‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de Dol (volume 2)Chapitre 95 sur 98 · Arch. dép., L. V. 1 R · texte numérisé non relu

Arch. dép., L. V. 1 R

condamné de ne l'avoir pas fait. J'ai l'honneur d'être connu de vous, je me suis rappelé avec plaisir de votre bonne réception et je juge de là que vous étiez capable de compatir au sort des malheureux. Depuis 1790 je n'ai rien reçu de la pension qu'on accorde aux anciens fonctionnaires; nos comptes avant ma sortie du prieuré-cure de Bazouges-la-Pérouse furent mis entre les mains de défunt M. Gautier Rontaunay, procureur syndic, avec la reconnaissance de toutes les impositions dont on m'avait chargé, quoique ne possédant rien alors. Elles se montaient à la somme de 680 livres outre celle de 180 livres pour les décimes d'octobre, mais dont une diminution de 84 livres pour supplément de fouages et vingtièmes furent remis sauf erreur. Le tout, Monsieur, est marqué en mon compte que vous devez avoir en votre bureau; j'ai eu beau le prier de le régler, mais de quelque façon que ce soit je ne dois pas plus qu'un autre être omis dans le paiement. Je ne doute point que votre équité ne convienne qu'un homme qui n'a rien a besoin de tout pour se nourrir. Je suis chanoine régulier, je n'ai fait nul trésor en mon bénéfice, je m'appuyais toujours sur un bien-être que je ne croyais devoir me manquer. Le tout s'est consommé au but que tout pasteur est obligé de remplir; si c'est un mal actuel de l'avoir fait j'ose présumer que vous ne le condamnerez pas et qu'étant juste vous voudrez bien avec tous les messieurs du district jeter un coup d'œil sur ma situation et faire droit à ma demande sans avoir égard à la diversité des opinions: j'attends de vous, Monsieur, cette justice de me croire avec reconnaissance et respect votre très humble et obéissant serviteur.

Delaire.

Rennes, 12 nivôse an VII (1er janv. 1799).

Le commissaire central d'Ille-et-Vilaine au commissaire à Bazouges-la-Pérouse *.

J'ai reçu, citoyen, votre lettre du 7 courant, par laquelle 1. Arch., dép., L, IV, 4.

vous m'annoncez qu'au mépris de la loi et malgré vos représentations et défenses de celles de votre administration municipale, les habitants de votre commune, au nombre de plus de 200. se sont portés dans la sonnerie dans la nuit du 4 courant et ont sonné les cloches pour appeler le peuple à la messe dite de minuit ; et que le lendemain ils ont continué de sonner. Vous avez bien fait, citoyen, d'employer tous vos efforts pour empêcher cet abus que vous m'annoncez avoir lieu dans les cantons de Mard-le-Blanc. Sens et Trans, je vais prendre sur le-champ les mesures convenables pour en arrêter le cours et dans votre canton et dans ceux que vous m'avez indiqués ; la loi est une, comme vous le dites fort bien, et si elle n'est pas observée dans tous les cantons et en tous les points, c'est que tous les commissaires ne sont pas aussi exacts que vous à m'instruire des infractions qu'elle reçoit. Comptez que l'abus dont vous vous plaignez n'existera plus ni dans votre canton, ni dans ceux que vous m'avez indiqués.

Salut et fraternité.

Bazouges, 18 nivôse an VII (7 janvier 1799).

La commune de Bazouges ait commissaire du département l.

Si par ma lettre du 5 courant j'ai eu le désagrément de vous apprendre qu'au mépris de la loi et malgré mes défenses et mes représentations et celles de l'administration municipale, plus de deux cents citoyens avaient sonné la cloche le 4 et que ce son s'était répété le lendemain, j'ai aujourd'hui la satisfaction de vous prévenir que votre lettre du 12 de ce mois a eu le meilleur effet; j'en ai donné connaissance publique aux habitants de la commune de Bazouges et la lecture suffit pour ramener tous les citoyens à l'obéissance à la loi du 7 vendémiaire an IV sur la police des cultes et à celles antérieures qui défendent le son des cloches pour convoquer l'exercice d'un culte quelconque. Le ministre du culte auquel j'ai fait part de votre

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