‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 47 sur 91 · Archives du département d'Ille-et- Vilaine · texte numérisé non relu

Archives du département d'Ille-et- Vilaine

tiste Delfosse. demeurant au Tertre Ichot, en cette paroisse, deffendeur ;

De la part dudit sieur Poilvilain, a été exposé que le 22 de ce mois étant entré chez le curé de Hirel et y ayant couché, ledit sieur Delfosse entra dans sa chambre ; après lui avoir dit qu'il lui avait volé deux cent cinquante livres il y avait quelques jours, et après lui avoir fait plusieurs menaces, il lui escroqua son portefeuille dans lequel il estime qu'il pouvait y avoir, d'après l'observation dudit Delfosse, la somme de 200 livres, motif pour lequel il a été oblig'é de se pourvoir et de donner signification audit sieur Delfosse à comparaître, aux trois heures de l'après-midi de ce jour, à l'audience de notre tribunal de police correctionnelle par exploit de Moquet. notre huissier, pour s'ouïr ledit sieur Delfosse condamner à remettre audit sieur Poilvilain la somme de 200 livres qu'il lui a escroquées avec menaces et pour être en outre condamné aux dépens, dommages et intérêts, requérant sur le tout les conclusions de M. le procureur de la commune pour l'exécution

de la loi et a signé après lecture :

Poilvilain.

De la part dudit sieur Delfosse, a été répondu qu'il conteste absolument avoir volé ni escroqué le portefeuille dudit sieur Poilvilain ; qu'il est bien vrai que le mercredi 22 de ce mois, un matin, il fut chez le sieur Asséré, curé de la paroisse de Hirel. son ancien confrère, qu'il trouve ledit Poilvilain couché dans un lit dudit sieur Asséré et qu'après lui avoir fait les civilités ordinaires du bonjour, il lui fit part des regrets qu'il avait de la perte d'une somme de 250 livres qu'il avait, il y a environ quinze jours, dans le temps même que le demandeur lui avait lait plaisir de venir le voir et auquel il avait fait les honnêtetés possibles comme à un ancien confrère, que ledit sieur Poilvilain lui répondit qu'il n'avait nulle connaissance du vol dont il lui parlait, qu'il en était absolument innocent, que sur ces propos intervint ledit sieur Asséré, qui venait de dire sa messe, et ayant entré dans la chambre où était couché ledit

sieur Poilvilain. ils descendirent le sieur Asséré et le deffen-

deur dans la salle pour déjeuner et qu'ils laissèrent ledit sieur

Poilvilain dans sa chambre, et que, peu de temps après et

après avoir fait sa toilette, le demandeur quitta le presbytère

dudit sieur Asséré sans se plaindre de la filouterie dont est

question, qu'étant parfaitement innocent du délit, il demande

en conséquence au tribunal ordonner ledit sieur Poilvilain de

reconnaître qu'à tort et injustement il l'a traité d'escroc par

le libellé de son exploit et qu'en conséquence il soit condamné

de payer en forme d'aumône, au profit des pauvres de cette

paroisse, la somme de vingt-quatre livres et que deffense soit

faite audit sieur Poilvilain de tomber en pareille faute et a

signé après lecture

F. J.-B. Delfosse

De la part dudit sieur Poilvilain a été dit que les motifs de deffense de M Delfosse lui donnent tous les avantages de triompher et de l'iniquité de l'accusation dudit sieur Delfosse, que sur les huit ou neuf heures il frappa brusquement à la porte de la chambre où il était couché; qu'à ce bruit il ne répondit rien, qu'aussitôt le sieur Delfosse ouvre brusquement cette porte, que le sieur Poilvilain ayant demandé : qui est là? personne ne lui répondit; qu'aussitôt il dirigea ses pas vers la croisée et en ouvrit les abat-vent, qu'à l'ouverture il reconnut sa figure et lui souhaita le bonjour en ami; à quoi répondit qu il n'était pas son ami puisqu'il avait abusé de sa confiance dans le séjour qu'il avait fait chez lui, qu'ayant eu la témérité et le front de lui voler deux cent cinquante livres avec effraction, à quoi ledit sieur Poilvilain répliqua qu'il était incapable de commettre un pareil crime, qu'aussitôt ledit sieur Delfosse tira un sabre qu'il avait caché sous son habit; armé d'une ceinture où il y avait deux pistolets en lui disant : rends-moi la somme de deux cent cinquante livres que tu m'a volée! Ledit sieur Poilvilain répondit : Non, je ne te dois rien, je ne t'ai point volé, je ne te rendrai rien ! Que ledit sieur Delfosse ayant le sabre nud levé sur sa tête, ledit sieur Poilvilain lui

