DU POULS DANS LES DIFFERENTES RACES
Le docteur WEISBACH a fait une étude attentive du pouls dans les différentes races qui couvrent la terre; il a expérimenté sur 19 peuples différents et sur plus de 200 sujets.
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Voici les conclusions auxquelles il est arrivé :
Nègres Congo 62 pulsations par minute.
Hottentots 64 —
Roumains 64 —
Zingaris 66 —
Magyars 70 —
Cafres 70 —
Esclavons du Nord 72 —
Siamois, 74 —
Insulaires des îles de la Sonde et îles Sandwich. 78 —
Javanais-Bagis 77 —
Habitants d'Amboine 78 —
Japonais 79 —
Chinois 79 —
Tagals 80 —
Maduré, îles Nikolov , 84 —
Ces observations ont leur importance ; elles semblent démontrer, en effet, que la longitude et la chaleur climatérique n'ont point, chez les habitants des divers pays, l'influence accélératrice que nous avons signalée dans nos premières études^ puisque le nèffre du Congo, sous l'équateur, n'aurait que 62 pulsations, tandis que les Magyars (Hongrois) en auraient 70. Mais il manque à ce travail un élément de conviction fort important, c'est de savoir si le docteur Weisbach a expérimenté dans ses voyages, en chacune de ces régions, aux heures chaudes du jour et sur des hommes seulement, ou si, restant chez lui, il s'esi contenté d'observer les nombreux voyageurs qu'il a pu rencontrer.
Dans le premier cas, il faudrait admettre une véritable accommodation du sujet aux conditions climatériques; dans le second, rien d'étonnant à ce que les diverses nations, se rencontrant sur un même territoire, ne donnent qu'un écart peu considérable du pouls'.
INFLUENCE DE LA TAILLE SUR LE POULS
Règle générale, le pouls ressemble à la personne. Les personnes petites et délicates ont ordinairement un pouls petit.
, Les hommes grands ont le pouls grand et fort.
* Weisbach (A). Fréquence du. pouls chez les différents peuples. London med. report, 1881, p. 210.
INFLUENCE DE LA TAILLE SUR LE POULS
Or, comme dans le Nord les hommes sont grands, on peut dire que le climat et la taille ont tous deux une influence analogue sur le pouls. Dans ses études de médecine clinique, Lorrain"^ donne le tracé d'un homme de six pieds, dont le pouls était aussi géant que la personne.
Mais, en même temps que la relation de grandeur, on remarque une seconde relation entre la taille et la fréquence du pouls.
Les personnes petites, les enfants, les femmes ont le pouls plus rapide. Les hommes, à mesure que leur taille s'élève, ont un pouls plus lent. Cela se comprend sans peine, puisqu'il faut alors plus de temps pour que le sang parvienne aux extrémités.
Sénac établit que les hommes de six pieds n'ont que 60 pulsations par minute. Les individus qui mesurent cinq pieds en ont 70, les sujets de quatre pieds^ 90, et ceux de deux pieds, 100 pulsations.
Mais dans cette énumération, pour obtenir un résultat vraiment comparable, il aurait fallu tenir compte de l'âge des sujets.
BRYAN-ROBINSON le premier, en 1734, voulut établir mathématiquement que le temps d'un battement du cœur doit être proportionnel à la longueur du corps. Il calcula, d'après cette donnée, quel serait le nombre des pulsations suivant les tailles, mais il vit qu'en prenant 65 pour sommet de la série, on arrivait à des nombres beaucoup trop forts^ lorsqu'il s'agissait de conclure à des tailles inférieures.
Ces recherches furent reprises en 1834 par deux savants : RAMEAUX de Strasbourg et SARRUS Ils expérimentèrent sur 64 soldats d'âge sensiblement égal, mais de taille différente, et reconnurent que les variations individuelles dans la fréquence des pulsations pouvaient être exprimées par la loi suivante :
Etant donnés deux individus de taille : L et L', et dont les cœurs battent : N et N' , ces nombres sont, toutes choses égales d'ailleurs,
en raison inverse des racines carrées des tailles, j^,
En 1857, Rameaux ' est revenu sur son premier travail ; il a exposé la loi suivant laquelle les dimensions du corps, du moins
* Lorrain. Etudes deméd, clin. P. 1878. i vol. in-8°. ' Sénac. Traité du cœur, i. II, p. 214.
' Bryan Robinson. a treatise of animal economy, p. 136, 2' édit. 1734.
* Rameaux et Sarrus. Sur le rapport entre la taille et le nombre des puisât, chez l'homme. Bull, de l'Acad. de Bruxelles, 1839, p. 121.
' Rameaux. Mém. couronnés de l'académie de Bruxelles, 1857, t. XXIX.
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chez l'homme et les animaux à sang chaud, depuis le cheval jusqu'au lapin, déterminent la capacité et les mouvements fonctionnels des poumons et du cœur. Cette loi n'est plus aussi juste quand il s'agit des animaux à sang froid. Mais à quoi tient cette diminution du nombre des pulsations cardiaques ? très probablement à V accroissement géométrique des résistances, pendant que la force primitive (cœur) ne s'accroît qu'arithmétiquement.
D'autres facteurs peuvent encore entrer en ligne de compte : ainsi, le refroidissement qui s'opère sur une plus large surface ; le mouvement àn cœur qui s'effectue par des fibres plus allongées, car plus un levier est long, plus ses mouvements sont lents à se produire. On voit combien toutes ces questions physiologiques sont complexes et difficiles à résoudre.
Pourtant les conclusions de Rameaux ont été vivement combattues par GUY lequel n'aperçoit aucune relation entre ces deux ordres de faits.
Mais VOLKMANN ^, dans son traité à' Hémodynamique, a saisi la question sous une autre forme ; il a groupé par catégories de tailles les sujets dont il avait déterminé le nombre des pulsations ; puis, comparant les résultats obtenus avec ceux que donne le calcul théorique pour ces mêmes tailles, il a démontré que la théorie et les faits devenaient assez complètement d'accord.
Suivant lui, la fréquence du pouls est en raison inverse de la longueur du corps, élevée à la puissance f .
Voici le tableau comparatif de l'ensemble de ses résultats :