‹ Le clergâe et le culte catholique en Bretagne pendant la râevolution: district de DolChapitre 55 sur 91 · Mairie de Baguer-Niorran · texte numérisé non relu

Mairie de Baguer-Niorran

20 octobre 179;!.

Le directoire de Dol au cuvé de Baguer-Morvan.

Nous recevons à l'instant, citoyen curé, votre lettre du 12 courant, portant copie du serment que vous vous êtes proposé de prêter devant la municipalité de votre résidence et quelle n'a pu recevoir, parce que son secrétaire, saisi de la loi, était absent. Nous vous observons que ce serment, qui n'en n'est pas un. mais une simple promesse, puisqu'il ne porte pas que vous jurez, mais seulement que vous promettez, renferme d'ailleurs des additions considérables et pour le moins inutiles; vous devez vous restreindre, dans les termes de la loi du 15 août et jurer tout simplement d'être fidèle à la nation, de maintenir de tout votre pouvoir la liberté et légalité ou de mourir à votre poste. Nous vous copions ici ces termes, afin que vous puissiez les répéter devant votre municipalité, lors même qu'elle ne trouverait pas la loi. Tout ce que vous y ajouteriez ne pourrait que nuire au lieu de servir.

Liste des prêtres qui ont habité la paroisse pendant les années 179Î-179Ï.

Joseph Tourenne, ex-recteur de Baguer-Morvan. 54 ans, natif de Plesder. a résidé en qualité de recteur en 1791, jusqu'au 15 avril 1792, jour de sa sortie, d'où il fut se rendre au département, suivant ce qu'il dit dans ce temps, sans savoir ce qu'il est devenu depuis. 11 lui fut délivré un passeport lors de son départ par le secrétaire de la municipalité de Baguer-Morvan. contresigné des officiers municipaux.

Michel Lemarié. de 30 à 32 ans, natif de Cherrueix. a pareillement résidé en notre paroisse en qualité de vicaire, pendant 1791 et jusque vers fin mars 1792, et partit muni d'un passeport

délivré par la municipalité, sans que nous sachions où il fut ni où il demeure présentement.

Déclarons, en outre, n'avoir aucune connaissance qu il habite ni qu'il ait habité aucun ecclésiastique non assermenté dans cette paroisse, depuis la sortie de ces derniers, à l'exception du sieur Avril, ex-recteur de Miniac-Morvan. qui résida à Baguer avec le sr Tourenne. environ un mois pendant le carême dernier et qui se retira sans passeport et sans que nous sachions ce qu'il est devenu.

Ce 21 janvier 1793.

Pasquier. maire. Leprince. pp de la com., Ollivier. secr.

Registre de la Municipalité.

Séance du 8 février 1193. — [D'accord avec la municipalité et le procurateur de M. Tourenne. le citoyen Delabarre, architecte à Dol. procédera au renable des réparations locatives du presbytère.]

Du 1k février 1193. an II de la République française, au greffe, a comparu le citoyen André-Laurent Leprince. pr de cette commune, lequel a déposé la démission du citoyen Pierre Mauger. de la cure de cette paroisse, en date du 12 de ce mois, ainsi que sa lettre d'adresse, lui envoyée avec ycelle démission, en date dudit jour, du dépôt desquelles il a requis acte

et a signé

Leprince.

15 mars 1193. — Vu la lettre écrite à ce directoire par le citoyen Mauger. prêtre assermenté, pour lui annoncer sa démission de la cure de Baguer-Morvan.

Les administrateurs composant le directoire du district de Dol, après avoir entendu le procureur syndic, considérant que la population de Baguer-Morvan est de plus de 1.500 âmes, qu'il serait gênant pour les habitants de cette commune, s'ils n'avaient point de ministre qui y exerçât habituellement les fonctions curiales. nomment pour curé provisoire de ladite paroisse de Baguer-Morvan. le citoyen Jean-Baptiste Delfosse, prêtre, ex-bernardin, conformiste à la loi du 4 août 1792; à charge à lui d'obtenir l'institution canonique, ainsi qu'il verra bon et de faire le serment prescrit par la loi dudit mois d'août.

Registre de la Municipalité.