dit : Frappe si tu l'oses, achève ton crime; qu'un remords l'ayant fait rengainer son sabre et ayant cherché inutilement son portefeuille il sauta aussitôt à la valise du sieur Poilvilain dont il tira tous les effets et s'empara d'une paire de boucle d'argent à pointe de diamant qu'il lui rendit après avoir trouvé son portefeuille qu'il avait mis sous lui la veille et qu'il avait été forcé de mettre entre la paillase et le matelas par les recherches réitérées qu'en avait fait ledit sieur Delfosse, et après avoir même culbuté tout son lit, que ledit sieur Delfosse remit audit sieur Poilvilain son portefeuille en présence dudit sieur Asséré en prenant les assignats et lui disant qu il prenait sa revanche, qu'au même moment ledit sieur Poilvilain souhaita le bonjour audit sieur Asséré en lui disant : Voyez comme on m'a fouillé chez vous, que ledit sieur Asséré se retira en déclarant qu'il ne voulait pas en prendre connaissance, en conséquence de quoi il persiste en ses conclusions prises par sa demande offrant de prouver les faits qu'il vient d articuler et a signé après lecture :

Pou. M [.AIN.

De la part dudit sieur Delfosse a été répliqué que le discours mal digéré dudit sieur Poilvilain est faux dans tous ses principes et qu'il conteste absolument tous les faits articulés contre lui en défiant ledit sieur Poilvilain d'en faire la preuve et a

signé :

Delfosse.

[Poilvilain est requis de faire la preuve par témoins.]

François Asséré, prêtre et curé constitutionnel delà paroisse de Hirel, dépose que venant de dire sa messe environ les huit à neuf heures du matin le mercredi 22 de ce mois, ayant rentré dans son presbytère et entendu du bruit dans la chambre ou avait couché ledit sieur Poilvilain. il y monta et vit ledit sieur Poilvilain et ledit sieur Delfosse qui se disputaient, que l'un reprochait à l'autre de lavoir volé et que celui-ci en faisait autant, que le déposant ayant fait reproche à ces messieurs de

se disputer aussi malhonnêtement, il avait laissé le sieur Poilvilain dans la même chambre et avait descendu avec le sieur Delfosse dans la salle où ce dernier lui raconta la perte qu'il avait éprouvée d'une somme d'argent qui lui avait été volée, qu'il soupçonnait ledit sieur Poilvilain d'être l'auteur du vol parce qu'il l'avait laissé à sa maison, seul, pendant le temps qu'il était à faire fanner du foin qu'il avait aux Ormes, qu'il avait d'autant plus lieu de le soupçonner qu'à son retour il avait trouvé la serrure de son armoire détachée, que ledit sieur Delfosse lui dit que cet argent ne lui appartenait pas, qu'il lui avait été donné par le sieur Flour, son commensal, pour faire tenir à la sœur de M. de la Bintinais; qu'après ces propos le déposant dit au sieur Delfosse et au sieur Poilvilain qui descendit dans le même moment qu'on avait tenté pareille chose le jour de la foire de Saint-Sanson dernière en essayant de forcer la serrure de son armoire; que le déposant soupçonnait également le sieur Poilvilain d'être l'auteur de cette tentative parce que d'abord celui-ci était resté seul à la maison du déposant pendant son absence et pendant le temps même que sa domestique était à couper de l'herbe, et par ce qu'en second lieu sa domestique lui avait rapporté qu'il paraissait qu'il était bien deffîant de porter toutes ses clefs, que pour lui il les laissait à la confiance de ses domestiques, que le sieur Poilvilain pria ensuite le déposant de garder chez lui la valise qu'il avait, mais que celui-ci le refusa en le priant de se retirer.

[Anne Crible, servante de M. Asséré, confirme ce récit.]

