D. PALPITATIONS TOXIQUES ET MEDICAMENTEUSES
Parmi les médicaments ou poisons qui peuvent donner des palpitations de cœur, il faut citer :
Aconit, — Alcool., — Arnica, — Arsenic, — Asa fœtida, — Asperge, — Belladone, — Berberis, — Bovista, — Café et Caféine, — Chamomille, — China, — Ciguë, — Convallaria maïalis,
— Coque du Levant, — Fer, — Jusquiame, — Nitrite de sodium^
— Noix votnique, — Nitro-glycérine, — Opium, — Phosphore, — Plomb, — Prunier épineux, — Pulsatille, — Spigélie, — Sulfate de quinine, — Soufre^ — Stramoniurn, — Tabac, — Thé, — Vératrine.
Café. — Le café, pris en excès ou à doses trop continues, détermine des palpitations violentes et rebelles ; ainsi^ quand on emploie le café noir à la dose de 6 à 12 tasses en quelques heures pour faire entrer une hernie étranglée, il est rare que les malades ne se plaignent pas ensuite, pendant une quinzaine de jours, de palpitations très pénibles, comme une sorte de trismus du cœur.
Thé. — L'effet du thé, principalement du thé vert, n'est pas moindre, mais on a rarement l'occasion de l'observer en France.
PEBCIVAL ' et STOCKES ^ nousontles premiers signalé les palpitations produites par l'abus du' thé ; on en constate surtout des faits nombreux en Amérique, oti cette boisson est absorbée plusieurs fois par jour; et dans ce cas^ la continuité des palpitations simule très souvent une affection organique du cœur.
Tabac. — Le tabac Q^i ensuite la substance qui détermine le plus facilement des palpitations.
L'effet du tabac fumé est plus lent à se manifester ; on ne l'observe guère que chez les jeunes gens ; passé 25 ans, l'homme résiste. Mais le tabac chiqué, surtout quand on avale le jus, agit avec une grande force et rapidement. Les conscrits ont souvent
' Percival. Dublin hospit. reports, t. I, 1847.
' Stockes. Maladies du cœur, trad. franç. de Sénac. P. Delahayej 1864.
recours à ce moyen pour simuler des palpitations et échapper au service militaire.
Le sulfate de quinine, lorsqu'on le donne à forte dose, produit une grande angoisse de cœur avec palpitations, causée par Y anémie du bulbe cérébral, il aboutit à Vadiastolie.
Substances alimentaires. — Parmi les substances alimentaires, il en est qui peuvent déterminer des palpitations de cœur chez certaines personnes; c'est ce qu'on appelle une idiosyncrasie^ c'est-à-dire une spécialité de leur organisation.
Les fraises, les pommes, les lentilles, les asperg:es surtout produisent parfois ces phénomènes. Le médecin doit en connaître l'existence pour ne pas tomber dans des erreurs de diagnostic qui pourraient nuire à sa réputation.
Voici maintenant, en peu de mots, le type particulier que chaque médicament imprime aux palpitations.
Aconit. — Palpitations avec grande anxiété, et sensation de coups à la, région du cœur.
Arsenic. — Palpitations avec dyspnée, et tantôt améliorées, tantôt augmentées par le mouvement.
Battement insupportable surtout la nz^eY, quand on est couché sur le dos, ou même étant assis.
Asa fœtida. — Pulsation visible el sensible à Vépigastre.
Asparagine. — Palpitations excitées par tout mouvement ; elles sont tellement violentes qu'on peut les voir ou les entendre. Battements du cœur irréguliers, rapides, redoublés, presque imperceptibles.
Bovista Lycoperdon. — Fortes palpitations en agissant ou en montant, avec inquiétude, tremblement, vertiges, nausées ei céphalée.
Carbonate de cbaux. — Palpitations anxieuses, après le plus petit mouvement, après le repas^ ou même la nuit, avec tremblement du cœur.
Carbonate de potasse. — Fortes palpitations dans Vabdo'^ nen.
Cbanvre. — Palpitations avec anxiété, tension et yéwe douloureuse du cœur. Les battements semblent veieniiv plus bas que leur place ordinaire.
Coque du Levant. — Palpitations en âe remuant subitement.
DigitalCi — Palpitations avec apnéé et suffocation au plus
petit mouvement. Battements sensibles à l'ouïe, angoisse et douleur au sternum.
Fer. — Palpitations avec frayeur. On ne peut ni s'asseoir ni rester tranquille.
Laurier cerise. — Palpitations avBC battements du cœur irréguliers et lents.
Moix vomiqne. — Battements de cœur, surtout après diner ou le matin, quelquefois avec nausées et sensation de pes&nteur dans la poitrine.
Or. — Palpitations violentes, surtout pendant l'action : battements de cœur irréguliers ou par accès.
Plomb. — On sent, on aperçoit un battement énergique de \ aorte dans l'abdomen. Ces violentes pulsations peuvent se prolonger jusqu'à Vépigastre
Prunier épineux. — Palpitations même pendant le repas, avec respiration fatigante.
Pulsatille. — Palpitations excessives à chaque exercice, ou après le repas, à la suite des émotions morales, ou provoquée par la conversation.
Spigélie. — Le malade ne peut se retourner dans son lit^ sans avoir une suffocation. Palpitations sensibles à la vue et au toucher.
Stramonium. — Tout mouvement produit une telle suffocation et palpitation que le malade ne peut plus parler.
Soufre. — Palpitations en montant les escaliers et au moindre exercice.
Tandis que le cœur gauche ne subit, la plupart du temps, que les conséquences de ses propres affections, le cœur droit a non seulement les siennes, qui seraient rares comme lésions organi(Jties^ mais subit le retentissement de toutes celles du cœur gauche, dès que la compensation cesse d'être suffisante. Il en résulte, en effet, une inversion des tensions sanguines, et le cœur veineux surchargé et plus faible, succombe à la tâche, se laissant dilater de toutes parts.