L'an 1793, le lundi 1er avril, seconde fête de Pâques, aux dix heures du matin, s'est présenté devant la municipalité assemblée en la maison commune de la paroisse de Baguer- Morvan, le citoyen Jean-Baptiste Delfosse. prêtre constitutionnel de l'ordre de Saint-Bernard, lequel a présenté une lettre provisoire pour la cure de cette paroisse, lui accordée par le citoyen évêque de l'Ille-et-Vilaine, métropolitain du Nord-Onest, en date du 13 mars dernier, signé Lecoz. évêque d'Ille-et-Vilaine et métropolitain du Nord-Ouest, et contresignée P..., prêtre, de laquelle la municipalité a pris lecture et ensuite a conduit ledit citoyen Delîosse à léglise. où en présence du peuple assemblé pour y entendre la messe, un membre de la municipalité a fait lecture de ladite lettre et déclaré à tous les assistants que le citoyen Delfosse allait être installé dans la cure de cette paroisse et après qu'il eut répété le serment civique ainsi qu'il l'avait fait ci-devant au district de Dol. et célébré la grande messe, la municipalité l'a installé dans la cure de cette paroisse sans opposition de personne.

'5 mai 1193. — Le maire et citoyens municipaux assemblés

extraordinairement ont arrêté ce qui suit :

La ci-devant municipalité n'ayant point rempli le vœu de la

loi qui ordonne l'envoi de l'argenterie des églises de la république, etc.. , avons nommés pour commissaires les citoyens Gorvaisier et Mathurin Boursier, lesquels seront tenus et chargés de se transporter au directoire de Dol avec le citoyen J.-B. Delfosse, notre curé, pour y remettre l'argenterie de notre église, en prendre un reçu et présenter notre pétition pour obtenir des ornements demandés pour icelle.

Modèle de la pétition.

Les citoyens maire, etc., aux citoyens administrateurs du district de Dol.

Nous avons pris un arrêté tendant à vous faire remettre par nos commissaires y dénommés, l'argenterie de notre église au terme de la loi. Nous vous avouons que notre surprise a été sans égale en apprenant que l'ancienne municipalité chargée de remplir le vœu de la loi s'en était écartée, mais si vous vous rappelez, citoyens administrateurs, ces citoyens n'étaient pas dans les vrais principes. Nous nous empresserons donc de satisfaire à un devoir aussi sacré envers la patrie, car nous sommes tous vrais républicains et tiendrons nos serments jusqu'à la mort.

Nous sommes dénués, .citoyens administrateurs, d'ornements nécessaires à notre église, nous n'avons que des lambeaux d'étoffe noire tout à fait hors de service, il en est de même pour les chasubles de différentes couleurs ; nos aubes sont totalement déchirées et les cordons n'ont aucune valeur ainsi que les livres de chants.

Nous osons croire que notre vrai patriotisme vous engagera à venir à notre secours et à pourvoir à nos pressants besoins, d'autant que le mobilier des sacristies des ci-devant carmes et religieuses déposé en vos mains est dans le cas de satisfaire à notre légitime demande.

Veuillez, citoyens administrateurs, agréer notre pétition et

être d'avance persuadés de notre reconnaissance et de notre civisme.

En permanence à Baguer-Morvan, à la maison commune, le mai 1793, l'an 2e de la République française.

Nota. — Il est nécessaire que le curé signe dans l'arrêté qui sera pris au registre pour sa qualité de commissaire ainsi qu'au bas de cette pétition qui doit être signée par la majorité des officiers municipaux, du maire et du procureur de la commune, en sorte que trois officiers municipaux et le maire avec le procureur de la commune ayant signé, le curé devra signer pour acceptation de la commission, le tout contresigné du secrétaire greffier.

