Greffe de la justice de paix de Dol
même Catherine étant chez Julien Viot. cabaretier, demeurant à l'abreuvoir Laurent, au Petit Kercou. il dit que s'il allait à la messe du sieur Bobon. il croirait commettre un sacrilège, d'autant qu'il n'était pas plus prêtre que son cul; qu'il entend faire preuve de ces faits par les dépositions de Joseph Lechien, Sébastien Artur, Louis Yvet. Thérèse Erabi. Mathurin Lemercier, Fr. Ame. Julien Couapel. Mathurin Couapel. Mathurin Robert, et Julien Viot. en cas toutefois que ces faits soient contestés par Catherine.
Et par ledit Catherine a été dit qu'étant chez Julien Viot, Mathurin Lemercier et Mathurin Robert. 1 ayant traité d'aristocrate, lui dirent qu'ils le conduiraient à la messe du sieur Bobon, qu'il leur répondit qu'il se foutait d'eux comme du sieur Bobon. qu'il ne savait pas s'il était prêtre et n'avoir tenu autres propos, qu'au surplus il conteste avoir rien dit sur le compte du sieur Bobon à l'époque du 27 mai.
En conséquence ledit sieur Bobon a demandé acte au tribunal de la présence de ses témoins et qu'il soit procédé à leur audition, et évocation faite desdits témoins sont comparus : Joseph Lechien. âgé de 36 ans, demeurant Basse-Roche, en Baguer-Pican; Sébastien Artur, journalier, 37 ans, demeurant au même village ; Louis Yvet, journalier. 44 ans, demeurant au même village; Thérèse Erabi, journalière, 28 ans, demeurant au même lieu ; Mathurin Lemercier, laboureur, 29 ans, demeurant à Pian, en Baguer-Pican; Mathurin Robert, laboureur, demeurant à la Rivière, paroisse de Saint- Broladre, âgé de 25 ans; et Julien Viot, laboureur, 42 ans, demeurant à Labreuvoir Laurent, paroisse de Notre-Dame, et sur ce que François Ame et Julien Couapel n'ont comparus, le tribunal en a donné défaut et les a condamnés dans l'amende de dix livres et permis de les réassigner à leurs frais.
— Joseph Lechien dépose que passant un jour, revenant de son travail ordinaire, auprès de Catherine qui parlait avec Julien Couapel et François Ame, il entendit ledit Catherine leur dire que le curé de Cherrueix était un intrus, et n'avoir connaissance d'aucune autre chose.
— Sébastien Artur dépose qu'étant un jour chez Julien Viot pour boire une chopine, Catherine, qui s'y trouva, dit qu'il n'irait pas à la messe du sr Bobon, qu'il ne savait pas de qu'elle part il était prêtre, que s'il l'était il avait donc été fait prêtre par son chien à lui Catherine, et qu'il n'était pas dans le cas d'administrer aucuns sacrements, et c'est tout ce qu'il a dit savoir.
— Louis Yvet dépose que passant par la cour de Thérèse Eraby, voisine de Catherine, il entendit ce dernier parler de M. Bobon à des particuliers qui se trouvaient chez lui et leur dire qu'il ne méritait pas plus dire la messe que son chien.
— Thérèse Eraby dépose qu'étant voisine de Catherine, elle l'a entendu dire à différents particuliers qui étaient dans sa boutique que tous les prêtres intrus n'étaient pas plus chrétiens que son chien, que ce ne serait pas le sr Bobon qui baptiserait l'enfant que sa femme portait, qu'il ne recevrait pas ce sacrement d'un apostat de sa façon.
— Mathurin Lemercier dépose qu'étant à boire chez Julien Viot et Catherine y étant, celui-ci dit qu'il n'irait jamais à la messe du sr Bobon, qu'il n'était pas plus prêtre que son chien et que c'était un bougre de merdoux.
— Mathurin Robert dépose qu'étant à boire chez Julien Viot avec Catherine et autres, ledit Catherine leur dit qu'il ne regarderait jamais le sr Bobon pour prêtre, que s'il l'était il avait été fait prêtre par son chien, qu'il n'assisterait jamais à sa messe, et que si il y assistait il ferait un sacrilège.