De la part dudit s' Poilvilain a été répondu que rien n'est plus injurieux que le soupçon qu'il a formulé contre lui, d'avoir tenté d ouvrir son armoire, parce qu'il en était incapable.

Le sieur Poilvilain est débouté de sa plainte, attendu qu'il n'a pas fait la preuve du vol dont il accusait le sr Delfosse, et reconventionnellement il est condamné à reconnaître, audience

tenante, qu'à tort et injustement il a traité d'escroc et de filou ledit sr Delfosse et qu'il s'en répent, le condamne de plus à la somme de vingt-quatre livres d'amende par forme de dommages et intérêts dudit sr Delfosse, applicables de son consentement aux pauvres de cette ville et le condamne en outre aux dépens 1 .

Municipalité de Dol.

22 avril 1793. — Louis Flour, prêtre, requiert le conseil général de la commune de lui délivrer un certificat de résidence, purement et simplement comme fonctionnaire public ou

pensionné de la nation.

Louis Flour, citoyen.

Directoire de Dol.

3 Juillet 1193. — Le directoire décide que, vu le certificat délivré au citoyen Devèse, cler tonsuré, ci-devant pensionné de l'abbaye de La Vieuxville et aujourd'hui de l'Etat, constatant qu'il a fait à Paris le serment prescrit par la loi du 14 août 1792, de lui faire adresser trois mandats de 200 livres chaque pour le traitement de ses trois trimestres réclamés.

6 août. — Réception d'un arrêté du département accordant une somme de 200 livres au citoyen Flour, pour façon de catalogue de la bibliothèque de la ci-devant abbaye de la Vieuville.

1. Nous avons hésité à reproduire cette pièce, mais elle montre si bien le peu d'honorabilité des moines de cette époque que l'on comprend le mépris qu'ils inspiraient et le discrédit qui en rejaillit sur les assermentés dont ils furent en grand nombre; c'est ce qui nous engage à la publier.

Registres de l'état-civil de la ville de Dol.

Quintidi sainque (sic) messidor an trois (23 juin 1795). née Marguerite-Amaranthe Delfosse, fille de Jean-Baptiste Delfosse, 46 ans, agriculteur, natif d" Angle Fontaine, district du Quesnay, département du Nord, fils de Jacques-Louis Delfosse, laboureur, et de Marie-Françoise Caffiaux, de Jeanne Lehoux, son épouse, 26 ans, fille de Bernardine Lehoux, originaire de La Boussac, accouchée d'hier.

[Une autre fille lui naquit à Dol le 15 vendémiaire an V (6 octobre 1796). 11 était alors instituteur.]

Le 12 nivôse an X! II (2 janvier 1805). acte de décès de J.-B. Delfosse. huissier au tribunal civil de Saint-Malo. et pensionnaire de l'Etat, ancien religieux de l'abbaye de la Vieuville et ancien curé de Baguer-Morvan, âgé de 55 ans, domicilié à Dol, en sa maison, rue Nationale, n° 5, mari de dllc Jeanne Lehoux...

COMMUNE DE BAGUERMORVAN

NOTICE

Population : en 1792.... 1,750 h.

Joseph Tourenne, né à Plesder, prêtre de Dol et vicaire à La Boussac, fut nommé à la cure de Baguer-Morvan le 13 août 111k. Il avait comme vicaire au moment de la Révolution Michel Lemarié. originaire de Cherrueix.

Recteur et vicaire, le 1k juillet 1190, prêtèrent le serment d'obéissance à la constitution du royaume, à la nation, à la loi et au roi, mais refusèrent plus tard de prêter celui de soumission à la Constitution civile du clergé Ils quittèrent la paroisse munis chacun d'un passeport, M. Lemarié, fin mars 1192, Joseph Tourenne, le 15 avril. Ce dernier, pour obéir à l'arrêté du département du 1k avril, se rendit à Rennes le 9 mai et élut domicile chez M. Séné, rue Philippe- Tronjolly,puis, en présence des troubles que le séjour de tous ces prêtres provoquait dans celte ville, en compagnie de plusieurs de ses collègues, il demanda et obtint le 18 juillet un passeport « pour sortir librement de l'empire français. »

M. Lemarié lui aussi émigra.

Le jour du départ du recteur, fut installé à sa place un vicaire assermenté de Roz-Landrieux, Pierre Mauj^er, nommé par les électeurs du district.

