LES TROIS E^GIONS
Comme dans l'univers trois puissances se partagentl'espace : le ciel en haut, la terre en has^ l'homme au milieu; de même dans l'homme trois régions se partagent l'organisme.
La région supérieure correspondant au ciel et aux nuages;
elle s'étend depuis la tête jusqu'à l'orifice de l'estomac^ comprenant la tête^ le cm, \e poumon, \di poitrine, tout ce qui est au-dessus de l'estomac, le cœur et le péricarde.
La région moyenne s'arrête à Vombilic et comprend Vestomac, le foie, la rate^ la vésicule du fiel; elle correspond à la pluie.
La région inférieure part de Vombilic, et va jusqu'aux pieds, renfermant les reins, la vessie, les uretères, les intestins. Elle correspond aux lacs et aux étangs, résultant de la pluie.
Mais le corps humain se divise en outre en deux moitiés homologues et les deux pouls fournis par les deux bras ont chacun une triple expression correspondant aux trois régions indiquées.
Pour le poignet gauche, aux trois lieux d'élection, correspondent ; chaleur, vent, froid. Pour le poignet droit, correspondent le sec, l'humide, le chaud.
REGLES G^N^RALES POUR DIAGNOSTIQUER LES MALADIES PAR LES MOUVEMENTS DES ARTÈRES ET DU POULS.
i° Tempérament. Le mouvement des artères et du pouls est conforme au mouvement du cœur. Le mouvement du cœur, conforme tempérament du sujet. — Les sujets ignés ou colériques ont le mouvement des artères et du pouls, chaud et ra-
LE POULS CHEZ LES CHINOIS. 87 pide. — Les pblcgmatiqucs, lent et Jroid; — les sanguins, gros et lâche; — les mélancoliques, pesant.
2° On ne peut connaître parfaitement l'état intérieur d'un malade, sans examiner les pouls aux deux bras et successivement avec trois doigts, annulaire, médius et index.
3° Les TROIS pouls latéraus: cun, quoan, tché. Les trois pulsations du bras gauclie donnent l'état du cété gauclie du corps, les trois pulsations du bras droit dévoilent l'état du côté droit.
4° Le f"- pouls s'appelle «"» ou tsuen; il commence entre l'articulation carpienne et l'os du bras, juste au-dessous de l'os Kau Ho, os limite; on y pose l'annulaire.
Le 8« pouls s'appelle quoan ou kouaes; il commence immédiatement après l'extrémité du doigt; on y applique le médius.
Le 3% nommé cbè ou tcbè, suit le 2% et n'occupe pas plus d'espace; c'est là que doit être posé l'index.
S° Bras gauche (Fig. 6). Le l" pouls du bras gauche découvre l'état intérieur des régions supérieures du côté gauche, tête, face, yeux, bouche, cou, poitrine et cœur.
Fig. 6, tirée du livre de Cleyer.
Le pouls correspond à la région moyenne, estomac, rate, dos, hypocondre gauche, diaphragme (moitié gauche).
Le 3'= pouls, du bras gauche, montre l'état interne de la ' région abdominale inférieure gauche; ventre, intestins, parties génitales, vessie, rein, cuisse, jambe, pied gauche.
6° Bras droit (Fig. 7). Le t" pouls du bras ilroit découvre l'état intérieur de la région supérieure du côté droit du corps. Les parties droites de la tête, des yeux, de la bouche, de la face, Au cou, àe IdL poitrine, des poumons.
Le 3' pouls correspond à la région moyenne droite, qui
comprend le foie^ les veines^ la vésicule biliaire^ les parties droites du dos, des côtes et des hypocondres.
Fig. 7, tirée du livre de Cleyer.
Le 3= pouls du bras droit, manifeste l'état interne de la régiou inférieure droite: ventre j intesti7is, reins, vessie, scrotum, cuisses, jambe et pied droit.
T Pouls de profondeur. Chaque touche sous chaque doigt se subdivise en trois couches : pouls superficiel (ffeou); — moyeu (tclioug), profoud (tcliiu), ou bien en supérieur, moyeu, inférieur. Ainsi, le pouls superficiel de la première touche découvre l'état des parties superficielles (piao) de la région supérieure : pouls de ]a.peau et des muqueuses;
La moyenne, l'état des moyennes : pouls des muscles, de la chair et du sanp;
La profonde, celle des parties profondes (tckin) : pouls des ner/s et des os.
Il est facile de reconnaître par l'examen des pouls Jeou, tchong et tchin, si la maladie vient de hiu (épuisement) ou si elle vient de clic (plénitude).
8° Mesure normale du pouls. La mesure normale du pouls se prend sur la respiration réglée et tempérée du médecin qui le tâte.
9° Le pouls réglé d'une personne en santé est celui qui dans l'espace d'une respiration non forcée n'a que 4 ou S battements. S'il dépasse 5, il est pressé.
S'il n'en a que 3, il est tardif.
10° MÉTHODE pour l'exploration DU POULS. — Le médecin, libre d'esprit et sain de corps, doit faire de préférence ses visites le matin à jeun.
11° Il doit examiner si le malade est un homme, une femme,
OU un enfant. S'il est grand ou petit, gras ou maigre, obèse ou fluet.
12° Il se sert de la main droite pour tâter le pouls gauche et de la main gauche pour le pouls droit.
13° Après avoir placé les trois doigts au lieu d'élection, et le pouce sur la face dorsale du carpe, il faut commencer par presser la touche inférieure, s'y arrêtant autant qu'il est nécessaire pour formuler un jugement sur les caractères qui lui appartiennent.
On relève alors ce doigt et l'on presse la touche moyenne, un peu moins que pour la première. On s'y maintient aussi longtemps qu'il le faut pour juger de l'état des parties.
Puis, soulevant le deuxième doigt, on presse le troisième, c'est-à-dire Vindex, mais encore un peu moins que les deux précédents, etl'ony reste le temps voulu (fig. 8).
Fig. 8, tirée de l'ouvrage de Cleyer.
On examine ainsi les deux bras, mais il est utile de commencer par le droit.
14° En pressant ainsi les doigts sur les diff'érentes touches, il faut garder à peu près la proportion suivante :
Côté gauche: i^i pour lai'", 12' pour la 2^6' pour la 3".
Côté droit: 15', 9', 3' .
Tout en proportionnant l'efi'ort, aux bras et aux personnes. 15° En pressant chaque touche, on doit s'y arrêter pendant
50 battements avant de formuler un jugement, à moins que les caractères morbides ne laissent aucun doute.
16° Pour tâter le pouls d'une manière fructueuse, il faut que le malade soit couché sur le dos, le bras libre, posé sur un coussin.
On doit laisser passer le premier moment d'émotion et le médecin doit être assis près du malade.
Celui-ci doit être en repos, ne point parler, s'agiter, ni faire effort ou mouvement.
17° Pouls des sexes. Pour distinguer le pouls de l'homme de celui de la femme, il faut observer la troisième touche.
Si le mouvement de l'artère s'y montre un peu faible et mou^ c'est le pouls masculin.
S'il est Jort, gros et rempli, c'est le pouls féminin.
18° Maladies SIMULÉES. Pour apprécier s'il s'agit d'une maladie réelle ou feinte, il suffit de connaître les battements de l'artère; si vous trouvez 50 battements égaux et réglés, prononcez qu'il n'y a pas maladie. Si les pulsations varient, le mal existe, et il occupe la partie correspondante à la touche dont il s'agit.