HYSTÉRIE VASO-MOTRICE
les nerfs constricteurs, elle explique l'action véritable de toute la série des astringents., que la science ancienne avait déjà fort bien jugée avant de la comprendre. Par les nerfs dilatateurs, elle prépare la place d'une autre classe de corps, dilatants ou parésiants, dont l'action sera en sens inverse des premiers^ comme le nitrite d'Amyl. Enfin elle permettra de localiser l'action des médicaments sur une région,un organe, un tissu déterminés.
Cougcstions et inflammations vaso-motrices. — Nous ' avons dit que la section du ganglion cervical produisait : rougeur, chaleur et gonflement ou dilatation vasculaire : ce sont bien les symptômes des congestions inflammatoires.
Pourtant ce n'est point encore l'inflammation, mais seulement une accumulation plus grande de sang artériel. En effet la température augmente sans doute dans la partie paralysée^ cette augmentation peut aller à 4 ou 5 degrés dans les régions périphériques où, le rayonnement étant considérable, les différences deviennent plus sensibles ; mais jamais la température ne dépasse le degré normal du sang, comme cela arrive dans les véritables plilegmasies et encore plus dans les fièvres.
Néanmoins les parties correspondantes aux nerfs sectionnés restent beaucoup plus sujettes que les autres à être atteintes par les inflammations ^ .
Céplialée vaso-motrice. — Quand un malade atteint de céphalalgie éprouve des pulsations dans toute la tête, ou toute une moitié de la tête, cela indique une céplialalgîe congcstivc •avec parésie vaso-motrice. ;
Migraine vaso-motrice. — HERVEZ DE CHÉ&OIN ^ considéré la migraine comme une névrose du grand sympathique, qui a pour effet d'amener la dilatation des vaisseaux artériels de l'encéphale et de la face pendant les accès, et produit la compression du cerveau.
Hémopliilie. — De son côté Fr. SIMON regarde l'iiémophilic comme une espèce de névrose paralytique des vaso-moteurs. Il fait observer la fréquence de phénomènes nerveux très marqués chez les hémophiles. -••
Hystérie vaso-motrice. — Il est une forme intermittente de l'hystérie où la malade éprouve, soit des accès de sommeil,
' Snellën, Arch. f. d. Hall, breit. I Jahrb. l, lOO. ''Hervez deChégoin. Gaz; des hôpit. 1874.
392 SCLÉRODERMIE VASO-MOTRICE.
soit des congestions locales^ soit des phénomènes d'asphyxie locale des extrémités.
Cette forme morbide, étudiée pour la première fois par le docteur ARMAINBAUD paraît devoir être rattachée à une perturbation vaso-motrice ayant son origine dans la moelle épinière et constituer une forme particulière hystérie, forme vaso-motrice, dans laquelle les spasmes toniques, au lieu d'avoir pour siège les muscles de la vie de relation, se portent sur les muscles circulaires de certaines régions, les dilatent et déterminent ainsi des congestions locales.
Kpilepsic vaso-motrice. — KUSMAUL et TENNER admettent que certaines formes d'épilepsic dépendent essentiellement du spasme des fibres musculaires des artères cérél»rales, par suite de l'excitation du grand sympathique du cou. Suivant eux, il se produit alors dans les méninges une sorte de rougeur fugitive en même temps qu'une anémie subite du cerveau. Mais il reste toujours difficile d'expliquer par l'anémie locale, ou Fischémie capillaire seule, à la fois la dépression de l'activité psychique et sensorielle de l'encéphale et l'exaltation évidente de l'innervation motrice. Suivant SPRING, il y dMVdiii anémie de la convexité et du cerveau, hypérémie des méninges de la base, du bulbe, et des organes situés en arrière des couches optiques,
Diarrliées vaso-motrices. — Certaines diarrliées survenant chez les malades cachectiques sont évidemment sous la dépendance des nerfs vaso-dilatateurs. L'intestin sécrète son mucus^ comme la glande salivaire donne sa salive, sous l'influence del'excitation nerveuse ; aussi voit-on le seigle ergoté, Vergotine, Vergotinine, réussir bien mieux que les astringents ou les opiacés.
Sclérodermic vaso-motrice. — Mais, de toutes les affections vaso-motrices, la plus curieuse est sans contredit celle que Maurice RAYNAUD a décrite le premier sous le nom de sclérodcrmie.
Ici l'on observe, non plus le relâchement des vaisseaux, mais au contraire leur resserrement extrême et continu ou presque continu. C'est le téla?ios des petites artères, avec anémie locale.
Les doigts, les mains, les pieds, le nez, les lèvres deviennent progressivement exsangues, et avec le retrait du sang la nutrition s'amoindrit, la peau s'amincit et s'ulcère, les doigts sont cyanosés par place, immobilisés dans une flexion légère ; toutes
' AiiM.UKOALU. Gazett, liobiloui, 187G, n"» 33 t't 3j.
DERMATOSES VASO-MOTRICES. 393
ces parties donnen t au toucher la sensation de froid spéciale au cadavre; bientôt les extrémités phalangiennes se dessèchent, s'ulcèrent, puis tombent mortifiées par fragments, et tout cela parce qu'il y a spasme des nerfs vaso-constrictejUr^s , p^i^ .bien^ paralysie des vaso-dilatateurs. -. ,./:.,v-,.; , . . -,
Il est bon de remarquer, en outre, que dans les courts intervalles de relâchement on no voit point apparaître la dilatation artérielle avec rougeur et chaleur des tissus; il n'y a donc point dans l'intervalle des accès de parésie vasculaire consécutiv^yj mais seulement un retour momentané à l'état normal.
Dcrinatoiscs vaso-motrice». — Un certain nombre d'affections de la peau sont maintenant rapportées à des névroses ou des névrites des nerfs vasculaires. Le zona, par exemple, et Vhydroa pulsatif, dernièrement décrit par le D*" Dauchez. ^ , , ^
Goitre ex.oi)litlinlmique. — Citons comme dernier exemplej; cette maladie découverte par Basedow, et dont nous avons déjà,-t parlé plus haut, affection si remarquable par sa triade symptomatique — exophthalmie — palpitations du cœur et des carotides ; , — gonflement ài^Xd. thyroïde.
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