‹ Le circulation et le poulsChapitre 558 sur 669 · POULS LENT DANS LES AFFECTIONS CHRONIQUES DU CŒUR · texte numérisé non relu

POULS LENT DANS LES AFFECTIONS CHRONIQUES DU CŒUR

Cyanoj§c. — Le ralentissement du pouls est fréquent dans les vices congénitaux du cœur, surtout s'il y a cyanose.

Le mélange des deux sangs en est sans doute la cause^ car le sang veineux n'est reçu par les organes qui ne lui sont pas destinés, qu'avec une pression infiniment plus forte du cœur.

Rétrécissement mitral. — Le rétrécissement mitral ne permet plus à l'oreillette d'envoyer dans le temps habituel la quantité voulue de sang au ventricule; celui-ci, privé de son excitant naturel, ralentit sa marche et attend pour se contracter qu'il y ait assez de sang pour le remplir.

La plupart des cas de lenteur extrême dans les affections du cœur quand il bat 40, 32, 24 fois par minute, doivent être rapportés à cette affection, surtout quand il s'agit de sujets jeunes ou adultes, car pour les vieillards la question est plus compliquée.

Fig. 394. — Homme de 30 ans, 36 pulsations. Rétrécissement mitral.

Il n'est point encore démontré que le rétrécissement auriculo' centriculaire droit se traduise par le même phénomène.

Dia^noise. — Toutes les fois que^ chez un sujet adulte ou jeune, sans autre maladie évidente, on observe mx pouls très

lent, et qu'à l'auscultation il existera un souffle au deuxième temps, on devra diagnostiquer : rétrécissement mitral.

Sclérose cardiaque. — La lenteur extrême et habituelle du pouls chez les vieillards et certains alcoolisés, quand il descend à 30 ou 35 pulsations^ annonce la dégénérescence graisseuse atrophique du cœur : dégénérescence qui est alors g;éuérale et égale dans toutes ses parties. Le pouls devient encore plus lent, si à la sclérose, qui donne toujours un peu de rétrécissement aortiquo, ou à Tathérome, vient encore se joindre le rétrécissement mitral.

Fig. 395. — Homme, Sclérose sénile. Rétrécissement aortique et mitral.

Ossification des artères coronaires. — Mais ce signe appartient encore à une autre lésion. En effet, dans un travail spécial composé sur ce sujet, le docteur Legros ^ a démontré que la diminution de calibre et la perte d'élasticité produite par V ossification des artères coronaires entraînait un ralentissement sensible du pouls. Défiez-vous donc d'un pouls semblable quand il se montre dans un âge avancé, le pronostic est toujours grave.

]>iaguosc : — Le pouls lent, chez les vieillards, indique d'' ordinaire V ossification des artères coronaires, si l'on voit manquer les signes physiques du rétrécissement mitral et le plateau de la sclérose.

Lorsqu'à la dégénérescence du ventricule gauche s'ajoutent les signes à' mi rétrécissement aortique ou mitral, la lenteur et la rareté sont portées à leur comble.

IV" POULS LENT PATl ACTION TOXIQUE OU MEDICAMENTEUSE.

pouls lent, qui survient d'une manière accidentelle et subitement, peut être l'effet d'un agent thérapeutique ou d'un empoisonnement. L'attention sera spécialement appelée sur les substances suivantes : — ' Absinthe, après les crises épileptiformes, — Aconit (dose faible), — Alcool, — Ammoniaque [en olfaction), — Atropine [Botkine — Brôme, — Camphre, — Cantharide (deuxième période), — Cereus Bomplandi (fait baisser le pouls de 125 à 90),

' Leoros. Bullet. de la Soc. anat. 1862. p. 223. * WiRCHO-w's. Archiv., t. XXIV, p. 83, 1862i

— Chlorure de fer, — Ciguë maculée, — Colchique, — Convallarine (effet consécutif), — Cyanure de potassium et d'ammonium, — Datura (dose forte), — Digitale et digitaline, — Douce-amère, — Hydrastis du Canada (deuxième période) , — Ernétine, — Hellébore ei Helléboréine, — Hyo&cyamine (dose forte), — Huile ozonisée, — Ipéca, — lodoforme, — Kairine, — Lijcopode de Virginie, — Muscarine, — Nérion oléander, — Nicotine, — Morphine, — Opium, — Oxygène en inspirations prolongées, — Phosphore, — Pilocarpine, — Plomb, — Pyridine, — Quebracho,

— Qwmme (deuxième période), — Romarin, — Salicylate de soude,

— Scille, — Sels biliaires, — Tabac, — Taxus baccata (if). — Thallin, — Nitrate d' Urane, Veratrum viride.

