouille en observant le temps que met un globule à passer d'une ligne à l'autre d'un micromètre. Enfin il a eu recours à un ingénieux moyen pour préciser les résultats. Plaçant entre le réflecteur et le porte-objet un disque tournant percé de trous qui n'éclairent l'axe de l'instrument que pendant un instant très court, il a pu, en variant la vitesse, arriver à reconnaître le moment où l'éclairage est assez subit, assez court, pour que les globules du sang paraissent immobiles, et par là il a pu calculer la vitesse de leurs mouvements.

Mesure de la. capacité du système capillaire. — C'est encore à Vierordt que Ton doit cet intéressant calcul. Etablissant d'une part l'aire de l'ouverture aortique et la rapidité de son courant sanguin, connaissant d'autre part la vitesse du sang dans les capillaires, il en a déduit la somme des aires de tous ces vaisseaux et a reconnu que la section du système capillaire artériel est à l'aire de l'aorte originelle comme 800 ou 830 est à 1.

Donders, reprenant ces calculs, réduit l'aire totale du système capillaire à 500 fois celle de l'entrée de l'aorte.

Perméabilité des capillaires. — Le passage des globules

' Vierordt. Die erscheinungen und geseize der .ttromgeschirindigheiten des: blutes, p. H2.

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rouges et blancs à travers les parois des capillaires^ constaté par RECKLINGHAUSEN et COHNHEIM, est un fait considérable qui permet d'admettre également le passage des globules du pus et l'élimination de ce liquide par l'urine, comme Robert de Latour l'a interprété dans certains cas de péritonite avec exemples à l'appui en 1867. La transsudation des hématies à travers les capillaires, favorisée par l'injection de chlorure de sodium dans le sang, constatée par prussac, avec production d'hémorrhagies et d'un état scorbutique, ébranla bientôt la doctrine accréditée sur l'imperméabilité de ces vaisseaux. Enfin les nouvelles recherches do STRICKER de Vienne sur leur structure, renversent définitivement cette théorie pour y substituer celle de la pcrméabilitc.

Dk la stase sanguine. — La stase sang-nine consiste dans V arrêt de la circulation dans les capillaires.

Cet arrêt peut être partiel ou général.

Général, on ne le rencontre guère que dans la syncope^ la mort apparente ou la mort réelle.

Partiel, il offre à l'observateur un sujet d'étude fécond et varié.

En effet, d'après les travaux de donders et deGUNNiNG*, sans l'intermédiaire des organes centraux, l'onde sanguine peut exercer sur une région donnée une influence immédiate par la contraction de la paroi musculaire des petits vaisseaux. Et c'est dans les vaisseaux capillaires qu'il faut chercher les points essentiels de V inflammation locale.

C'est ainsi qu'après avoir coupé tous les nerfs et les branches qui se rendent à la palmureinter-digitale d'une jeune grenouille, Gunning reconnut encore au bout de quatorze jours les contractions rhythmiques des vaisseaux, comme dans l'oreille des lapins. Il y a donc indépendance. En appliquant sur la palmure de l'eau chaude à 40°, il vit augmenter la rapidité du courant sanguin sans dilalation du vaisseau.

Au contraire, sous l'influence des irritants et surtout des acides, il vit se produire la stase sanguine immédiate, sans modification des parois ni du calibre artériels.

Onglée. — Le phénomène de Vonglée est un de ceux qui démontrent le mieux la dilatation et la contraction alternative des vaisseaux capillaires sous l'impression du froid.

■* GuNNiNG. Untersuchungen i'iher hluthewegung, imdstasis. Archiv. f. d. Holluad. beitrage zur natnr ii. Heilkunde, v. Donders. u. Berlin Bd. 1. Heft. i.

STASE SANGUINE.

Au premier moment, et avec de vives douleurs, on voit les veines se dilater, la peau devenir violacée et donner tous les signes d'une congestion veineuse intense. C'est la période de dilatation ou de parêsie veineuse. Les artères sont au contraire légèrement resserrées.

Puis, par une réaction nouvelle, tous les vaisseaux artériels et veineux se resserrent, se contractent à l'extrême, n'admettent plus de globules sanguins; alors la peau pâlit, la sensibilité s'éteint et le membre arrive à une mort apparente.

ludicatîou thérapeutique tirée dn réisean capillaire pour la sj'ncope et la mort apparente. — L'importance du réseau capillaire sur la circulation se montre surtout dans les cas de syncope et de mort apparente. Là, tout semble arrêté : cœur, artères, veines, capillaires. La syncope est complète, absolue; tous les tissus sont contractés et vides. Il y a spasme de tous les vaso-moteurs, arrêt de Forifice d'écoulement. Si cet état persiste, la mort sera bientôt réelle. Que fera le praticien? Cherchera-t-il à ranimer directement les battements du cœur? H y a peu de moyens pour cela, et le principal, l'électricité, lui manque le plus souvent.

Non. il ne cherchera pas à augmenter la force d'impulsion de la source, il cherchera à déboucher l'orilico multiple d'écoulement^ et, s'adressant à un moyen facile, immédiat, il pratiquera la flagellation.

Nul moyen n'est plus puissant pour rappeler la vie ; il agit sur la large surface des tégumens, c'est-à-dire sur l'ensemble des vaisseaux capillaires, et, à la période d'excitation qui est très courte, succède la période de parésie, où les vaso-moteurs diminuant leur action, les capillaires se laissent dilater; leur vide faisant un appel au sang, la circulation recommence. Le cœur, dès lors, s'il n'est pas éteint, se vide par un suprême effort et se reprend à battre.

Yoilà comment le plus simple des moyens devient entre les mains de la science un puissant moyen de salut, et ceci n'est pas seulement de la théorie, car LÉVY, dans le Journal d'hygiène (1877), a donné les détails de deux cas où les malades, en état de mort apparente, ont été sauvés par la flagellation.

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