Alphonse Picard et fils, rue Bonaparte, 82, Paris
2. l'ne lettre du commissaire général Beaugrand, datée de Rennes le 9 ventôse an IV (archiv. dllle-et-Vil. L. 290 et non 807, comme l'indique faussemenl M. Lemas dans Un District breton), y fait allusion dans les termes suivants : « Un ex prêtre assermenté accablé d'infirmités âgé de 80 ans ne peut échapper ;\ leur fureur. Une mort ordinaire serait trop douce pour l'épouse d'un vertueux patriote : il faut la brûler a petit feu. Il ne faut pas faire périr tout d'un coup ce sexagénaire (sic) qui a donné !•• jour a un républicain : la mutilation successive de toutes les parties
A Grégoire.
Rennes 28 février 1796 (an IV).
... Nous sommes plus que jamais sous les poignards : il y a aujourd'hui huit jours, plus de vingt citoyens ont été massacrés. De ce nombre est un vénérable curé âgé de 77 ans. qui n'avait jamais quitté sa paroisse, où il entretenait l'amour de la république et celui de la religion. Il a voulu s'immoler pour ses chers paroissiens. Les chouans l'ont pris dans son église, l'ont dépouillé de ses vêtements, et conduit nu et couvert de boue a une lieue et demie de chez lui. à Romazy, où d'après un prétendu conseil de guerre, ils l'ont fusillé après lui avoir fait souffrir toutes sortes de tortures. Sa paroisse se nomme Rimoux, au district de Dol
Au Rédacteur des Annales de la Religion.
Rennes 12 avril 1796.
... Je vous annonçai il y a quelque temps la mort du citoyen Macé, curé de Rimoux. Ce respectable vieillard, depuis trente ans donnait dans cette paroisse l'exemple de toutes les vertus. 11 y faisait gratuitement les petites écoles, et, formés par ses leçons, dirigés par ses conseils, ses paroissiens ont toujours passé pour les plus zélés patriotes du district de Dol. Voila son crime impardonable aux yeux des chouans. Ni ses 77 ans, ni sa conduite toujours douce et pacifique, ni la vénération qu'on lui portait dans tout le canton, ni même les services qu'il avait rendus à plusieurs de ces hommes égarés, rien n'a pu arrêter leur fureur. Saisi comme il allait dire la messe, on le conduisit a une lieue et demie de là. et de sang-froid, on le massacra atrocement
de son corps est encore trop peu pour lui. Telles sont les horreurs qu'exerçaient à Riraou les scélérats qui s'en étaient rendus maîtres. » — Communication de M. Parfouru.
[Un habitant du village de La Gênais, qui. enfant, fréquenta l'école du curé Macé el devint professeur au collège de Rennes, mais a dil en quelques vers émus les sentiments d'estime et de vénération qu'il avait conservés à la mémoire de son ancien maître] :
Rimou sanctifié par un vertueux prêtre.
Qui daigna me servir de mentor et de maître: Macé, par ses vertus, pendant plus de vingt ans, Fut le père cl l'ami de tous les habitants.
Un séide vomi d'une plage étrangère L'assaillit tout a coup, et de son presbytère Le traîna sans pitié tout sanglant et meurtri Au delà du Couesnon, jusques à Romazy, Ou l'infâme assassin, comme un monstre féroce, L'égorgea de sang froid d'une manière atroce, Alors <pie le vieillard d'un air touchant et doux. Dit qu'il lui pardonnait de mourir sous ses coups.
Un bon samaritain mit dans le cimetière Son cadavre sanglant et le couvrit de terre. Depuis son ombre triste erre sur le chemin Qui vit couler son sang sous le fer assassin.
Ainsi périt Macé généreuse victime '.
Léo messidor an six (21 juin 1798).
L'administration municipale du canton de Bazouges la Pérouse certifie que le citoyen Jacques Louis Martin Huet ex vicaire de Rimou. natif de Roz sur Couesnon, 42 ans, a résidé sans interruption dans la dite commune de Rimou 2.
1. Description d'une campagne sur /es bords du Cout'snon, par M. Thébaut. — Rennes, chez Verdier.