RENNES
J. PLIHON ET L. HOMMAY, LIBRAIRES
5, rue Motte-Fablet.
BIBUOTHECÀ
INTRODUCTION AU DEUXIÈME VOLUME
Les comptes rendus critiques de la première partie de ce travail, parus dans différentes Revues historiques, nous font un devoir d'ajouter ici quelques développements à la Préface et à Y Avis au Lee leur qui se trouvent en tête du premier volume.
Non seulement nous avons voulu donner des documents à ceux qui les recherchent pour étudier l'histoire aux sources mêmes, mais nous avons voulu aussi aider ceux qui se livrent aux études d'histoire locale, et de plus que chaque commune, chaque famille en quelque sorte, sache comment leurs ancêtres se sont comportés en présence du problème qui se pose à nouveau aujourd'hui : De rétablissement dans une société dont le gouvernement est une émanation du suffrage universel, du libre exercice d'un culte dont les ministres sont les membres soumis et dévoués d'une puissance théocratique universelle. Il faut donc que la tradition entretenue dans nos foyers soit éclairée par le récit des documents, il faut que nous voyions les conséquences qu'ont eu pour les uns et les autres des conduites différentes : pour les prêtres qui ont accepté d'être fonctionnaires publics, jusqu'où leur soumission les a conduits ; pour les prêtres indépendants, les réfractaires, les conséquences de leur inféodation au parti du roi et des nobles.
Beaucoup de communes ne possèdent plus rien et d'autres presque rien en fait d'archives de l'époque de la Révolution, si bien que, pour donner au lecteur une idée exacte des événements qui ont dû se passer
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dans sa paroisse, il fallait reproduire tous les documents retrouvés clans le district tout entier. Dans une commune, on voit 1 effet déplorable produit par l'arrivée et l'installation de l'intrus; dans une autre, les instances des paroissiens pour se débarrasser de leur recteur insermenté; ailleurs, pour le décider à prêter serment; là, les autorités, bien que jacobines, quelque pou honteuses du rôle qu'on leur fait jouer, transforment la fête de la déesse Raison en fête en l'honneur de nos armées victorieuses; ici, ce sont pendant la nuit des perquisitions chez les habitants et dans les églises, puis des curés insoumis arrêtés et emprisonnés. En telle paroisse, dite hors diocèse, où les prêtres insermentés ne résidèrent pas, on y voit les habitants jouir d'une tranquillité à peu près complète et conserver leur pasteur sans interruption, depuis 1776 jusqu'en 1804, année où son grand âge l'oblige à résigner ses fonctions; dans telle autre, ce sont des troubles continuels et l'impossibilité de la pourvoir d'un curé. On remarquera encore, exception faite de la ville épiscopale, que si ici et là on rencontre quelques prêtres chargés d'instruire les jeunes garçons, on ne trouve pas dans toute l'étendue du district une seule paroisse possédant une école publique de filles. En 1789, les congrégations enseignantes étaient inconnues dans nos communes rurales.
Nous avons continué à reproduire le texte des lois principales concernant le culte et le clergé et à le placer dans le voisinage des documents qui les invoquent afin d'éviter au lecteur de compulser de volumineux ouvrages qu'on n'a pas généralement sous la main. Il lui suffira de consulter la table de ces lois à la fin du volume pour y arriver de suite. Egalement, nous continuons de mettre entre crochets ce qui est résumé et observations de notre part, préférant cette méthode à celle de l'emploi de ca-
INTRODUCTION AU DEUXIEME VOLUME
ractères de grandeur différente, ce dernier mode nous ayant paru fatigant à l'œil.
Enfin, nous ajoutons, comme complément de la première partie parue, un errata, et un supplément dans lequel se trouvent les quelques documents intéressants qu'un remaniement de la série L. par M. l'archiviste du département l nous a permis de découvrir.
Antrain, février 1905.