‹ Le circulation et le poulsChapitre 65 sur 669 · MICHEL. — 1757. COX. 1760. FLEMING, — GUTTIEREZ DE LOS · texte numérisé non relu

MICHEL. — 1757. COX. 1760. FLEMING, — GUTTIEREZ DE LOS

EIOS. — ROCHE. — 1762. LA PREDICTION DES CRISES, PAR l'iNS- PECTION DU POULS.

Don Francisco SOLANO LUQUE, médecin espagnol pratiquant à Antequera, était né en 1685 à Montilla, près Cordoue.

' ViCQ ii'AzYH. TraiU d'anat. et de physiol. P. n86.

SOLANO LUQUE. If3

Etudiant la médecine à Grenade sous Joseph de Pablo, en 1707, il observa le pouls dicrote et en demanda l'explication à ' son maître, qui lui dit « de ne pas faire attention à de telles bagatelles, qui ne provenaient que des vapeurs fuligineuses. » Peu satisfait de cette réponse, il se mit à observer et reconnut que le pouls dicrote annonce presque toujours une épistaxis, et le pouls intermittent, une crise par les urines et les selles. Ce fut alors que sa célébrité commença par une aventure bien remarquable :

Lq docienr D. Francisco del Castillo tomba malade à Grenade d'une fièvre aiguë violente. Il fut soigné par trois médecins célèbres ; le sixième jour de la fièvre, ils observèrent que le pouls était intermittent à chaque- seconde pulsation. Sur quoi ils prononcèrent unanimement que la mort du malade était proche, d'après les doctrines de Galien.

Le jeune Solano, qui suivait alors son maître don Pablo, demanda la permission de dire son sentiment et leur expliqua que l'intermittence du pouls était un effort de la nature pour chasser par les selles les humeurs morbifiques. On imposa silence au jeune homme, son opinion téméraire était contradictoire à celle de Galien ! La consultation finit en pronostiquant à la famille une mort prochaine. A 8 heures du soir le malade ressentit de très-violentes douleurs de ventre autour du pubis, et finit par évacuer deux ou trois selles avec une quantité d'urine épaisse, noirâtre ; puis il s'endormit profondément et se réveilla sans fièvre.

La prédiction de cette crise fit grand honneur au jeune Solano, mais il n'en tira pas grand avantage, parce qu'il fut obligé d'aller pratiquer à Illora, petite ville voisine. Ce fut là qu'il put étudier en 1709 ou 4710 le ^om^s inciduus et reconnaître qu'il indiquait les sueurs critiques.

Toutes ces observations ont trait à des maladies aiguës et surtout à des fièvres. Dans les maladies chroniques, la signification est tout autre, YAxAa Solano , après 24 ans d'observations trèscurieuses, formula sa doctrine dans un livre intitulé : Lapis Lydius Apollinis {in-fol. Madrid, 1131).

Il ne se contenta pas d'observer lui-même, mais enseigna sa méthode à plusieurs disciples. On rapporte que le docteur Jaywes nihell, médecin irlandais de Lymeric, disciple du grand Boerr/iaave, \'mt exi^ves d'Angleterre pour étudier l'importante méthode de Solano; c'était en septembre 1737; Solano le

reçut avec une grande amitié, le logea dans sa propre maison et lui enseigna l'art de prédire les crises, lui dévoilant ses secrets avec une simplicité digne de son génie. Nihell recueillit, en peu de pages substantielles, l'ensemble de sa doctrine et de son enseignement; nous les résumons ici, croyant faire plaisir à tous les hommes de science

Les maladies se jugent aux jours judicatoires par des crises diverses :

Par hémorriiagie, — par vomissement et diarrhée, — par les sueurs, — ^wc \q& urines . — Chacune de ces crises est marquée d'un pouls spécial.

Page 1