Alcoolisme clironitiae. — Si le pouls lent, chez un homme à la force de l'âge, existe d'ancienne date, s'il esten même temps mou,diffluent^àomiQ.nidM sphygmographe une ^y&iola k plateau arrondi simple ou bifide, c'est qu'il s'agit d'un cas d'alcoolisme chronique, ayant produit la dégénérescence graisseuse du cœur.

Cyanures alcalins. — Si le pouls rare est en même temps défait, lent et filiforme, l'attention devra se porter sur les cyanures de potassium et à^ammonium qui aholissent l'action cardiaque.

Mais de toutes ces substances la Digitale, — la Digitaline, — le Veratum viride, — le Plomb, — le Camphre et V Alcool sont celles dont l'effet est le plus prononcé.

Digitale. — Si le pouls s'accélère pendant les premières heures pour se ralentir ensuite, si le pouls lent est en même temps fort, avec ou sans vomissements bilieux et sans coliques, il s'agira sans doute du digitalisme. La digitale peut ralentir le pouls de 140 à SO pulsations, mais seulement par ses effets primitifs sous l'influence d'une dose modérée ; une dose trop forte l'accélère parfois, et le rend filiforme.

Kairine. — Les expériences du professeur à^Renzi deNaples ont démontré que la kairine à dose de un à trois grammes ralentit le pouls de dix à quinze pulsations pour quatre ou cinq heures.

Phospbore, sels biliaires. — Si le pouls devient subitement lent avec apparition de jaunisse, c'est que le malade est atteint ou d'un empoisonnement phosphoré ou d'un empoisonnement par les sels biliaires, comme il arrive dans Victère grave et même simple. La distinction de ces deux affections est souvent difficile, sans la donnée étiologique.

Fig. 396. — Pouls lent et mou du phosphorisme.

Plomb. — Si le pouls est lent^ s'il bat de 30 à 50 fois par minute, parfois irrégulier, mais présentant avant tout une dureté extrême avec coliques violentes^ persistantes et constipation absolue, il faut reconnaîti^e un empoisonnement par le 'plomb. Dans ce cas, le sphygmographe démontre que c'est la portion descendante de la courbe qui s'allonge, c'est-à-dire que la diastole cardiaque, au lieu de se faire brusquement, ne s'opère que peu a peu. C'est le pouls lent et non le pouls rare. En outre^ la transition du sommet de l'ascension à la ligne de descente, se produit en une cime arrondie, offrant souvent une dentelure {pouls serratique). Puis, à mesure que la guérison s'avance, le pouls reprend ses caractères normaux, mais, même pendant le tonus vasculaire le plus prononcé , l'élasticité de l'artère persiste comme l'indique le dicrotisme.

Quinine ctsalicylatciti. — hepouls lent, coïncidant avec des vertiges, des bourdonnements d'oreille et de la surdité, doit faire soupçonner un empoisonnement par le sulfate de quinine ou par le salicylate de soude.

€amplire. — D'après Alexander, le camphre, à haute dose, ralentit les battements du cœur et du pouls, mais dans une proportion peu considérable, ainsi un gramme de camphre, pris à l'intérieur, abaisse le pouls de trois pulsations par minute, une dose de deux grammes le fait baisser de dix pulsations.

Vcratum viride. — Si \e pouls lent est faible, filiforme avec vomissements bilieux très fréquents, mais sans coliques intenses, ce peut être encore la digitale ou le veratum viride qui sont en cause ; ce dernier produit plus habituellement que la digitale des vomissements bilieux extrêmes, qui, joints à la lenteur du pouls, servent à fixer le diagnostic. Le ralentissement du pouls est encore plus prononcé que pour la digitale, et même dans les cas de fièvre, on voit le pouls tomber de 140 à 40 ou 30 pulsations.

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