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Nous en avons la conviction. Car, en voyant l’école radicale proclamer hautement ses sympathies pour les hommes qui persécutent le catho licisme en France, il est impossible de ne pas voir que nous marchons à pas rapides à un effort suprême contre les droits de l'Eglise et du clergé.
La malheureuse loi des élections contestées, ou plutôt l'interprétation anti-catholique que les libéraux ont fait consacrer par plusieurs juges, est une arme dangereuse, et qu’il faut briser avant qu’elle ait fait plus de mal et qu’il ne soit trop tard.
Nous n’avons qu’à le vouloir, et elle disparaîtra de nos statuts
Que le clergé ne laisse pas détruire sa puissance: nous Pen supplivns dans l'intérêt de notre chère province de Québec. Elle ne restera française qu’en autant qu’elle sera attachée à l'Eglise qui l’a en fantée à la vie des peuples, qui veillé sur elle avec toute la tendresse d’une mère au cœur pur et généreux.
Certes, ces soins ialoux dont nous
SR
avons été l’objet de la part de l'Eglise, sont parfois récompensés par ure singulière ingratitude
En lisant les écrits que M David a récemment publiés contre le clergé, nous y ävons rencontré une pensée qui nous a fait mal au «œur.
Discutant la question des immunités, cet écrivain s’est exclamé : «Mais les protestants, ne reconnaissant pas l'autorité ecclésiastique, pourraient donc seuls poursuivre les prêtres catholiques! C’est une distinction dont la pensée seule révolte.»
Un journaliste, qui se dit catholique, en être arrivé à envier aux protestants leur hérésie, au moyen de laquelle ïls se soustraient à l’obéissance due à l’ Eglise ! La pensée d’une distinclion entie catholiques et protesiants, an point de vue des droits de l'Eglise, qualifiée de chose révoltante ! Par un catholique!
Voilà où peut pousser la haine contre le clergé, doublée d’orgueil et d’amer dépit,
M: David voudrait évidemment, pour gouverner PEglise ( catholique, une espèce de synode dans lequel
il donne’ait ses conseils et ferait loi, tout comme *#, Thomas White dans le synode anglican.
M. David aime particulièrement à accuser le clergé d’empieter sur les droits du pouvoir civil Nous voudrions bien qu il uous dirait d'où est venu lPempiètement dans le cas de la loi des élections ?
Est-ce l'Eglise qui a proclamé une doctrine gènante pour 1 état ?
Ou sont-ce les juges de Pétat qui essaient d’asservir l’ Eglise par lapplication tyrannique d’une loi qui, daus la pensée de ses auteurs, n'avait ni ce but ni cette signification ?
M. David est un vieil ennemi du clergé. Chaque fois qu’il a trouvé l’occasion, il en a profité pour e sayvr de peräre la hiérarchie catholique dans l'esprit du peuple.
L'espace ne nous permet pas de citer un grand nombre d’écrits dans les quels il a déployé l’acharnement dont il fait preuve aujourd’hui.
En 1875 il posa sa candidature
dans le comté d’'Hochelaga : les électeurs lui refusèrent le mandat de député. Furieux, exaspéré, il entreprit une campagne contre le clergé, qu’il tenait responsable du peu de confiance qu’il inspirait.
Lisez les lignes suivantes dans lesquelles il accuse le clergé d’avoir soutenu des hommes souillés de tous les crimes, de prétérence à de bons citoyens, comme lui, le citoyen L. O. David, qui n’avaient à cœur que l'intérêt et l'honneur du pays.
‘“ Lorsque les élections commencèrent dans la province de Québec, tous les hommes qui ont à cœur l'intérêt et l’honneur du pays étaient convaincus que le peuple condamnerait la politique désastreuse suivie par le parti tory à Québec.
Sept années de mauvaise administration, de gaspillage et de corruption couronnées par le scandale des Tanneries, devaient suffire, il semblait, pour faire condamner cé parti pour toujours.
“Mais on ne prévoyait pas que le clergé prendrait fait et cause pour le gouvernement de Boucherville et ferait de la lutte une lutte relivieuse, que les candidats de l’opposition seraient tous traites, plus ou moins, comme des ennemis de la religion, des hommes entachés d’un libéralisme : éfendu par l'Eglise. …
‘ Pouvaient-ils s'attendre à être deénoncés comme des mauvais catholiques
dé. *-
me ff se
lorsqu'ils n'avaient d'autre intention que de revendiquer l’honneur de leur pays et de continuer la lutte en faveur des réformes dont le pays a besoin encore ?
