SUITE DU CHAPITRE PREMIER
Jusqu'ici nous avons traité des matières blanches, passons maintenant aux ronges. Premièrement, sous Gebnrah, selon la sentence ordinaire des kabbalistes, est placé For. Ce qui se réfère aussi au septentrion (Job XXXVI, 22), non-seulement à cause de sîi couleur, mais aussi à c^use de sa chaleur et de son soufre.
Le fer est attribué a Tiphereth, car il est en nature de « vir belli » (£xorf. XV, 3), et il n'a le nom de Seir Anpin qu'à cause de sa colère prompte {Ps. II, v. dernier).
Netsah et Hod, double milieu du corps et réceptacles des semences, correspondent aux natures adrogynes du cuivre.
Jésod est le vif-argent; le surnom de vif lui est donné pour le caractériser; car c'est en nature vive le fondement et la substance de l'art métallique.
A Malchuth est rapportée la vraie médecine des métaux pour plusieurs raisons, et parce qu'ici sont représentées les autres natures à la droite ou à la gauche de r0 ou de (^ et leurs métamorphoses graduelles. Nous en parlerons plus amplement ailleurs.
(1) CepttMfe a été attribué par des copistes au oh. IV, mais c'est à Isrt.
A8GH MEZARBPH. ^TJ
Ainsi je I ai cloniu» les clefs pour ouvrir plusieurs portes feriiiéi^s. Je t'ouvrirai la porte des plus intimes sentiers de nature. Que si quelqu'un les dis|)ose autrement, Je n'aurai [)oint de < ontestations avec* lui, car toutes choses tendent à une même fin.
Je dis :
, Que les trois sources supérieures sont analogues au trois principes du règne métallique :
L'V visqueuse, Kether ^.
0 ou ©,Chocmah {>.
^ Binah, pour les raisons dites.
Ainsi les sept sources inrérieures re|)résentent :
«jodulah C-
(ieburah ©.
Tiphereth &* .
Nesach jf.
Hod
Jesod \).
Et Malchuth sera la femme métallique, Targent des sages , le i^hamp dans lequel ils doivent jeter leurs se* menées, celles des minéraux occultes, c'esf-ù-dîre Feau d*or, ainsi que ce nom se trouve dans la (7enèie(XXXVf, 39). Mais sache, ô mon fds^que ces choMs renferment de tels mysliTcs cpiaucime langue humaine ne fieut les révéler. Pour moi, déiormaîs, * non peciN'ïho lingua mea, sed cusUnliam oh nieum clausura.n \^Pë. XXXIX, 2.;
A28 l'HlLUSOPHlK HERMÉTIQUE.
CHAPITUli: il. SiK l'or.
Dans la nature niétalliciue, Geburah est la classe a laquelle Tor est référé, et là (commence une nouvelle dérade sephirolique. En sorte que Tor a son Kethcr on sîï raeine métallique obscure, son Chocmah, c'est-a-din» son principe saturnien, et ainsi des autres.
C'est au Kether de l'or (jull tant rapporter cet or que le sir Haschirim attribue à la tête du fiancé onD.
Au Chocmah il faut rapporter cet or caché entre les munitions de guerre iva (Job XXII, 24 et 25, XXXIV, 19.
A Binah se rapporte Tor des fouilles, l'or exhumé, ynn.
A Chesed, l'or amassé et tiré au laminoir (II Para/. IX, 5), parce que la miséricorde du Seigneur nous tient suspendus comme par un lil d'or sur l'abime de la mort éternelle.
A Geburah, am, parce que l'or vient de l'aquilon (Job XXXVIl et XXII).
ATiphereth, tô (II Reg. X, 18); (IV /{c(/. XIX et XXI); [Dan. X, 1).
Car ainsi Tiphereth et Malchuth composent un tronc d'or.
C'est ainsi que © est appelé :
Vase d'or (Jo6 XXVIII, 17);
Couronne d'or (P5. XXI, 4);
Coupe d'or {CanL V, 15).
ASC.H mezaheph. A29
A Noisah se rapporte le nom d'or renfenné, r'esl-i- «lire préparé pour les semailles, (I lieg. VI, 10, 21 ; Jcb XXVIII, 15).
A Hod convient le nom d'or rouge ( II Parai. III, 6; I Reg VI, 20), |K)ur sa iH^ssemblance avec le sang des jeunes taureaux. C'est ainsi que rougit cet or au côté gauclie de Tarbre séphirotique.
A Jesoil le nom de bon or (Gen. II, 12), car c'est ici que le bon coïncide avec le juste.
A Malchut convient le nom secret de IV philosophique dont le synonyme est cendres^ et la maison de ce métal est admirable, car elle consiste en 6 fois 6 cellules, afin que de toute part renaissent les vertus admirables de la lettre ^ , qui est celle de Tiphereth, par toutes les colonnes et toutes les lignes en tout sens. Observe cette |>articularité (pie leur moindre nombn» est senaire, ternaire ou novenaire, savoir : 3, 6, 9, nombres sur lesquels j*aunus mille choses à te nWéler.
J'ajoute seulement (pie la somme représente le nombre 210, «ntc, de notre admirable lion (X, lA), qui est le nombre du nom sm, c< supputa et ditesce. »
CIIAPITHK HT.
(£ l'argent.
t^hcsed, dans le règne métallique est, sans coniredit, l'argent. Le moindre nombre de Chesed est le même que celui des |iaroles qui dt'^signeiit ce métal {Prov. XVI,
630 PHILOSOPHIE HEHMÉTIQL'E.
16, XVII, »; Ps. XU, 7 ; Job XXVIII, 1). UC a aussi sa décade séphirotiqu6.Âin8i,dansr£aHM{e(XXXVUI, 17, 19), le chapiteau d'argent des colonnes est appelé Kether, aux Prov. (U, &), la sagesse Chocmah est comparée à Targenl. Binah de (C est exprimé {Prav. XVI, 16). Gedulah parait dans Thistoire d'Abraham où l'argent est toujours offert pour apaiser les colères {Gen. XIII, 2).