15 septembre 1193. — L'an deux, aux deux heures du soir, ont comparu au greffe de la municipalité Marie Tousnel et Julien G..., son mari, demeurant dans la paroisse de Plerguer, lesquels, en présence des citoyens Jacques Corvaisier, municipal, et Jean Glénot, procureur de cette commune, ont déclaré qu'elle, Marie Tousnel, a été conviée de la part de Pierre Agenais, son fils, de venir se rendre chez Joseph Lebihour, son beau-père, demeurant près le bourg de cette commune, chez lequel ledit Agenais demeure, pour être marraine de son enfant né ce jour ; que s'étant rendu dans ce bourg, vers les trois heures de l'après-midi, attendre qu'on eut apporté l'enfant à baptiser à l'église et ne voyant rien venir, elle a décidé de partir et daller chez Joseph Lebihour, pour savoir si ledit Agenais, son fils, était disposé à faire faire le baptême de son enfant. Lui absent, sa belle-mère et sa belle-sœur répondirent qu'il fallait manger de la soupe et qu'après on irait faire le baptême, à quoi elle a répliqué qu'il fallait plutôt faire le baptême à l'église plutôt que de manger la soupe, parce qu'elle voulait s'en aller dans le jour ; qu'elles ont persisté à lui dire qu'elles voulaient souper avant. A l'instant elle a sorti et est allée les attendre à la porte de l'église, croyant qu'elles allaient apporter l'enfant, et voyant qu'elles n'y allaient point et enten-

dant les cloches sonner, a vu les citoyens Gorvaisier et Glénot qui se sont informés pourquoi on sonnait; le sonneur a paru et a dit que c'était pour Tentant de Pierre Agenais, et ledit Gorvaisier ayant demandé à Agenais s'il n'entendait pas faire porter son enfant à baptiser à l'église, a répondu et par plusieurs fois que non, et qu'il n'y serait pas porté ; que lesdits citoyens Corvaisier et Glénot, soupçonnant qu'il y eut quelque prêtre réfractaire pour faire le baptême en secret, s'y étant transportés en écharpe municipale, y ont trouvé viron vingt personnes et puis se sont retirés pour en faire rapport sur le présent, ce qu'ils ont signé.

22 septembre. — La municipalité, assemblée, a comparu Pierre Agenais, demeurant dans le bourg de cette paroisse, mandé à la barre, interrogé pourquoi il y a aujourd'hui huit jours que sa femme accoucha dont l'enfant n'a point été porté à l'église à baptiser, a répondu qu'il ignore si son enfant est baptisé ; interrogé aussi pourquoi il a fait sonner les cloches pour son enfant, a répondu qu'il est venu, qu'il a fait sonner les cloches pour son enfant et qu'il donna dix sous au sonneur, et qu'il a fait enregistrer la naissance de son enfant chez l'officier public.

— Ouï le procureur de la commune en ses conclusions, vu le refus et la désobéissance dudit Agenais envers la municipalité, cette dernière a condamné ledit Agenais à trois jours de détention à la maison d'arrêt à Dol. lui enjoint de s'y rendre dans le jour et. faute à lui de s'y rendre, il y sera conduit à ses frais soit par les gendarmes ou l'huissier.

De plus, la municipalité arrête que les cloches ne seront point sonnées qu'après Y Angélus du matin et avant 1 Angélus du soir, soit pour baptême ou autres, et que le sonneur sera averti du présent arrêté.

29 septembre 1793. Van deux. — Sont nommés fabriciens pour le service de l'an 1794 Michel Ferrant et Jean Gitré. et que ledit Ferrant sera chargé de la vraie croix et Goupé pré-

vost du rosaire, pour miseur des pauvres Jacques Lebret. La municipalité décide que les cierges des enterrements et services seront payés à cinq sous par mèche, qui seront perçus par le premier fabricien et que le citoyen curé fournira tous les dimanches le mémoire de ce qu'il y en aura eu dans la semaine.

14 nivôse 2e année (3 janvier 1794). — Le concierge des prisons de cette ville fera bonne et sûre garde du citoyen Delfosse, curé constitutionnel de Baguer-Morvan, convaincu d'avoir spolié la bibliothèque de la Vieuxville.

Greffier,

Membre du comité de surveillance de Dol.

Déchargé le 23 nivôse 1793 {sic), l'an deuxième.

Ce 12 ventôse an II de la République française une et indivisible (2 mars 1794i, a comparu le citoyen Jean-Baptiste Delfosse ex-bernardin, curé constitutionnel de cette commune, lequel nous a déclaré renoncer à toutes espèces de fonctions ecclésiastiques, en foi de quoi nous nous proposons de lui en délivrer une expédition. Fait à la maison commune de Baguer- Morvan, jour et an que dessus

[De l'écriture et signé] Delfosse, curé.

