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POULS LENT DANS LES AFFECTIONS CÉRÉBRALES

C'est une loi de physiologie que les battements du cœur se ralentissent par V excitation du cerveau ou de la moelle allongée, et qu'ils accélèrent par la dépression ou la paralysie de ces organes. Nous retrouverons donc la lenteur du pouls dans toutes les affections correspondantes.

Le pouls lent s'observe quelquejois dans les maladies chro niques du cerveau., mais plus souvent dans les maladies aiguës de cet organe.

Dans le cours des affections encéphaliques aiguës, la rareté du pouls indique une compression cérébrale ou celle du pneumo-gastrique.

S'il s'agit d'un traumatisme, le médecin jugera que le malade est atteint de commotion cérébrale, peut-être même à' épanchement séreux ou sanguin, ou, si l'accident est déjà ancien, d'une inflammation lente, cachée, mais progressive du cerveau devant amener dans un temps donné quelque lésion grave, apoplexie ouramollissement.

Fig. 393. — Pouls lent cérébral.

On peut même produire cette lenteur artificiellement par la

compression du cerveau chez les chiens au moyen du doigt, comme l'a expérimenté Van Lengerke en 1857 ^ .

Oiag^nose : — Aussi, lorsque, dans l'évolution d'une maladie, on observe un ralentissement brusque et subit du pouls auparavant très élevé, au lieu d'annoncer une guérison, il faut diagnostiquer une complication cérébrale insidieuse et souvent grave

Le ralentissement du pouls dans les cas de compression du cerveau s'explique encore, d'après ce savant, par l'irritation des racines du nerf pneumo- gastrique. La compression du cerveau faisant refluer le liquide cérébro-spinal dans le canal carotidien, la base de l'organe, avec les racines nerveuses qui en dépendent^ repose immédiatement sur la base du crâne, et l'irritation qui en résulte ralentit le pouls.

Ceci n'est sans doute qu'une explication, mais le fait subsiste. Il faut en outre que la compression soit légère et simplement excitative. Plus forte, elle entraverait l'action des nerfs vagues et le pouls deviendrait rapide.

Ralentissement du pouls fœtal pendant l'auscultation. — Il arrive parfois qu'en auscultant le cœur fœtal pendant un accouchement, si l'on appuie fortement la tête contre l'utérus, le cœur fœtal fait encore 12 à 14 battements avec la fréquence ordinaire, puis tout à coup il se ralentit de moitié. Cette demifréquence persiste pendant toute la durée de la pression, et lorsque celle-ci vient à cesser, il y a encore 6 à 7 battements avec la demi-fréquence avant le retour au chiffre ordinaire.

Diagnosc : — Le D"* SILRATZ * de Rostreck, qui le premier observa ce symptôme, l'a constamment vu coïncider avec l'enroulement du cordon ombilical autour du col du fœtus ; signe précieux à connaître pour l'accoucheur.

Pouls lent du fœtus pendant l'accouchement. — FRANCKENHAUSER * et KEHRER ^ Ont remarqué que la compression forte de la tête, et sans doute aussi celle de la /»OTi(n?2e pendant l'accouchement, ralentissaient le pouls fœtal. Nous verrons même

' Van Lengerke. Arch. fur phys. Heilk., 1-2 Heft-, 1857.

- Gray. British. med. journ. juillet 1870.

' SiLRATz. Semaine médic, 1884, p. 408.

* Franckenhahser. Monatschrift f. geburtsk. v. XV, f. S.

' KEHRER.FoiaZpwZs verlangsammung desselben Wârend der utérus contractionen. Berl. Klin. Wochenschr. 1880, p. 183.

plus tard que ce ralentissement peut aller jusqu'à l'arrêt complet du cœur.

ludlcatious pronostique et thérapeutique: — Aussi,

quand on observe ce ralentissement du joo2^/s pendant le ^ramzZ^ il faut annoncer que l'enfant commence à souffrir par compression et qu'il est temps de hâter la délivrance par la version, le forceps ou V ergot de seigle, suivant les circonstances.

Coup de soleil. — A la suite du coup de soleil, le pouls est lent, faible, irrégulier. Il se trouve ainsi en rapport avec la congestion encéphalique et Vadynamié cardiaque qui caractérise la maladie.

Indication tliérapentique : — Rien ne vaut, pour combattre cette congestion, l'emploi de la quinine en injections souscutanées. Son action vaso-motrice resserre les vaisseaux et conjure les accidents.

Épilepsie. — 'L' épileptique a le pouls lent à la deuxième période de l'attaque, et pendant la journée qui suit; cette lenteur du pouls jointe à l'excrétion abondante de phosphates par les urines peut servir à distinguer la véritable épilepsie de Vépilepsie simulée et de V hystéro-épilepsie.

Plirénopatliies. — Toutes les affections déprimantes de l'intelligence, qu'elles soient purement morales ou à l'état de maladies mentales, ralentissent le pouls : chagrin, angoisse, tristesse, découragement, mal du pays, spleen, sont dans ce cas.

C'est sans doute par une sorte de dépression vitale qui se rapproche de V état syncopal, ou bien encore par l'excitation trop vive de l'intelligence toujours préoccupée du même sujet, excitation qui met en jeu les nerfs d'arrêt des centres encéphaliques.

Parmi les maladies mentales, la mélancolie surtout abaisse fortement le niveau du pouls. L'illustre de Ha'én cite le fait d'un mélancolique dont le pouls donnait 15 battements à la minute.

Méning^ite g^ranuleuse. — Lorsque chez un jeune enfant

on observe des troubles gastriques^ des vomissements bilieux ou de la céphalalgie, coexistant avec un pouls considérablement ralenti, on doit toujours soupçonner une méningite granuleuse à sa première période ; ce caractère deviendra plus sûr encore, si à la lenteur se joignent V irrégularité et la fréquence sous l'influence de la moindre excitation.

Prognosc : — La méningite granuleuse est toujours d'un pronostic bien grave; à peine sauve-t-on quelques malades.

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