RÉGION ABDOMINALE
Dyspepsie. — Des palpitations plus ou moins violentes se reproduisant a^rès chaque repas, et durant pendant toute la période de la digestion, constituent parfois le seul et unique symptôme de la dyspepsie ^.
Pour les reconnaître, il faut savoir que leur «/z^ewseYé est proportionnée k\di quantité à.QS aliments absorbés. On remarque, en même temps, des phénomènes moraux, tristesse, découragement : idée fixe que l'on est atteint d'une maladie organique du cœur.
Diagnose. — Dans la dyspepsie llatuleiite, les palpitations se font souvent ressentir vers des points insolites, kVépigastre ou au sommet du thorax. Ce sont des propagations de mouvement, dues à la pneumatose et qui pourraient induire en erreur un médecin peu exercé.
Indication thérapeutique. — Le traitement doit négliger le sjm.'^iomQ palpitations pour s'occuper de la maladie. En vain l'on voudrait calmer le cœur avec la digitale, les saignées, etc.; ces remèdes ne font qu'aggraver le mal.
En traitant la dyspepsie, au contraire, tout guérit à la fois ; les amers : chamomille, colombo, coque du Levant, gentiane, noix vomique, quassine, quinquina possèdent tous dans ce cas une action régulatrice sur le cœur.
l'alpitations vermincnses. — Lorsque^ chez un enfant, des palpitations surviennent par crises imprévues, irrégulières, sans cause apparente, surtout si elles coïncident avec des coliques, de la salivation, des défaillances ou des démangeaisons vives au nez ou à VanuSy vous devez soupçonner une affection vermineuse et prescrire les anthelminthiques.
Si des palpitations semblables se manifestent chez un adulte,
* Remack. Berliner, Klin. Wochenschrit, 1862, t. II, n» 25. ' Chomel. Des dyspepsies. P. 1857, p. 77.
il s'agit probablement d'un tœnia, et l'on doit choisir l'anthelminthique en conséquence.
Palpitations sex.nellcs. — C'est encore à àQS palpitations sympathiques qu'il faut, en grande partie, rapporter les palpitations causées par l'abus ou le trouble des organes génitaux.
Fig. 288. — Jeune homme de 18 ans, cœur, palpitations sexuelles.
Les onanistes y sont surtout sujets, et pour eux les causes sont tellement multiples, que leurs palpitations devraient être classées dans toutes les divisions.
La plujpart sont anémiques, sujets à des congestions subites et doués d'un éréthisme nerveux poussé au plus haut degré. Ces palpitations comptent parmi les plus rebelles, elles persistent parfois bien des années après la cessation de la cause.
Les troubles de la menstruation : anémorrhée, dysménorrhée, âge de retour, s'accompagnent souvent de palpitations sympathiques. A ï'àge critique, surtout, on observe des congestions subites avec palpitations, comme si une parésie subite des vaisseaux de la face survenait en même temps que la palpitation du cœur.
Pronostic. — Les palpitations peuvent continuer à la suite des grandes hémorrhagies ou à la ménopause dans laclilorose, comme phénomène consécutifs pendant 10, 15, 20 ans^ sans entraîner d'accidents graves, mais avec un grand tourment et une grande inquiétude pour les malades qui en souffrent ainsi pendant toute leur vie.
Il" PALPITATIONS HABITUELLES "RÉGULIÈEBS. •
Les palpitations habituelles régulières, qui reviennent à propos de chaque mouvement, de chaque émotion, se manifestent dans deux maladies : l'anévrysme du cœur et la chlorose.
Souvent il est impossible de distinguer ces deux maladies
l'une de l'autre par ce seul signe. Dans les deux cas, en effet, les palpitations naissent sous l'influence des mêmes causes et aussi violentes.
Diag^nose. — Un caractère, qui cependant pourra, d'après le docteur J. P. tessier, servir à les distinguer, c'est la possibibilité qu'ont les chlorotiques de pouvoir se coucher horizontalement dans leur lit, et là de n'éprouver aucune palpitation ; tandis que c'est précisément au moment du coucher ou dans la position horizontale que les anévrysmatiques sont le plus tourmentés.
Palpitations anémiques et clilorotiqucs. — Toutes les anémies peuvent se manifester par des palpitations, qu'elles tiennent à des pertes de sang, à des hémorrhagies, ou à la déglobulisation indirecte du sang, comme dans la chlorose, les anémies cachectiques, alcooliques, syphilitiques, scrofuleuses^ goutteuses, paludéennes, cancéreuses, et les anémies toxiques, comme celle du fer, Au plomb, chez les ouvriers qui travaillent ces substances; enfin dans le scorbut où elles vont jusqu'à la syncope.
La cause en est difficile à définir; est-ce le cerveau qui est en jeu, comme le pense Bamberger ; et V excitation du nœud vital par anémie va-t-elle retentir sur le cœur?
Ou bien est-ce la parésie des vaso-moteurs, qui laisse l'organe courir comme un ressort sans modérateur?
Enfin la cause est-elle dans le sang altéré qui ne donnerait plus au cœur son excitant régulier? Cette triple étiologie est vraie; chacune de ces causes ajoute quelque chose à l'état morbide. Mais souvent l'enchaînement des phénomènes est celui-ci :
1° Appauvrissement du sang;
2° Sous cette influence, la systole du cœur s'amoindrit, les capillaires périphériques moins pressés se resserrent;
3° L'effacement des capillaires produit l'anémie des tissus et des organes, celle du cerveau par conséquent ;
4° Le cerveau anémié réagit sur les nerfs du cœur,à la moindre excitation, et la palpitation se produit.
Toutes les palpitations par anémie offrent à peu près le même caractère. Elles sont plus physiques que morales, c'est-à-dire qu'elles se développent plus sous l'influence de la course, de l'ascension, des efforts, que sous celle des émotions.
Elles s'accompagnent d'un bruit de souffle ou de diable, à la fois cardiaque et artériel.
ludication thérapeutique. — Les palpitations anémiques persistent autant que l'altération du sang. Elles résistent aux calmants, aux antispasmodiques, et ne cèdent qu'aux reconstituants de Vhématose : a?'senic, /er, iode, nitrate d'argent, oxygène, acide picrique.
Dans les hémorrhagies essentielles ou symptomatiques, les palpitations indiquent un affaiblissement des forces vitales. Elles décroissent à mesure qu'on s'éloigne de l'époque de l'hémorrhagie.