Arch. départ., L. V., 1 R
2. Id.., S. L. V., 1 R. La réponse du directoire de Dol à cette lettre se trouve t. I, page 53.
champ; je me rendis au bourg dans ma pension ordinaire, je fis une requête et ensuite je priai les municipaux de la signer; tous y consentirent avec les notables, presque tous ceux même qui savent signer dans la paroisse viennent tous les jours me proposer leurs suffrages, mais notre maire m"a platement refusé, bien entendu parce qu'il est mal intentionné pour moi, puisqu'il dit hautement dans les cabarets qu'il réduira les curés à la plus affreuse misère, et il ne m'en veut que parce qu'il s'est mis dans sa pauvre tête que j'animais M. de la Rouerie contre lui, ce qui est très faux, puisque je sais contre lui des choses de la dernière conséquence au sujet des affaires de M. de la Rouerie et cependant je n'en ai jamais fait part à personne.
Vous serez peut-être surpris vous-même, Monsieur, pourquoi j'ai quitté le bourg, mais écoutez-moi je vous prie, je vais sincèrement vous exposer mes raisons. Ayant été en premier pendant les deux premiers mois de l'année et cela sur ma bourse, et ayant appris du district même, que faute à moi de prêter le serment je serais pour toujours privé de tout traitement, n'ayant plus qu'un louis pour tout argent, je fus obligé contre mon gré, mais en vérité par besoin, de me retirer chez ma nièce qui est éloignée d'une petite demi-lieue du bourg. J'exerce le ministère en qualité de vicaire comme au temps passé ; la paroisse est desservie de la manière qu'elle l'a toujours été, personne ne peut être mécontent, si quelqu'un avait droit de se plaindre ce serait sans contredit M. notre recteur, parce qu'il fait quelques baptêmes plus que moi; or il ne s'en plaint point, au contraire, il est tout prêt de le certifier. D'ailleurs, je ne demande pas mieux que de retourner au bourg d'où je n'aurais jamais sorti si mes facultés m'avaient permis d'y rester; plusieurs autres vicaires sont dans la même position, nommément un des vicaires de Saint-Germain-en-Cogles, qui vient de recevoir son traitement sans aucune difficulté du district de Fougères. J'ai encore d'autres affaires à vous communiquer, mais comme le temps ne me permet pas de vous en dire davantage, j'aurai l'honneur une autre fois de vous écrire à ce sujet. Si vous avez la bonté de ne pas m'oublier, vous rendrez service à celui qui ne cherchera que l'occasion de vous en
témoigner sa reconnaissance et qui vous prie d'être persuadé
qu'il est avec un profond respect votre très humble et très
obéissant serviteur.
Guillé. vicaire.
Saint-Ouen-de-la-Rouërie, 7 avril 1791 *.
Messieurs [les administrateurs du district],
Nos messieurs curés ont prié la municipalité de leur signer un certificat comme ils demeurent dans le bourg pour être payés de leur pension, il y a eu une partie des officiers qui ont certifié qu'ils y demeuraient et qu'ils faisaient l'office comme à l'ordinaire.
Hien de plus juste, messieurs, de payer les salaires à ceux qui s'acquittent de leurs devoirs. Ils ne font ni catéchisme, ni prières, ni ne veulent lire les décrets et ils sont chapelains alternativement de la Roirie. Nous devrions avoir trois messes le dimanche, nous n'en avons qu'une des curés, il serait donc juste d'en payer un aux conditions qu'il s'acquitterait de son devoir. Au moment que nous avons l'honneur de vous écrire, ils vont par la paroisse pour extorquer des signatures et pour tromper les notables.
Le maire s'est refusé de donner son signe en déclarant qu'il n'avait rien de plus cher que de les obliger, mais qu'il ne voulait pas donner son signe pour une chose injuste et que s'ils voulaient venir demeurer au bourg, comme il était à l'ordinaire, et faire le catéchisme et la prière, que s'ils se rendaient à leurs vœux et de ne point priver la paroisse d'une messe qu'ils vont dire tous les dimanches à la Rouerie.
Vous voilà prévenus de leur conduite , ils vous représenteront un certificat qui comme vous verrez n'est pas signé du maire; c'est dommage que notre recteur ne se décide pas à prêter le serment, depuis que les vicaires ont déguerpi du