L'ancien prieur des Carmes de Dol, François Berthe. vint à cette même époque habiter Baguer-Morvan et promit de suppléer le recteur, mais celui-ci, mal vu de la municipalité, injurié par les habitants, se démit de ses fonctions le 12 février 1193 pour retourner à Roz-Landrieux remplacer le curé décédé.

Le 15 mars, le Directoire nomme à la place du démissionnaire Jean-Baptiste Delfosse, ex-bernardin de la Vieux-

ville, qui fut installé le Ier avril € sans opposition de personne. » Arrêté le 3 janvier suivant par ordre du comité de surveillance de Dol comme spoliateur de la bibliothèque de son ancienne abbaye, il déclare le 2 mars à la municipalité de Baguer qu'il renonce à toutes espèces de fonctions ecclésiastiques, retourne habiter Carfantain, se marie et. devenu huissier du tribunal civil de Saint-Malo, meurt à Dol le 2 janvier 1805 à idge de 55 ans x.

La chapellenie de Château d'Assy en cette paroisse avait comme titulaire en 1190 Pierre Mancel qui9 ayant émigré, mourut à Jersey le 7 octobre 1191 à l'âge de 45 ans.

\\. Tourenne reprit ses fonctions de recteur le k mai 1801, pour les continuer sans interruption jusqu'en 1811.

1. Voir, à son sujet : paroisse d'Epiniac; abbaye de la Vieuxville.

DOCUMENTS

Séance du 12 juillet 1190. — La municipalité a arrêté : 1° Que Messieurs les recteur et curé porteront la chape à tous les enterrements, services et baptêmes pour tous les paroissiens indistinctement ;

2° Que le bedeau sonnera pour les grand'messes des dimanches et fêtes, savoir : les deux premiers sons d'un demiquart d'heure chaque, et le troisième d'une demi-heure, dont un quart d'heure et demi avec la grosse cloche, et un demiquart d'heure avec la petite.

L'an 1190, le 1k juillet, jour à jamais mémorable, consacré par notre auguste Assemblée Nationale pour célébrer la fête de la confédération des Français, annoncée dimanche dernier au prône de le grand'messe de cette paroisse de Baguer-Morvan, et aujourd'hui par le son des cloches. La cérémonie commencée par Mrs Tourenne, recteur, Lemarié, curé, qui ont chanté le Veni Creator, l'autel dûment orné et illuminé, présents la municipalité, les deux compagnies de garde nationale et un grand nombre de citoyens de l'un et l'autre sexe, la messe a été célébrée par le sr Tourenne, recteur, qui, à l'endroit du prône, a fait le serment civique prononcé en ces termes : Je jure sur mon âme, au Dieu des armées, de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de remplir avec zèle les fonctions de mon ministère et de remplir également avec zèle et courage les fonctions civiles et politiques qui pourraient mètre confiées.

Le sr Lemarié. curé, a fait le même serment.

La messe a été terminée par un Te Deum chanté au son des

cloches, etc.

Signé : Racine, maire; Tourenne,

recteur; Pasquier, proc. de la

com.. etc..

Monsieur le Procureur syndic du district de Bol l.

Vous trouverez ci-inclus le procès-verbal de non prestation

de serment de Mrs nos curé et vicaire de notre paroisse de

Baguer -Morvan ; ils n'ont point voulu satisfaire au décret.

S'ils ont encore quelques délais, peut-être qu'ils satisferont.

J'ai l'honneur, etc.

Racinne, maire.

Fait en municipalité de Baguer-Morvan.

Michel Tourenne, curé, et Lemarié, son vicaire, n'ont encore fait aucune offre de prêter le serment prescrit.

Ce 30 janvier 1791-

Racinne.

Registre de la municipalité.

Mardi 2 août 1701. — Le procureur de la commune représente qu'il soit nommé deux trésoriers fabriciens pour le service de l'église pour Tannée 1792, également un provost du rosaire et un miseur des pauvres ; que la porte mortuaire du cimetière de cette dite paroisse est entièrement cassée et de nulle valeur, et même les parties des murs qui la contretiennent ; que l'église manque de couverture en plusieurs endroits, à tout quoi il est nécessaire de remédier, et. pour y parvenir, qu'il

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