JOSÉPHIN SOULARY
V^RFÈvre, où donc as-tu découvert ton burin ? Tu ramasses la gemme incolore et terreuse, Tu prends le lingot brut, la trouvaille poudreuse, Et les polis au gré de ton art souverain.
De joyaux merveilleux tu remplis ton écrin, Et tes riches bijoux arrêtent l'amoureuse Qui, les yeux fascinés, te demande, fiévreuse : « Combien cet anneau d'or à chaton purpurin ? »
Les diamants taillés dans tes heures sereines, Ainsi que des soleils brillent au front des reines, Rayons pour les regards et flèches pour les cœurs.
D'un nouveau Cellini tu nous rends la magie, Et quand l'amour sourit à tes ciseaux vainqueurs, Le carrare frissonne aux pieds de ton génie.