‹ Le circulation et le poulsChapitre 425 sur 669 · COURBES RESPIRATOIRES NORMALES · texte numérisé non relu

COURBES RESPIRATOIRES NORMALES

L'aspiration thoracique est si considérable qu'elle détermine à chaque fois l'afflux ou le refliix d'une portion du sang contenu dans tous les vaisseaux.

Il en résulte que la ligne générale de tension vasculaire éprouve une hausse ou une baisse, et décrit une courbe qui constitue l'oscillatiou reispiratoire.

On peut, à son aide, calculer, sans peine, le rapport numérique qui existe entre le pouls et la respiration d'un sujet donné.

Ce caractère n'existe pourtant pas constamment. Dans l'état de santé et de repos complet, on ne peut l'apercevoir sur les artères, rarement sur les veines, excepté aux fontanelles chez l'enfant.

Double type dn pouls respiratoire. — Mais que la respiration se trouble ou s'embarrasse, aussitôt on le voit apparaître, et de même que l'anatomiste étudie pour la respiration deux actes principaux, V inspiration, — V expiration, et que l'on reconnaît en physiologie deux types respiratoires : l'un abdominal dû aux contractions énergiques du diaphragme, et qui n'a lieu que dans les grandes inspirations, l'autre thoracique, dû de préférence aux muscles intercostaux et qui caractérise plutôt V expiration difficile, de même il faut, dans l'art sphygmographique^ reconnaître deux pouls respiratoires : l'un abdominal, l'autre tboracique.

Sous l'empire du premier, Impression diminue pendant Vinspiration, augmente T^enda.nt V expiration. Sous l'influence du second, les effets sont contraires.

600 POULS OKGANIQUE PECTORAL.

Toute gêne dM passage de Vair dans les voies respiratoires, produit une augmentation des influences thoraciques et détermine l'ascension de la ligne d'ensemble du tracé pendant Vexpiration, sa descente pendant Vinspiration.

Toute gêne à Vampliation de Vabdomen produira l'effet inverse : ascension de la ligne d'ensemble, au moment de Vinspiration; descente -^ewàdinX Vexpiratio?i.

Indication diagnostique générale. — Le tracé sphygmographique peut donc indiquer oie siège l'obstacle respiratoire et nous dire si c'est dans le thorax ou dans Vabdomen. C'est là une donnée importante dans certains cas, et la médecine peut en tirer grand profit. Le tracé régulier et horizontal, obtenu dans l'état normal, indique en outre l'équilibre des deux forces : thoracique et diaphragmatique, dont les influences égales contiennent la ligne d'ensemble dans une tension moyenne, régulière, qui est à la fois l'état de repos et de santé.

2° COUEBE CARDIAQUE.

Les petites oscillations doivent être rapportées à l'action du cœur, avec lequel leurs pulsations sont isochrones; c'est le pouls proprement dit. Mais ces pulsations elles-mêmes reçoivent de l'acte respii'atoire des caractères tout particuliers^ qu'il nous faut étudier avec soin.

1° Altération fie fréquence et de force des pulsations. — Dans les deux types, plus la tension augmente, plus Id^ pulsation diminue de hauteur et tend à s'effacer.

C'est ce que nous avons vu déjà, quand nous avons étudié l'effort; c'est ce que nous a montré surtout l'étude de la suspension de l'acte respiratoire.

\J arrêt de la respiration^ selon P. Dupuy, multiplie le nombre des pulsations, mais ces pulsations sont d'autant moins amples qu'elles sont plus fréquentes.

Marey dii^vme, au conti-aire, que l'arrêt de la respiration produit un ralentissement des battements du cœur et une diminution de leur intensité ' .

Les expériences directes que j'ai instituées à ce sujet m'ont démontré qu'il faut distinguer deux temps ■ dans le premier,

' M\REy. Physiologie do la circulation, p. 291.

l'arrêt de la respiration produit d'abord peu d'effet, tant que la provision d'air accumulée par le poumon n'est pas épuisée; mais, quand l'épuisement commence, le pouls augmente de fréquence, baisse rapidement de hauteur, et la ligne d'ensemble remonte, indiquant par sa tension plus grande qu'un obstacle s'oppose à la libre circulation du fluide vital. Puis, au moment où la respiration recouvre sa liberté, les battements du pouls reprennent de l'ampleur, se ralentissent^ et, après quelques irrégularités, la ligne d'ensemble redescend même un peu plus bas qu'au début.

Les observations de Paul du pu Y me paraissent donc plus justes, plus précises, et se trouvent parfaitement contrôlées par les miennes.

2" Aberration de forme des iiiilsatious. — ■ Cette aberration porte sur la pulsation d'abord, puis sur le dicrotisme. En même temps que la pulsation devient plus fréquente et moins forte, pendant l'arrêt respiratoire elle change aussi de forme^ s'aplatit au sommet, et devient un peu semblable au pouls que l'on observe dans les cas de rétrécissement aortique. L'immobilité de tout l'appareil respiratoire doit en effet diminuer de beaucoup l'élasticité artérielle; et alors, le sang éprouvant plus d'obstacle à s'écouler, la systole cardiaque se prolonge au sommet sous forme de plateau, ho, dicrotisme diminue de hauteur quand l'asphyxie est prochaine ; il reprend son ampleur et renaît avec des incisures très marquées quand la respiration reprend ses droits.

Ainsi l'acte i^espiratoire, dans ses différentes manifestations, modifie profondément les caractères du pouls, mais ce n'est pas tout encore.

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