Arch. dép.. L. 9 M
a. Le sr Bl...d était prêtre insermenté et, sous la Restauration, est mort curé du Mont-Dol, dont il avait été vicaire avec M. Lesénéchal. (Note de l'auteur.)
essais, les fossés. Vainement le martyr les supplie-t-il, au nom du Dieu de miséricorde, de mettre un terme à ses tourments ; ils demeurent sans réponse et continuent leur course effrénée. Ils ne s arrêtent enfin que lorsqu'ils sont arrivés sous les murs de Dol, auprès de la métairie de la Fontaine-Rony, en Kercou.
Là, ils achèvent leur victime à coups de crosse de fusil, laissant son corps dans un état de nudité complète et cruellement défiguré. Le lendemain, la justice de Dol fit la levée du corps qui, transporté au Mont-Dol, fut inhumé sans honneur dans le cimetière paroissial, en présence de Julien Lechien et Nicolas Fleury. »
[Sur une feuille volante que nous possédons et sur laquelle se trouvent plusieurs notes manuscrites de la main de T. Gautier, nous lisons celle-ci : « Parmi les malheureuses victimes de la chouannerie à Mont-Dol, nous avons à signaler le curé constitutionnel Louis Lesénéchal, arraché de son presbytère dans la nuit du 28 au 29 juin. L'infortuné est attaché par les parties sexuelles avec une corde et est ainsi traîné jusqu'à Dol, auprès d'une ferme nommée la Fontaine-Roni, située au bas du faubourg de la chaussée. Là, les meurtriers l'achèvent à coups de crosse de fusil et le laissent entièrement nud. Et qui a commis une telle atrocité?... Des chouans, parmis lesquels la rumeur publique désigne deux parents de la victime, les nommés Busnel et Jean Delépine. »
Ici, comme on le voit, fauteur n'a<*cuse pas le prêtre Blanchard d'être au nombre des assassins, ainsi qu'il le fait dans la note en renvoi de sa brochure.]
Dol, 11 messidor an III de la République une et indivisible <29 juin 1795) '.
Les administrateurs du Directoire du Dol aux adr* du départ d'ille-et- Vilaine.
S'il est vrai que l'homme n'a aucun droit sur la pensée de son semblable et que tous peuvent lorsque la société n'en n'est pas troublée adorer la divinité à sa manière, n'est-il pas vrai aussi que le trouble, l'anarchie et le meurtre ne peuvent être considérés comme un culte ? Cependant par un oubli de la raison, depuis que les prêtres insermentés ont eu le droit de célébrer leur ministère, tous les crimes désolent la société, comme si le culte catholique commandait les forfaits ! Non, ce n'est pas un culte que celui de ces hommes qui ont oublié que pour plaire à la divinité, il ne faut qu'aimer Dieu et son prochain : le culte de ces prêtres n'est qu'un Roi, leur puissance et leurs biens. Avant l'apparition de ces hommes, les paisibles habitants des campagnes de notre district, n'entendant plus le malin esprit à leurs oreilles, vivaient en paix soumis aux lois de leur pays ; les chouans n'osaient y pénétrer et les vertus républicaines y avaient tellement fructifié que partout le citoyen y trouvait un asile assuré.
Tout à coup les prêtres insermentés recouvrents leur liberté 2 ; les prêtres cachés parmi leurs ennemis publics peuvent rentrer dans la société et sous prétexte d'un culte, ils prêchent sourdement la désobéissance aux lois et l'assassinat; partout il y a des méchants, ce sont ces hommes qui sous un nom religieux entourent les prêtres insermentés pour porter à leur voix, dans les paisibles demeures, la désolation et la mort.
La nuit du 10 au 11 de ce mois le nommé Lesénéchal, ci-de-