Geburah est signifié lorsque l'argent est éprouvé au feu [^Prov. XVn, 3; Num. XXXI, 22; Ps. LXX, 10; Prov. XXVIl, 21; Jos. XLVIII, 10; Ëzech. XXII, 2-2; Zachar. XIII, 9; {Malach. III, 8).
Tipherethest la poitrine d'argent de la statue do Daniel;
Netsah est la veine d'C {Job XXVIII, 1) ;
Hod, ce sont les trompettes d'argent {Nntn. X, 2);
Jesod se trouve au liv. des Prov, (X, 20) ;
EtMalchuth au Ps. XVII.
La demeure de ci* métal représente 9 fois 9 carrés, qui donnent la même somme en tout sens. Cette somme est 369, et son moindre nombre 9, qui re()araU toujours et ne change jamais, «quoniam in seternum misericordia ejus.w
SlUTE DU CHAPITRE UI.
Traitant la matière métallique, voici comment Rabbi Mordechaï parle de Targenl :
« Prends delà minière rouge d'argent vif v, broiela subtilement ; mêle à 6 onces de celle-ci 1 once de chaux de $ ; mets dans une fiole scellée. Au sable, donnes-v un A doux pendant les huit premiers jours, crainte que
XtiCH MEIAHEPH. A 31
son humidité radicale ne se linile ; augmente d*un degré la seconde semaine, et l'ai^crois encore la troisième et la quatrième, de façon (|ue le sable ne blanchisse pas, mais qu*il produise un sifflement lors(^|u*on y jettera de Teau, et ainsi, au haut du vase, tu auras une matière blanclie qui est la matière première, Tarsenic teignant l'y vive des métaux, que tous les philosophes appellent V sèche et et leur +. Voici comment elle se purifie.
i^i: ce sublimé blanc, cristallin, broie-le sur le marbre avec partie égale de chaux iV(£ (1 ), mets-le de rei^hef dans une fiole scellée sur le sable ; le premier coufrfe d*heures, em|)loie un feu doux, plus fort dans les deux suivantes ; augmente son intensité dans les troisièmes, et enfin em|)loie c^lui qui produit un sifflement dans le sable, et de nouveau notre 0==0 se sublimera en jetant des rayons étoiles. (}omme tu auras besoin d'une certaine quantité, voici connncnt tu Taugmenteras :
Prends-en 6 onces | , c'est-à-din^ de cet émail de (£ très pure, fais I amalgame (|ue tu sais, et tu le mettras en digestion dans la fiole scellée' sur les cendres chaudes, jusqu'à ce que toule la (£ soit dissoute et changée en V ': ^=3=0 cale.
Prends i once de cet esprit prépare; mets-le dans une fiole scellée sur des cendres chaudes, et la c^olombe montera et descendra. Il faut continuer (*ettè chaleur jusqu^i ce quil ne s'élève plus dliumidité, et (piVIle soit fixe dans le fond et couleur de cendre, ('/est ainsi que la matière est dissoute* et putréliéc.
(1) Caiœlwiœ e$l niirumroritnociumœ.
432 PHILOSOPHIE HEIIMÉTIOtE.
Prends de celle rendre une partie, et de IV susdite, demi-partie; mèle-les ensemble et mets-les dans le verre, afin qu'elles y soient comme ci-devant, ce qui se fait en huit jours ou environ. Quand la terre cendrée commence ;i blanchir, retire-la et l'arrose de 5 lotions de son V lunaire. et la digère comme ci-devant, imbibe-la la troisième fois de 5 onces de cette eau et elle se coagulera de nouveau en liuit jours. La quatrième imbibition demande 7 onces d'eau lunaire, et lorsque la matière aura fini de suer, celte préparalioii est terminée.
Pour rœuvre au blanc, tu prendras 21 drachmes de celle terre blanche, 1 4 d V lunaire et 10 de chaux de (£ très pure, mets cela sur le marbre, et qu'il soit fait coaguler jusqu'à ce qu'il durcisse. Imbibe la matière avei' 3 parties de son V, jusqu'à ce qu'elle ait bu cette portion, et répèle cela autant de fois qu'il le faudra pour qu'elle coule sans lunier sur une lame de $t rougi au feu. Tu auras aloi^ la teinture au blanc, que tu pourras augmenter par les procédés (îi-dessus.
Pour le rouge, il te faudra la chaux de 0 (1) à un A plus fort, et Touvragc durera environ quatre mois.
Juscpi'ici l'auteur confère et accorde ces renseigne-
(1) Calx solis est sulphur vel aliguando sol albrot vel eliam, sal larlareus calx uvarum. (Note du rabbin Mordechaî ou Mardochée.)
Ce secret prétendu de Mardochée, inséré dans TAsch Méiareph, a pour but d'égarer les profanes. L'œuvre doit se faire avec la seule terre mercurielle de Becker, sans mélange d'autre chose et la dissolution qui est la clef de l'œuvre, se fait au moyen d'un feu de chaux tiré de la terre elle-même. Le reste se fait au feu de lampe, en commençant au printemps et en suivant les opi'ralions de la nature pendant tout le cours de Tannée.
(Note importante d'Êliphas Lévi.)
ASCH MrZAREPA. 433
ments avec les indications du sage arabe (sans doiile» Geber?) aux endroits où il traite au long de la matière arsenicale.