Guillotin de Gorson, Les Confesseurs de la Foi
DOCUMENTS
6 avril 1190. — Le conseil et la municipalité de l'Abbaye, près Dol, assemblés extraordinairement tant pour organiser la milice nationale que prêter le serment civique, même faire marcher les drapeaux de la loi martiale par toutes les rues et carrefours de ce bourg" et paroisse et publier les décrets rendus à ce sujet; l'heure de trois heures et demi, à l'issue des vêpres, étant arrivée, nous. Julien Blandin. de Mutelien. maire: Pierre Ogé et Mathurin Launay. officiers municipaux ; René- François-Thimoté Juhel de la Plesse. procureur syndic, et nous. Charles Delapierre, greffier, ayant à notre tête François Cotard. notre hérault. et les notables de cette municipalité à notre suite, rapportons que nous nous sommes transportés de la maison commune avec les milices et garde nationale sous les armes, en l'église de l'Abbaye, où étant arrivés tambour battant et drapeaux de la loi martiale déployés, nous nous sommes avancés à l'autel : Messieurs les prêtres du séminaire de Dol y étant, les discours ayant été prononcés par M. Juhel de la Plesse. procureur syndic. M. le Maire a déclaré devant I Assemblée, à haute voix, que lui et les membres qui composent cette municipalité promettent d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi ; ensuite tous les autres officiers ont dit et déclaré, chacun en levant la main : nous le jurons ; la garde nationale, défilant, a prêté le même serment avec les mêmes expressions que la municipalité, ayant le sieur Pierre Renault à sa tête, le tout en présence du public de tous rangs et de toutes classes, même de la milice nationale de la ville de Dol, rangée sous ses drapeaux dans l'église ; ensuite la bénédiction des drapeaux de la loi martiale ayant été faite par messire abbé Darqueville, prêtre, le même a entonné le Te Deum au son de
toutes les cloches de cette paroisse ; de plus, rapportons que la troupe entière s'étant mise sur deux lignes, le clergé et la municipalité au milieu, on a été processionnellement au haut de la rue mettre le feu au feu de joie dressé ; ensuite de quoi la loi martiale a été lue à haute voix par nous, greffier, au devant de la compagnie des gardes nationales de l'Abbaye, dans toutes les rues de ce bourg, en présence d'une grande afïluence de peuple tant de cette paroisse que de la ville de Dol et des campagnes voisines.
De tout quoi. etc.
12 septembre 1190. — Le Procureur de la commune entré au conseil a remontré que ce jour, à la grandmesse, le sieur Levrel, prêtre du séminaire, faisant fonction de vicaire, ayant fait le prône, a déclaré au public qu'il ne lirait les décrets qu'à la fin de la messe et en conséquence a donné les prières nominales, lu l'évangile et fait un sermon, ensuite a descendu de la chaire et la messe s'est finie, et après le dernier évangile, il a remonté en chaire et a commencé à lire les décrets reçus du jour d'hier de la part du Directoire du district de Dol, lui envoyés et remis par le sr Pierre Ogé. officier municipal, alors plusieurs personnes sont sorties de l'église et beaucoup ont restées pour entendre ladite lecture.
Le Procureur de la commune ne veut pas critiquer ce que le sieur vicaire a fait, mais cependant il croit que c'est contrevenir aux décrets de l'Assemblée Nationale et notamment à celui du 2 juin dernier qui prescrit expressément aux curés et vicaires de lire nominativement au prône les décrets de l'Assemblée Nationale et ensuite au procureur de la commune de rapporter procès-verbal de la contravention où seront tombés lesdits curés et vicaires à cet égard ; en conséquence il a cru devoir donner connaissance et informer la municipalité de ce fait afin qu'elle prenne une délibération à cet égard et qu'elle se consulte comme bon lui semblera. Et a signé avec le secrétaire.
22 septembre 1190. — La Municipalité, etc., à l'égard des
décrets lus après la messe, l'usage étant constant à Dol et dans les paroisses circonvoisines de les lire après la messe, le conseil estime qu'aussitôt qu'ils sont lus en chaire il n'y a pas grand inconvénient à craindre de cet usage.
... Le conseil, suivant un état lui remis par M. Delaunay, supérieur du séminaire de Dol. datte du 5 présent mois et signé de lui, lesdits biens se montanten revenu net à 4,035 livres, estime et n'a pas connaissance que par ailleurs lesdits biens vaillent davantage.
0(;É. off. mal. Blandin,
Launa\. off. mal. maire.
Etat dont est mention à la délibération du 22 septembre pour être transcrit au présent, où at écrit ce qui suit :
Charges du séminaire pouk 1790.
Le séminaire est obligé de payer à l'Abbaye
de Saint-Florent par an cy 306 1.
Le séminaire paiera cette année à M. le recteur
de Pleine-Fougères cy 1.800 1.
A Messieurs les curés de Pleine-Fougères. . . 1.400 1.
M. le Recteur et M. le curé de Notre-Dame' auront cette année tout le revenu que le séminaire perçoit des dixmes et des terres abandonnées.
A Mrs les recteurs et curés de Combourg à cause de la nouvelle augnementation à faire cette année environ 60 1.
A la cathédrale de Dol 4 boisseaux de froment. 29 1.
A l'hôpital de Dol 5 bx de froment 36 1. 5 s.
A la maison de retraite de Pleine-Fougères . 570 1.
A la seigneurie de Combourg 4 1. 16 s.
Pour la reconstruction et réparation des bâti-