DESACCORD ENTRE LA TEMPERATURE ET LE POULS
Pourtant il est des maladies qui s'accompagnent de refroidissement au lieu de chaleur et dans lesquelles le pouls arrive néanmoins a une grande fréquence.
Fièvre atavique. — J'ai VU la fièvre typhoïde ataxique compliquée de graves liémorrhagies intestinales donner 170 pulsations et 36 degrés seulement de chaleur.
Péritouite latente. Dans \di péritonite latente par perforation, il y a antithèse entre la fréquence du pouls et la calorification ; le pouls monte à 120-150, la chaleur baisse à 36". C'est là un signe diagnostique fort important.
lléniug;ite granuleuse. — D'autres fois, c'est l'inverse que l'on observe : la température est très élevée, le pouls très lent. Et cette antithèse peut encore servir au diagnostic. Un des meilleurs exemples que nous puissions en donner est celui de la méningite tuberculeuse ou granulie^ si bien étudiée par le docteur Sii-edey * .
Quand il existe, dit-il, un désaccord excessif enire le chiffre du pouls et celui de la température vitale; quand avec \\a pouls lerit ou très mobile on trouve une température très élevée, 46 ou 46.50 (tempérât, rectale), on peut être sur que le petit malade est atteint de méningite granuleuse à sa première ou deuxième période, et le pronostic est le plus souvent mortel,]
* SiREDEY. De la granulose. P. 1877.
Désaccord des cliaScurs locales. — Il est des cas où il
importe de constater les variations de la chaleur locale d'une région ou d'un vaisseau pour fixer un diagnostic.
Embolies. — Ainsi quand une embolie se produit dans les artères des membres^ le maximum de température se manifeste au niveau de \ embolie par suite de la circulation collatérale qui se rétablit.
Pour Y embolie cérébrale, par exemple, dans Y oblitération de la sylvienne gauche, la température s'abaisse du lobe temporal et s'accroît dans le lobe frontal et X occipital. Et comme le docteur Broca nous a enseigné à recueillir cette température locale avec un thermomètre approprié, on peut porter le diagnostic suivant :
Quand, chez une 'personne frappée d'hémiplégie on trouve un abaissement de température bien net au niveau d'un lobe cérébral cornparé au lobe correspondant, on doit conclure à l'existence d'une embolie.
Mais il faut se rappeler, pour éviter toute erreur, que, même à l'état normal, l'hémisphère gauche compte ^ de degré de plus que le droit, et que le lobe frontal est plus chaud que le temporal et l'occipital.
YU
INFLUENCE DE l'ÉLECTKICITÉ SUE LA CIKCULATION.
Les effets de Y clectrisation varient suivant qu'on emploie les courants interrompus ou continus *.
Courautis interrompus. — Quand on emploie les courants interrompus, l'excitation du grand sympathique produit un resserrement spasmodique des fibres-cellules des vaisseaux, surtout des capillaires artériels; la pâleur et le refroidissement des parties qui reçoivent les filets sympathiques excités. C'est l'ea;citation tétanique, bientôt suivie, quand on cesse l'électrisation, d'une grande activité réactionnelle de la circulati'm capillaire.
Courants continus. Mais si l'on emploie les courants continus faibles pour électriser le grand sympathique et le pneumogastrique (1 0 à 14 éléments Remack), on obtient un résultat
' RoBLN|et Hii'FELSHEiJi. Applicat. médic. de la pile de Volta. J. de Robin. 1801, p. II.
opposé : la contraction péristaltique des vaisseaux. En effet, ces courants augmentent la circulation, en dilatant le calibre artériel et en exagérant les pulsations, d'oii résulte une vascularité plus grande, mais avec circulation régulière, uniforme. Non seulement les courants continus doux accélèrent la circulation normale, mais ils activent la circulation languissante dans les cas de congestion ou d'inflammation, et rétablissent même la circulation arrêtée^ du moins tant que les globules rouges ne sont pas encore agglutinés.
Mais ce résultat doit-il être attribué à une paî'alysie des nerfs vaso-constricteurs, ou à la contractilité artérielle augmentée? La physiologie nous démontre qu'il n'y a pas de paralysie vasomotrice, car dans ce cas la température du côté électrisé resterait plus haute, ce qui n'arrive pas.
Tout ce que nous venons de dire s'applique aux courants faibles ou de force moyenne. Les courants très forts agissent comme les courants intermittents, à moins qu'ils ne manifestent leurs propriétés chimiques en décomposant les tissus.