Arch. dêp., S. L. V., 1 R
2. Hyacinthe Vallée, un bernardin de Savigny. Voir T. I. page 10.
JUIN 17ÏM
attiré par leur éclat les yeux de MM. les électeurs 11 me
délivrera d'un fardeau dont je songeais depuis longtemps à me décharger, et je puis vous assurer que je prendrai avec autant de plaisir le poste de la solitude qu'il vient de quitter, à regret sans doute, qu'il se chargera du bénéfice qu'il désire. On voit par là comme par bien d'autres choses que les hommes pensent bien différemment les uns des autres, mais au moins avant de me jeter sur le pavé, on aurait dû tenir mon compte; c'est la moindre chose due à un pauvre domestique, qu'on commence par lui tenir son compte, ensuite on le met à la porte. Depuis 30 ans que je sers l'Eglise et l'Etat, il est temps que je cherche une solitude pour penser à mon salut paisiblement et tranquillement, mais la justice et l'équité me permettent de réclamer un compte et un payement qui est fixé par les décrets de l'Assemblée à 1,200 livres en 1790 et suivant le compte que je vous ai envoyé, il doit me revenir 880 quelques livres pour ladite année 1790 et de plus les six mois de l'année de 1791 qui me sont accordés jusqu'à mon remplacement, ce qui fait suivant le minimum 600 livres. Ces sommes, suivant les décrets, doivent être payés d'avance comme pension, ainsi vous voyez combien on est en retard à mon égard.
Si on était aussi exact à exécuter les décrets qui sont pour nous, qu'on est zélé à faire valoir ceux qui sont contre, j'aurais été payé il y a longtemps; j'obéis très volontiers et sans murmure, je déloge et fais place à ceux qui me dépouillent; mais en même temps je vous prie de faire attention à ceux qui nous accordent le payement de notre pension jusqu'au jour de notre remplacement; je crois, Messieurs, que vous êtes trop justes et équitables pour me faire attendre plus longtemps une pension qui devait être payée d'avance. Quand je n'aurais pas un liard je bénirai toujours la main qui me frappe et j'aurai le plaisir de vous dire jusqu'à la mort que j'ai l'honneur d'être avec tout le respect et la soumission possible,
Messieurs, votre très humble et obéissant serviteur.
Jouanne, autrefois recteur de Saint-Ouen-de-la-Rouërie.
[Le 8 septembre 1791, la municipalité de Saint-Ouen réclame au directoire du district des conseils au sujet des femmes et même des hommes de Montanel qui. pour ne pas faire usage du curé assermenté de chez eux, viennent à confesse aux non-conformistes de Saint-Ouen, et plusieurs femmes sont venues y faire leurs relevailles. notamment le 7 de ce mois, par le sieur Pierre Chevalier, simple prêtre.] »
Saint-Ouen-la-Rouërie, 6 novembre 1791.
(Répondu le 13.)
Messieurs [du directoire du district de Dol],
Nous vous envoyons le procès-verbal de la nomination de la dernière élection, tout est conforme comme tout s'est passé. Nous en avons envoyé un pareil au département. Nous n'ignorons pas, Monsieur, qu'ils vous en ont envoyé un. car M. Guillier et M. Jouanne et le frère de ce derniers, avec la bonne Sœur, ont parcouru toute la paroisse pour extorquer et tromper les habitants pour leur donner des signatures.
Je crois que vous vous trompîtes, Monsieur; vous crûtes nous donner notre requête, point du tout, c'était celle que nos prêtres avaient faite que vous nous remîtes; elle n'est pas signée d'eux, mais bien de leurs frères, pères et cousins.
Nous croyons, Monsieur, que vous nous jouez, car ils s'en sont vantés; faites donc, je vous prie, finir cette affaire sans retard, personne ne veut plus rien faire; nous avons demandé au département un commissaire, s'il le juge à propos, pour former notre assemblée.
J'ai l'honneur d'être, en attendant une définition, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur.
J. Thomas,
Président de l'assemblée et procureur de la commune 2.
1. Arch. dép., S. L. V., 1 R. — Voir la réponse du directoire, t. I, p. 55.
2. Arch. dép., S. L. V., 1 R. — Voir t. I, p. 56, l'article à ce sujet, lequel donne la date erronée du 13 au lieu du 3 novembre.
Saint-Ouen-de-la-Rouërie, 16 novembre 1791.
A Messieurs les administrateurs du directoire du district de Don.
Messieurs, il y a un mois et demi passé que je vous adressai une supplique pour vous demander mon trimestre de juillet et celui d'octobre sans avoir reçu aucune réponse de votre part. Puisque vous ne jugez pas à propos de me répondre ni de me payer ce que la loi ordonne, vous voudrez bien me permettre de m'adresser au département pour lui demander mon dû.
Veuillez, etc.
Jouanne. recteur de Saint-Ouen-de-la-Kouërie.
A Messieurs les administrateurs du directoire du district de Bol 2.
Messieurs,
Quoique les lois constitutionnelles permettent le libre exercice de la religion et même de toutes religions, cependant comme on veut nous interdire nos fonctions à raison de non assermentés, je vous demande votre décision sur les points ci-dessous allégués :
1° Depuis plus de six mois on nous a ôté l'encens avec l'encensoir qui ont été mis sous clef quoique les cérémonies de la religion catholique exigent l'encens. Nous avons été obligés de les faire sans encens... Que dois-je faire dans ce cas?
2° On ne veut pas que j'explique l'évangile les dimanches et fêtes, cependant de tous temps, pendant le carême, nous avons prêché et expliqué l'évangile. Décidez si je ne dois rien dire pendant le carême.
3° Vous savez qu'en toutes les paroisses on fait le catéchisme
1. Arch. dép., S. L. V., 1 R. — La réponse à cette lettre est tome I, page 57.
% Arch. dép., L. V., 1 R.
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aux enfants pendant la quarantaine, puis-je le faire sans me compromettre?... J'attends vos ordres. Messieurs.
4° Depuis 25 ans que je suis dans la paroisse c'est une pieuse coutume de faire pendant le saint temps du carême la prière tous les soirs... Puis-je continuer cette pieuse et louable coutume sans me compromettre ?
J'espère, Messieurs, que vous voudrez bien me donner prompte réponse, afin que dimanche prochain je puisse annoncer au peuple les exercices de la religion ; j'ai l'honneur d'être avec tout le respect possible, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.
Fr. Jouanne, recteur de Saint-Ouen-de-la-Rouërie.
Ce 17 février 1792.
Soit communiqué à la municipalité de Saint- Ouen pour donner ses observations, et le tout renvoyé dans huitaine au directoire pour être par celui-ci pris tel avis qu'il appartiendra.
Dol, 17 février 1792.
Répondu le 23 février sur tous les chefs au sieur Jouanne.