30 floréal a n 7/(19 mai). — Accordé vingt et une livres à Bertrand Legendre pour descendre la croix de dessus le clocher de la ci-devant église.

[Il touche cette somme le dix messidor et en plus cinquante sous pour avoir coupé les fleurs de lys de dessus le pavillon du presbytère.]

Directoire du district.

5 prairial an II (24 mai 1794). — Vu l'extrait du registre du comité révolutionnaire de la commune de Dol en date du 4 de ce mois portant que le citoyen Gérard, faisant patrouille

avec un membre du comité révolutionnaire, se sont transportés dans la ci-devant église de la commune de Baguer-Morvan où ils ont trouvé plusieurs ornements tels que chasubles, devant d'autels, tapis et autres objets, même l'autel garni de linge et de cierges, et du cierge pascal, portant de plus que la municipalité leur avait, avant leur entrée dans ce lieu, déclaré qu'elle avait rendue les ornements d'église au district de Dol, enfin ils disent que cette municipalité leur avait refusé la clef de trois placards dont ils requéraient la visite et qu'elle s'est même opposée à ce qu'ils y apposent les scellés,

Vu encore le procès-verbal des officiers municipaux de la commune de Baguer-Morvan disant qu'ils ont trouvé dans les vallées de Halouze, situées dans leur commune, un paquet de débris d'ornements d'églises. Les administrateurs, etc., considérant que la municipalité de Baguer-Morvan s'est rendue gravement coupable en soustrayant à la république des effets qui lui appartiennent, considérant que les cierges qui garnissaient l'autel et le cierge pascal annoncent qu'ils protègent le fanatisme, considérant enfin leur refus de fournir les clefs de trois placards et leur refus d'y mettre les scelés,

Arrêtent que le citoyen Gautier, administrateur, se rendra demain avec dix hommes pour faire apporter à l'administration de ce district tous les effets qu'il pourra trouver dans l'église ainsi que dans les trois placards, il interrogera à ce sujet la municipalité, aussi bien que sur le paquet trouvé dans les vallées, il cherchera, enfin, par tous les moyens possibles, à découvrir les principes de cette municipalité afin de mettre cette administration en état de faire punir cette municipalité s'il y a lieu et rapportera, du tout, procès-verbal.

Certifions sur l'attestation de , que le citoyen J -B. Del-

fosse, âgé de 46 ans. ci-devant curé constitutionnel de Baguer- Morvan, taille de cinq pieds trois pouces, cheveux et sourcils blonds, yeux bleus, nez gros et long, bouche moyenne, front

haut, visage oblong, réside depuis un an, maison appartenant au citoyen Bobigny. au lieu du Tertre Ichot. depuis le 15 mars 1793, ci-devant commune de Carfantain, réunie à la ville de Dol.

Le 6 germinal an III (26 mars 1795) ».

Extrait du registre des soumissions au directoire du district de Dol.

Du 1 prairial an III de la République (26 mai 1795). — Au directoire du district de Dol ont comparu les citoyens François Marie Deminiac et Joseph-Marie Bertrand, demeurant séparément en la commune de Baguer-Morvan, lesquels ont demandé que cette administration leur permette d'occuper l'édifice national, connu sous le nom d'église de Baguer-Morvan, pour y exercer leur culte et y faire dire la messe, sous leurs offres d'en payer le loyer et de remplir exactement les autres conditions qui pourront être portées et réglées avec la nation soit par un bail ou de toute autre manière et ont signé.

Les administrateurs du district de Dol. après avoir ouï le procureur syndic, vu l'arrêté des représentants du peuple, daté de Rennes le 23 germinal dernier, autorisent les citoyens Deminiac et Bertrand à occuper provisoirement l'édifice mentionné, connu sous le nom d'église de Baguer-Morvan, pour l'exercice de leur culte et même faire dire la messe aux conditions par eux établies et conformément aux dispositions dudit arrêté, parce qu'ils donneront connaissance du présent à la municipalité de Baguer-Morvan à laquelle ils indiqueront l'heure de l'exercice de leur culte afin que ladite municipalité puisse y exercer sa police conformément aux lois.

Signé au registre : Perrin, Morault, Lepoitvin, administrateurs ; Corbinais, procureur syndic ; Lecompte, secrétaire *.

Page 1