— Julien Viot dépose qu'un jour Catherine étant à boire chez lui avec autres, ils se disputaient en se qualifiant d'aristocrates et de démocrates. 11 entendit Catherine dire qu'il n'était pas foutu pour aller à la messe de M. Bobon pendant qu'il la trouverait ailleurs, mais que lui déposant étant sorti dans son jardin il ne fit pas attention aux autres propos qui furent tenus.
En cet endroit ont comparu François Ame et Julien Couapel. Relevant le défaut qui avait été prononcé contre eux, le tribunal les interroge :
226 COMMUNE DE BAGUEK-PIGAN
— Julien Couapel, laboureur, âgé de trente ans. demeurant paroisse de Cherrueix, dépose qu'étant un jour avec Catherine et François Ame, ledit Catherine étant ivre leur dit que M. Bobon n'était point prêtre, qu'il ne l'était pas plus que son chien, que celui de Cherrueix était un intrus, et celui du Mont- Dol un apostat.
— François Ame, laboureur, âgé de trente-deux ans, demeurant en Mont-Dol, dépose qu'en revenant de Dol avec Catherine qui était ivre, ce dernier lui dit que le sr Bobon n'était pas plus capable de dire la messe que son chien, que le curé de Cherrueix était un intrus et celui de Mont-Dol un apostat.
Le tribunal, après avoir ouï le procureur de la commune dans ses conclusions, vu, etc., considérant qu'un tel langage tenu à différentes époques et devant divers particuliers ne tend qu'à la subvertion du bon ordre et à détourner les fidèles de l'exercice du culte auquel ils sont religieusement attachés, a condamné et condamne ledit Catherine de reconnaître devant la municipalité assemblée de la paroisse de Baguer-Pican, laquelle sera convoquée à cet effet, qu'à tort, méchamment et calomnieusement, il s'est servi des propos ci-devant tant envers le sr Bobon qu'envers les srs curés de Cherrueix et Mont- Dol, qu'il s'en repend et s'en dédit avec protestation de ne pas récidiver, desquelles protestations il sera dressé procèsverbal à la diligence du sieur procureur de la commune de Baguer-Pican dans le délai de quinzaine, le condamne en outre dans une amende de douze livres applicable suivant la loi et dans une détention de vingt-quatre heures seulement, à laquelle dernière condamnation il sera tenu d'obéir dans le délai de huitaine en donnant avis au sr juge de paix de ce canton de l'heure de son entrée et faute d'obéir à l'une des condamnations ci-dessus, le tribunal le condamne dès à présent à une détention de trois mois, et afin que la présente puisse devenir exemplaire, ordonne que trois expéditions de la présente seront délivrées aux frais dudit Catherine, et lues et publiées aux prônes ou issues des grandes messes des paroisses
de Baguer-Pican. Cherrueix et Mont-Dol ; le condamne en outre aux dépends que nous avons liquidés à 43 livres 10 sous; retraits et délivrances et autres droits de la présente, en outre. Fait et arrêté, etc.
Directoire du district.
2L juillet 1192. — Instruits par la voix publique et par des avertissements arrivés au directoire qu'il se fait des rassem blements de prêtres insermentés et autres personnes suspectes à la maison de la Mancellière, chez le sieur Ranconnet, lesdits administrateurs, après avoir entendu M. le procureur syndic, arrêtent qu'il sera sur-le-champ descendu audit lieu pour s'assurer du fait et nomment pour commissaires civils MM. Fristel et Plainfossés.
Je soussigné, maire de Baguer-Pican, certifie que les sieurs Huni et Riche, gendarmes à la résidence de Dol. sont venus ce jour pour faire perquisition nécessaire pour le sieur Longrais, chapelain de la Mancellière, afin d'un réquisitoire de MM. les administrateurs du Directoire du district de Dol en date du 19 de ce mois, lesquels m'ont requis de les accompagner dans cette perquisition. Avons appris qu'il est absent depuis environ deux mois, ce que nous certifions véritable.
Ce 21 juillet, Tan 4e de la Liberté 1792.
Pigeon, maire *.
Ecclésiastiques non assermentés qui ont résidé dans la commune de Baguer-Pican en 1791 et 1792.
Thomas Forget, de Pontorson, recteur. 30 ans, absent depuis le 22 avril 1792. — Obtenu un passeport le 16 septembre pour se déporter.