‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 12 sur 91 · NOVEMBRE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE

sieur et cher confrère, votre très humble et très obéissant serviteur

Bigot,

desservant à Chalandey. dép* de l'Orne.

Notre ami Colas est mort en rentrant en France il y a 28 mois, m'a dit M. Loysel, notre confrère.

COMMUNE DE (JARFANTAIN

NOTICE

Cette commune n'eut pus trois années d'existence, car un arrêté du département du 21 Juillet 1192 la réunit à celle de Dol. Depuis le 11 mai 1163, Guillaume- Jacques Véron, originaire de Landehen (Côtes-du-Nord) . fils de Jean et de Françoise Lemeignan, en était le recteur et son frère Ciuillaume-Pierre le vicaire '. Ils refusèrent l'un et l'autre de prêter serment et, avec un autre prêtre, vicaire à La Fresnaye et natif de Carfantain. ils quittèrent leur paroisse le 10 septembre 1192, munis chacun d'un passeport, pour se rendre à Jersey. Le 25 Juin 1198, on dit le recteur rentré et caché à Dol ou à Carfantain. Il fut réinstallé dans sa cure en 1803 et mourut le 1 novembre 1801, âgé de 19 ans. Nous ne savons ce que devint son frère. Quant au vicaire de La Fresnaye, Joseph-Marie Morel, assassiné, croit-on. à Baguer-Pican en novembre 1193, ou plutôt 1195, il était né de Guillaume Morel et de Hélène Fanelle le 9 octobre 1163 2.

Sur une liste des prêtres réfractaires déportés rentrés, ayant reparu avant le 18 fructidor, figure un nommé Gilet. comme fanatique dangereux, caché à Dol ou à Carfantain.

1. C'est par erreur que, t. II, p. 254, il est dit être le neveu du recteur.

2. Cet assassinat ne nous parait pas certain, ainsi que nous le verrons en la 5e partie, commune de La Fresnaye.

DOCUMENTS

Dol, le 16 juin 1792, l'an 4 de la liberté française.

Nous avons déjà eu l'honneur, Messieurs, de solliciter votre amour pour la tranquillité publique et pour l'augmentation des ressources de l'Etat, de prendre un arrêté qui nous autorise à clore provisoirement l'église paroissiale de Carfantain. située à un quart de lieu et demi de notre ville ; deux motifs à la fois puissants et impérieux concourent à étayer cette clôture.

Le premier en ce que toutes les paroisses qui environnent celle-là sont toutes pourvues de prêtres assermentés qui seraient en paix, et dont les ouailles se rendraient à leur bercail, si Carfantain ne leur offrait pas un foyer de fanatisme, où l'erreur et l'ignorance dont on les a bercés les conduisent; depuis l'envoi que nous avons fait du sieur Gillot à Rennes, nous voyons l'église paroissiale de notre ville, où l'on ne comptait pas aux offices cent personnes, en réunir aujourd'hui huit cents à chaque des deux messes de notre curé; et l'harmonie prendrait racine ici entre les citoyens, si Carfantain. situé sous nos murs, était clos, car Dol fournit quelques assistants aux bonnes messes de cette paroisse: notre commissaire du Roi n'y manque jamais, et par là ne contribue pas peu à discréditer la constitution dont les curés élus par le peuple sont les enfants K

1 Arch. dép.. L. 2 V 6. — Lettre du directoire du district à celui du département.

Jugement du juge de paiœ de Pol, du 30 juin 1792, dont appel formé par Dubois- Jouey, docteur-médecin, tant comme de juge incompétent qu'autrement, et condamner le sieur Filleux pour réparation des injures, de menaces grossières, et de l'avoir accusé d'avoir mal dit de la nation1,

Ordonne que les parties feront de nouveau preuve de leurs faits respectifs, savoir le sieur Jouey, que le dimanche matin. 10 du mois de juin dernier, viron les sept heures et demie, sortant de la boutique de Marie Lesage. le sieur Filleux traitant de g... et de fils de p... ceux et celles qui venaient d entendre la messe à Carfantain. lui sieur Jouey lui répondit que ces assistants ne méritaient pas plus ces invectives que ceux qui allaient à Saint-Sanson2, que la liberté du culte ayant été décrétée, les opinions religieuses n'étaient point contraintes; ledit Filleux répliqua que lui sieur Jouey ne méritait pas d'avoir été officier municipal puisqu'il montrait mauvais exemple qu'il se f... de lui; et le sieur Filleux, que le matin du jour indiqué par le sieur Jouey, une femme de Baguer-Pican étant à sa boutique pour acheter de la marchandise, dit avoir été le dimanche précédent à la messe à Carfantain3. mais qu'elle n'était pas prête d'y retourner, car on lui avait volé pendant cette messe une tabatière qu'elle estimait beaucoup, que lui Filleux dit à cela qu'il croyait qu'il n'y avait que d'honnêtes gens à aller à cette messe, mais qu'il paraissait cependant qu il y avait des coquins et des filous, que le sieur Jouey passant dans ce moment se croyant molesté, répondit que des scélérats vont à la messe à Saint-Sanson et que des scélérats n'y vont point du tout, que par ces propos lui sieur Filleux, se trouvant vivement piqué, dit au sieur Jouey : il est bien étonnant qu'un ci-devant officier municipal tiennne un pareil langage; qu'à cet effet leurs témoins seront cités.

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