‹ Le circulation et le poulsChapitre 5 sur 669 · ASCLÉPIADES · texte numérisé non relu

ASCLÉPIADES

Parmi ses membres, les uns étaient, à la fois, prêtres et médecins. Ils honoraient ainsi doublement leur art et le pratiquaient dans les temples consacrés à leur aïeul. Presque seuls, ils exercèrent l'art de guérir dans la Grèce, les îles de l'Archipel et l'Asie-Mineure, pendant toute la longue période qui s'écoule du xiv" au siècle avant Jésus-Christ, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où parut Hippocrate,\Q plus illustre descendant de cette illustre race.

Les premiers Asclépiades avaient dès longtemps reconnu que le sang de l'homme était contenu dans un vaste système de canaux membraneux aboutissant au cœur dont ces canaux recevaient le mouvement ondulatoire.

Ils avaient même, avec hardiesse, employé l'ouverture des veines, pour traiter les maladies. C'est ce que l'histoire rapporte de Podalire^ fils d'Esculape et frère de Machaon. Au retour du siège de Troie, où il servait dans l'armée Agamemnon, poussé par la tempête sur les côtes de Carie, Podalire redevint médecin et pratiqua une saignée sur la fille du roi Damelus, dont la guérison lui valut la main de la princesse avec la souveraineté de la Chersonèse.

« Cette succession des mêmes fonctions pendant des siècles dans une même famille peut nous sembler impossible mais était parfaitement conforme aux mœurs égyptiennes, où le fils héritait de la profession de son père, et aux mœurs grecques imitatrices de l'antique Egypte. Mais une preuve bien décisive existe encore aujourd'hui. En Grèce les habitants du Zagori (nom de la gorge où sont les villages) naissent destinés d'avance aux carrières de chirurgien et de médecin.

« Chaque famille a sa spécialité, sa tradition héréditaire. Les fils succèdent aux pères; à défaut de fils, des parents, des étrangers sont adoptés ou s'engagent tout jeunes dans la famille, comme domestiques ou comme élèves. Les uns sont des rebouteurs, les autres des herniaires habiles. Il en est qui pratiquent avec succès l'opération de la cataracte et de la lithotomie. On les trouve parcourant les villes et les rivages d'Orient, puis ils reviennent vieillir tranquilles, riches souvent, dans le village qui les a vus naître. Ce sont bien là les héritiers des médecins Périodeutes, Asclépiades ou autres de l'antiquité^ ».

' Dakemberg, Etat de la médecine entre Homère et Ilippocrate, de 060 à 460 avant l'ère chrétienne, p. 60.

DIOGBNE d'aPOLLONIE ET EURYPHON, — DISTINCTION DES ARTÈRES

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