‹ Le circulation et le poulsChapitre 602 sur 669 · III. Error ab œgrotantibus. — Erreur due aux malades · texte numérisé non relu

III. Error ab œgrotantibus. — Erreur due aux malades

1° ERROR AB ASSISTANTIBUS.

Il n'est pas bon qu'il y ait plusieurs personnes, surtout si elles sont étrangères, dans la chambre du malade pendant qu'on lui tâte le pouls. L'émotion qui en résulte modifie les battements du cœur ; le pouls deyienl petit, concentré, rapide^ irrégulier, ou bien il se produit àas palpitations qui peuvent induire le médecin en erreur, s'il ne tient pas compte des circonstances. En ce cas, le médecin peut être regardé comme le premier assistant,puisque sa présence doit émouvoir le malade plus que tout étranger, de là le nom de pouls du médecin donné au pouls irrégulier qu'on observe souvent pendant la première minute. On y trouve à la fois : irrégularité de temps, de forme, de rhythme.

Fig. 487. — Pouls irrégulier, dit : du médecin.

Il" ERROR A MEDICO.

Que de qualités ne faut-il pas au médecin pour bien connaître et analyser le pouls I

' Celse. De re médira, t. 1, p. 103.

Attention vive et soutenue.

Grande finesse de tact.

Connaissance du sujet, du tempérament, de la maladie, appréciation exacte des circonstances d'âge^ de temps, de lieux, enfin de tous les phénomènes extérieurs qui peuvent influer sur le malade. Donnons quelques exemples :

1° Il suffît que le médecin placé incommodément auprès du patient veuille explorer l'artère avec la pulpe du pouce, au lieu des autres doigts, pour que les battements des vaisseaux du pouce viennent mêler leur impression à celle de l'artère explorée, et, loin de trouver un pouls régulier^ on le signalera comme irrégulier; au lieu de 60 ou 80, on trouvera 120 ou 130 pulsations par minute.

2" Si l'on comprime trop fortement un pouls déjà très faible, il disparait, et l'on peut croire à une asphygmie ou à une mort très prochaine, alors que le mal est peut-être encore remédiable.

3° Si l'on comprime trop faiblement le pouls chez une personne très grasse, on peut no point le trouver et attribuer quelque importance à cette erreur de diagnostic.

4° Si Ton tâte le pouls ou plus haut ou plus bas que le lieu d'élection qui est juste au-dessus de V apophyse styloïde du radius, on appréciera fort mal la force et la nature de la pulsation.

0° Chez un malade très faible, si l'on tâte le pouls, alors que le bras est plié sur la poitrine, sous prétexte de ne pas le déranger, il pourra se faire qu'on ne le trouve pas, ou à peine sensible, tandis qu'on le sentira de nouveau naturel en étendant le bras.

in° BRROR AB iEGROTANTIBTJS.

De la part du malade, l'erreur peut tenir à des causes très variées. Les unes viennent de sa constitution, les autres de sa maladie.

1° Pouls irrégulicr «lu réveil. — Il est quelques personnes dont le pouls, régulier pendant le sommeil, devient irrégulier au réveil. Il semble que Je mouvement succédant à l'immobilité, une action plus vive de chaque organe remplaçant le repos absolu, introduisent un nouvel élément d'action circulatoire qui aurait quelque peine à prendre sa moyenne.

Un pouls irrégulier au réveil ne suffit donc point pour affirmer la maladie.

2° Pouls caché des artères situées dans les parties molles. — La pulsation d'une artère a besoin, pour être facilement perçue, d'être soutenue par un plan résistant. C'est ce qui rend précieuses à explorer : la radiale au poignet^ la crurale au pli de faîne, la, pédieuse sur le tarse.

Mais les artères ensevelies dans les parties molles, comme la crurale au milieu de la cuisse, ne pouvant prendre un point d'appui nulle part, ne signalent leur présence que par des mouvements imperceptibles et qui ne sont nullement en rapport avec le volume du vaisseau; les tracés 309 et 310 nous ont montré les différences immenses que peut donner la crurale, soit au doigt, soit au sphygmographe, suivant qu'on l'explore sur le pubis et sur un sujet Irès maigre, ou peu à peu enfoncée et protégée par les parties molles où nul plan solide ne la retient.

Indication thérapeutique : — Aussi le chirurgien doit-il être en garde contre une pareille cause d'erreur; soit qu'il ouvre un abcès, dissèque une tumeur ou prépare une ligature, il ne doit pas espérer que le pouls lui révélera d'avance la position du vaisseau; il peut arriver jusqu'au contact avant de le reconnaître. La connaissance des points de repère et des rapports mutuels doit donc seule le guider.

3° Cœur et pouls irritables. — Certaines personnes ont le cœur irritable. A la moindre émotion, ou même sans raison apparente, le rhythme et la force de la circulation augmentent considérablement.

Le médecin, non prévenu, pourrait facilement croire pour elles à une maladie du cœur, à une lésion organique qui n'existe pas.

\J irrégularité des battements., la courte durée des palpitations sont les signes qui fixent le diagnostic.

Aussi, dans les cas douteux, il ne faut jamais se prononcer sans avoir examiné le malade plusieurs fois à divers moments du jour, pour reconnaître les périodes de calme.

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