L. Manigault l
[Rennes. 8 janvier 1791 ]
Messieurs [les adrs du district de Dol].
Dans la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire en réponse à celle que vous m'avez adressée le 28 octobre dernier, je réclamais le payement d'une somme de dix mille quatre cents livres qui m'est due par MM. les religieux pour les fermages de 1789 et je vous priais de me faire délivrer une ordonnance sur le receveur du district pour la pension de l'année 1790 qui allait expirer. Je vous renouvelle aujourd'hui mes instances, étant vivement tourmenté par mes créanciers qui obtiennent des sentences contre moi: j'ai beau représenter que je ne touche pas mes revenus, je n'ai pu obtenir ni délai, ni aucun tempérament ; on m'objecte qu'aux termes des décrets, je dois être payé d'avance, et que si je ne l'ai pas été, je ne dois m'en prendre qu'à ma négligence. Veuillez donc bien, Messieurs, me faire délivrer au moins une ordonnance de payement à-compte de ce qui m'est dû. D'après létat de mes revenus ecclésiastiques, je crois que ma pension doit s'élever à 6.000 livres ; l'année 1790 est expirée et le premier terme de 91 devait être