‹ Le circulation et le poulsChapitre 70 sur 669 · AVIS SUR LES SIGNES CRITIQUES EN GENERAL · texte numérisé non relu

AVIS SUR LES SIGNES CRITIQUES EN GENERAL

1° Si le signe de la crise revient à période variable, 2, 3,6, 8 pulsations, sans ordre, on ne peut signaler un temps fixe pour la crise, mais on peut annoncer sa prochaine venue et sa nature, sans décider le moment.

2" La crise peut être changée par un mouvement extraordinaire de la nature, spontanément, ou par un effet médicamenteux.

Alors on voit cesser le signe de la première crise et apparaître celui de la deuxième, ou crise succédanée ; c'est ainsi que les remèdes peuvent accélérer, retarder, changer ou supprimer une crise.

3° Il arrive bien rarement que les signes critiques soient trompeurs ; en 26 ou 28 ans de pratique, c'est à peine si Solano en a recueilli cinq observations, tandis que son livre renferme 31 observations d'épistaxis critiques ; 36 de diarrhée; 28 de sueur; 8 d'urines critiques; sans compter une d'ictère et 4 observations publiées plus tard par son fils; total : 108 observations démonstratives.

Après la mort de Solano, Don Christoval, son fils, fit paraître aux frais do l'Etat une nouvelle édition (1738) de l'œuvre paternelle, à laquelle il ajouta les données de sa propre expérience.

Nihellj de retour en Angleterre, publia le récit fidèle de tout ce qu'il avait vu et des expérimentations probantes qu'il fit à son tour ^ Cet ouvrage eut un véritable retentissement.

Après avoir étudié l'œuvre de ces maîtres, nous devons signaler encore les médecins qui s'efforcèrent de la continuer ou de la développer.

En France, lavirotte traduisit Nihell (1748) dans notre lan gue

Guillaume NOORTWYK, Hollandais de naissance, devenu praticien célèbre à Venise, traduisit en latin les œuvres de Solano et de

^ Nihell. New and exiraordinary observations, concerning the -prédictions of various crises, by the means of the puise. In-S", Londres, 1741 .

- Lavirotte. Observations nouvelles sur les prédictions des crises par le pouls, Paris, 1748, m-i°.

118 FEYOO.

Nihell; il fit lui-même plusieurs observations sur les pouls critiques. MICHEL de Montpellier^ médecin à Paris, écrivit un livre intitulé : Nouvelles Observations sur le pouls par rapport aux crises^ 1757.

cox [Daniel) de Londres étudia spécialement le pouls intermittent critique, qui indique l'usage des purgatifs (1760). Parmi les partisans de cette doctrine, nous trouvons encore fleming {Milcolomb) de Londres, — Enfin JeaT^sÉNAC de Lombez (1749-1770), dont l'excellent traité des maladies du cœur (tom. II, p. 210) enseigne l'importance du pouls critique. Dans une dissertation sur les crises (1752), il raconte qu'étant à Bruxelles il fit mettre plusieurs soldats malades dans une salle particulière de l'hôpital et qu'il put observer le pouls rebondissant, annonçant toujours les hémorrliagies ; \ intermittent, prédisant la diarrhée; mais que Vinciduus, devant annoncer la sueur, était beaucoup plus difficile à reconnaître.

GUTTIERREZ DE LOS BIOS (Manuel), prêtre et médecin, exerçant à Cadix, s'efforça de développer la doctrine de Solano. Son livre : Idioma de la naturaleza^ ou Compendium du lapis lydius, est remarquable par sa clarté ; il analysa le vaste in-4" de Solano, retira l'utile et le démêla de tout accessoire. — roche {Jean-Louis) écrivit les Nuevas y raras observaciones para prognosticar las crises por elpulso sin alguna dependencia de las senales criticas de losanticos (in-i°, 1762).

Il joignit aux œuvres du maître plusieurs observations personnelles.

FEYOO, le célèbre bénédictin, préconisa aussi la méthode de Solano dans ses Carias eruditas. On put croire un instant que cet ingénieux système passerait désormais dans la science, par un enseignement exigé à la fois des maîtres et des élèves.

Mais il fallait une grande sagacité, un tact fort exercé, des sens très subtils, qualités rarement unies; et peu à peu ces travaux remarquables tombèrent en oubli.

Ainsi en est-il des meilleures découvertes, quand elles ne sont pas assez faciles à comprendre pour que chacun puisse les utiliser.

Malgré un tel abandon, les médecins apprirent par ces re-' cherches à respecter davantage les crises naturelles dans les maladies, crises pendant lesquelles on cessa d'employer des moyens violents ou perturbateurs.

Page 1