Mairie de Dol
nel de veiller avec soin sur les fidèles qui nie sont confiés, d'obéir etc.. J'ai réitéré le même serment dimanche dernier, huit duprésenl dans la chaire de mon église, eu égard aux circonstances dont voici le détail quoi qu'en abrégé.
Il est bien dur pour moi. messieurs, après avoir fait cent et cent fois l'éloge de ma paroisse, de me voir aujourd'hui forcé de révéler la turpitude et la mauvaise façon d'agir d'un très petit nombre ; mais, Messieurs, ce petit nombre est à craindre vu que les individus contre lesquels je porte aujourd'hui, malgré moi, les trop justes plaintes sont le sieur Jean Marie Prével, maire de nouvelle élection et deux officiers municipaux. Je ne vous parlerai que faiblement de ces deux derniers, car je suis fondé à croire justement que les violences qu'ils ont commises a mon égard et leurs insultes vers ma personne tant chez moi qu'ailleurs, n'ont été que l'effet de la boisson qu'ils ont prise chez le sieur Prével et probablement les conséquences des mauvaises instigations et conseils de ce dernier. C'est donc de lui, Messieurs, que je me plains amèrement a votre tribunal; ses mauvais procédés, ses insultes réitérées (vous en avez déjà connaissance, Messieurs), après plusieurs pardons de ma part et notamment en présence de Mrs Jouslain, des Marets et Coupé qui ont diné chez moi vendredi six du présent, m'obligent enfin a solliciter votre justice. La plus grande partie de notre municipalité, comme je vous l'ai dit, est corrompue ; je ne peux donc et ne dois pas môme avoir recours a des gens qui m'ont manqué essentiellement et qui ne peuvent me reprocher autre chose que d'avoir bien fait mon devoir de pasteur et de èitoyen et d'avoir été trop bon et honnête envers eux. Le sieur Jean Marie Prével dont est question sera demain à Dol, je vous prie. Messieurs, de l'obliger a comparaître devant vous, je laisse a votre prudence et a votre sagacité les moyens de questions etc.. usités en pareille occurrence. S'il nie les faits, je vous prie d'ordonner sa détention, je m'offre a prouver des faits suffisants pour compenser l'inscription en faux qu'il pourrait peut être prétendre contre moi. Ne m'abandonnez pas en ceci, Messieurs, je vous en conjure, car il serait bien disgracieux pour moi de quitter pour trois ou quatre entêtés un troupeau, lequel excepté un très
petit nombre est entièrement attaché à moi, et auquel je me fais un devoir essentiel de rendre la réciproque. Ce faisant, Messieurs, vous rendrez la justice qui lui est due à Votre très humble serviteur.
T. Renard curé de Feins.
P. S. — Je vous prie. Messieurs, d'ordonner à votre caissier de me remettre la valeur de mon quartier de juillet, mon beaufrère Peltier garantira le reçu; je vous demande cette grâce vu que mardi prochain se fait la vente des effets mobiliers de M'* du Chastelier mon prédécesseur, et que l'occasion la plus favorable qui puisse se présenter m'échappera si vous ne daignez m'aider.
Messieurs, dans l'instant ou je vous écris, un assesseur de notre juge de paix et autres personnes me sont venues trouver et m'ont porté des plaintes très graves contre les personnes dont est question. Questionnez s'il vous plaît, sur l'affaire présente les nommés Charles Ravault et Pierre Joly députés à Dol pour pacte fédératif : je n'ai vu chez moi que le dernier.
Vous pouvez faire à Mr Prével les questions suivantes :
1° Que pensez-vous de votre curé?
2° Quel a été votre maintien dans l'église de Feins le jour Saint-Martin, fête patronale '?
3° Quel a été votre procédé envers votre curé lors de la dernière assemblée primaire d'après la S^Martin?
4° Quels propos avez vous tenus a votre curé le vendredi six de ce mois, présence de Mls Jouslain, Coupé, le procureur de la commune et autres?
5° Quelle a été votre morale et votre dogme dans l'église de Feins jeudi dernier douze de ce mois?
Messieurs, ceci n'est qu'ébaucher la besogne, mais, je vous prie, ne m'abandonnez pas. J'ai peur d'une cabale et je crois que ma crainte n'est malheureusement que trop juste.
Directoire du district.
Séance du IL octobre 1792. — Le procureur syndic donne communication d'une plainte du curé Renard contre la négligence de sa municipalité de faire- enlever les armoiries de l'église, a ne pas mettre de gardes pour la protéger des vols, et de ce qu'elle ne la coiffait pas du bonnet de la liberté, puis enfin de ce qu'on ne lui remettait pas les lois pour qu'il en fasse la lecture.
Séance du 15 décembre 1792. — Sur l'avis du citoyen Renard curé de la paroisse de Feius que le sieur Prével ex vicaire de la même paroisse, vague journellement dans son canton, les administrateurs, le procureur syndic entendu, ont arrêté d'écrire au citoyen Renard pour lui rappeler et le prier de mettre en usage contre Prével les moyens indiqués par la loi.
Le directoire de Dol au citoyen Renard, curé de Feins.
15 décembre 1792.
H est important citoyen, pour la tranquillité de votre pays et pour le bon ordre, que le s1' Prével ci-devant vicaire de votre paroisse soit arrêté et mis hors d'état de faire les courses nocturnes que vous nous annoncez, la loi a prononcé a cet égard. La garde nationale ou tout citoyen peut l'arrêter et le conduire au district qui ensuite prendra la mesure de la déportation du sr Prével; parlez donc, nous vous en prions, a des citoyens surs cl secrets et aussitôt que vous pourrez savoir le lieu du gite de Prével, faites le arrêter et conduire ici. Nous examinerons le procès verbal de votre municipalité quand il nous sera envoyé : dites au maire de presser les contributions.
Feins 4 janvier 1793.
Aux citoyc7is administrateurs et procureur syndic du district de Dol '.
Je vous prie de remettre mon mandat aux mains de mon domestique, porteur de la présente. S'il n'était pas arrivé vous aurez la bonté de me l'envoyer dans les paquets adressés à la municipalité, a peu près, le temps où il faudrait que je vous renvoyasse un exprès.
J'ai accepté la place d'ofïicier public a la sollicitation du citoyen Le Coz qui doit venir administrer le sacrement de confirmation dans ma paroisse.
Ce que je vous marquai dans ma dernière n'est que trop vrai : scilicet de refractario presbitero.
Je vous prie de me faire savoir si le centième denier peut être exigé. Notre maire le demande absolument a quelques uns de nos paroissiens.
Dites moi aussi si les trésoriers servant a l'église doivent être nommés au scrutin ; quelques individus de Feins ont été pour l'affirmative, ce qui occasionne un grand soulèvement ici. Daignez m'écrire deux mots a ce sujet. La lecture de votre lettre calmera les esprits abusés et ils connaîtront que la Convention nationale n'a rien décrété a cet égard, mais simplement sur ce qui concerne les corps administratifs.
Citoyens, salut et fraternité.
Le citoyen Renard, curé de Feins.
[Sur un papier séparé et sans signature, mais de la même écriture que dessus, on lit :]
Citoyens, comme la municipalité de Feins n'a point mis d'arrêt, en conformité de la loi sur aucun des effets ou redevances des émigrés, je me crois obligé de vous dire qu'il se trouve dans ma paroisse un fermier qui paie pour prix de sa métairie la moitié du produit en blé à son maître qui s'appelle