CENTRE VASO-MOTEUR BULBAIRE
Mais si les racines vaso-motrices pénètrent dans l'axe médullaire, ne peut-on encore remonter plus haut pour chercher leurs origines?
C'est l'opinion de Schiff ; il admet que tous les nerfs vasomoteurs remontent par la moelle épinière jusqu'au bulbe rachidien, oii se trouve leur origine première, le centre vaso-moteur général .
LUDWIG et THiRY^ d'autre part, reconnurent en 1834 que l'électrisation de la portion supérieure de la moelle cervicale déterminait une constriction de tous les vaisseaux du corps.
En 1871, OWSJANIKOW soupçonna l'existence d'un centre vasomoteur, situé au-dessous du plancher du quatrième ventricule, entre le bec du calamus et les tubercules quadrijumeaux.
Il parvint à le démontrer en électrisant le bulbe, comme l'avaient fait déjà KESSEL et SOBOROFF. C'est là que se trouverait^ selon lui, le foyer principal des actions réflexes vaso-motrices, et le centre du tonus» vasculairc.
Centres multiples. — Mais Brown- Scquard , en 1855, reconnut que cette localisation en un centre unique est inadmissible.
F^^Z/>^a7^ ^ pense aussi que les origines vaso-motrices restent multiples, échelonnées dans la substance grise de la moelle comme les centres réflexes des nerfs moteurs musculaires. Un certain nombre de fibres remontent jusqu'à la protubérance, quelques-unes jusqu'au cervelet et à l'encéphale. Sa démonstration s'appuie sur ce fait, que s'il n'existait qu'un centre unique, la section de la moelle supérieure déterminerait une paralysie totale, absolue, tandis que la section du bulbe luimême laisse encore aux vaisseaux un certain pouvoir contricteur. Ce qui le démontre, c'est que, si l'on aggrave la lésion en sectionnant la moelle en plusieurs points inférieurs, le pouvoir constricteur faiblit davantage encore. Dès l'année 1863, Goltz indiqua un résultat analogue ; sectionnant sur un chien la portion lombaire supérieure de la moelle, il voyait les membres supérieurs s'échauffer ; une fois l'équilibre rétabli, il détruisait au-dessous toute la moelle lombaire, et une nouvelle perte d'équilibre calorifique était accusée aussitôt.
Il existerait donc au moins un centre lombaire et un centre cervico-dorsal. Ainsi il faut admetti'e que le bulbe rachidien exerce sur les vaso-moteurs une influence à' ensemble, mais qu'il
' VuLPiAN. Revue des sciences méd . de Ilayem, t. lll, p, SIS.
^\ui.v\,\.n. Expér. pour rechei'cher si tous les nerfs vasculaires ont leur foyer d'origine dans le bulbe rachidien. Acad. des se. P. 16 lévrier 1874.
n'est pas le centre unique des actions vaso-motrices réflexes. Toute la colonne médullaire y concourt, comme elle le fait pour les actions réflexes qui se produisent par l'intermédiaire des nerfs musculo-moteurs. En outre, l'activité de chaque centre peut être directe ou réflexe.