RÉTRÉCISSEMENT DE L'ARTÈRE PULMONAIRE
1° Cœnr. — Le rétrécissement de l'artère pulmonaire imprime rapidement diu.cœur droit une dilatation reconnaissablo à l'auscultation, à la percussion, parfois au sphygmograpbe, malgré l'obstacle du sternum.
2° Artères, — Comme cette artère rétrécie laisse pénétrer peu de sang dans les poumons, il n'en revient aussi qu'une faible quantité dans l'aorte, et dans la circulation générale.
Cette circulation est donc languissante, le pouls faible, petit ; Vanémie générale devient alors un moyen important de fixer le diagnostic.
3° Veines; — L'état des veines, au bout de peu de temps, s'exprime par leur saillie, leur volume considérable; plus tard surviennent des congestions et des hémorrhagios veineuses, surtout céphaliques ou hémorrho'idaires. Mais le poumon reste longtemps anémique, tandis que dans V insuffisance pulmonaire la congestion pulmonaire et V hémoptysie sont fréquentes et habituelles.
4° Tension vasculaire. — Comme les mouvements respiratoires viennent tour à tour favoriser ou gêner la circulation déjà défectueuse, leur mouvement ondulatoire s'imprime sur tout l'ensemble de la circulation, et le pouls radial ou mieux encore le carotidien offrent la courbe respiratoire, qui précède la cyanose.
Diae^nose. — La présence d'un bruit de souffle au premier
temps, siégeant à gauche^ près du sternum^ au niveau du deuxième espace intercostal, mais n'occupant jamais qu'un très court espace, est un signe bien net du rétrécissement pulmonaire.
Il est également perceptible aux faces antérieure et postérieure du thorax. La certitude augmente lorsque le sphygmographe n'indique par son tracé ni rétrécissement aortique, ni insuffisance mitrale, mais bien un pouls ondulant respiratoire.
Le diagnostic est donc en partie négatif; il serait cependant bien important à préciser, depuis que Constantin Paul et Teissier de Lyon ont indiqué, chez les jeunes gens, le rétrécissement pulmonaire comme une cause fréquente de phthisie. (18 fois sur 27 cas observés.) Mais alors le rétrécissement pulmonaire n'est point dû à une affection organique ; c'est une sorte à' arrêt de développement du vaisseau, arrêt qui implique bientôt l'insuffisance de l'hématose, la langueur des fonctions pulmonaires et leur tendance à la tuberculose.
Ce rétrécissement pulmonaire a son analogue dans le rétrécissement aorticine qui accompagne presque toujours la clilorose et qui consiste aussi dans un arrêt de développement momentané; mais il existe entre eux cette singulière différence que le rétrécissement de l'orifice cardiaque aortique s'accompagne de rétrécissement du vaisseau aortique, tandis que le rétrécissement cardiaque pulmonaire s'accompagne de dilatation de Vartère pulmonaire, par le sang qui s'accumule à tergo.
Cette loi de dilatation à tergo, si importante à connaître pour le mécanisme des affections du cœur, fut découverte en Angleterre par Adams en 1828, et propagée en France par Forget qui lui donna son nom.