“ Pourtant c'est ce qui est arrivé ; on a voulu faire passer pour des libéraux dangereux, des hommes qui non seulement n’ont jamais protessés les principes du libéralisme, mais qui en ont même rejeté le nom ; on les a dénoncés comme de mauvais catholiques au profit de gens qui ont été officiellement trouvés coupables d’avoir vendu les contrats et gaspillé la propriété publique pour corrompre le peuple.
& (n a fait passer pour des ennemis de l'Eglise des hommes dont tous les écrits et les discours ont toujours été inspirés par le sentiment religieux, dont la conduite morale et religieuse était inattaquable, seulement parce qu’ils avaient le tort de n'être pas les j artisans de M.
de Boucherville !
& Mais est-ce qu’il ne nous sera plus permis d'aimer notre pays et notre religion, et de les servir suivant notre conscience et notre jugement si nous ne sommes pas prêts à supporter M. de Boucherville, M. Ouimet, ou M. Chapleau ? Alors il ne reste donc plus qu’un parti à prendre à ceux oui ne pouvant approuver une politique oue leur conscience réprouve, ne veulent pas non plus passer pour de mauvais catholiques ?
—Abandonner la vie politique et laisser le champ libre aux chevaliers du Pacifique et des Tanneries. ??
Un autre jour, il se déclare, sans
cérémonie. sans prétention, meillour
top
catholique que tous ces prêtres qui font trembler ceux qui 6sent revendi:
quer leur honreur et leur réputation, ces prêtres qu’il appelle avec un fier dédain «certaines personnes ».
Triste situation que la nôtre! C’est en tremblant qu’on ôse revendiquer son honneur et sa réputation, car tout chez nous est un crime; nous n'avons pas plus le droit de nous défendre contre les outrages qui viennent de certaines personnes, que d’aimer et servir notre pays suivant notre jugement et conscience...
“Oh! pour subir ces humiliations, sans rien dire, il faut être meilleur catholique que ceux qui nous persécutent, car, qne ne feraient-ils pas, eux, à notre place ? Taisons-nous, souffrons en silence, mais ayons au moins assez d'énergie pour dire, une fois, ce que nous pensons dans l'intérêt de la religion et de la patrie, pour éviter autant que possible des abus et des injustices que des hommes de cœur ne peuvent s'empêcher de ressentir et qui finissent tôt ou tard par causer des tempêtes...
Les curés d'Hochelaga furent naturellement en butte à ses rancunes envenimées par l’insuccès. M. David assure gravement qu'il ne l’ont pas appuyé parcequ’il n’a pas voulu voler le pays ! |
‘Il y a beaucoup d’endroits dans le comté où les gens croient sincèrement
que M. David a déjà un pied dans l’enfer.
Quelques jours avant la votation, on disait sérieusement dans une réunion de conservateurs que M. David ne serait jamais enterré dans la terre sainte.
& Et tout cela parce que M. David a mieux aimé dénoncer les gens qui volent le pays que de voler avec eux!
ü Ceux qui dans cette élection ont voulu faire croire au peuple que M. David professait les doctrines libér:les contre lesquelles on s'élevait avec tant de force, ont commis un acte malhonnête et injuste. Dieu et les hommes ont le droit de leur en demander compte. Ils ont calomnié sciemment, dans l'intérèt d’un parti vermoulu, un homme dont ils ne savaient comment détruire le caractère etla réputation. Si l’on croit servir la religion de cette manière on se trompe étrangement.”
A ses yeux de catholique qui n’écritque « pour la religion et la patrie»
l'influence du prêtre estune effroya ble tyrannie.
Ii constate aussi que le clergé préfère la canaiile aux gens respectable, les hommes qui ont livré au pil lage le domaine p'blic, les sréculateurs etc, aux hommes instruits, hon nêtes, dévoués.
Il accuse la hiérarchie catholique de bénir les malversateurs publics et de maudire les bons citoyens,
ire
“Ilyaeu bien des tyrannies dans le monde, maïs 11 n’y en a jamais eu de pire que celle là, de plus humiliante au moins.
Jamais l'honnêteté, les convictions, le talent et le patriotisme n’ont été plus audacieusement bafoués, plus cyniquement livrés à la risée publique !....….
Or jamais la religion dans ce pays n'a été plus indignement mise au profit d’un parti que durant les dernières élections.
“ Car, d’un côté il y avait des hommes instruits, honnêtes et dévoués qui, pendant sept ans, avaient cherché et avaient réussi à faire accepter des : éformes que la morale et la prospérité du pays réclamaient depuis longtemps et avaient prouvé que le parti tory, conduit par M. de Bovcherville ou M. Ouimet, était indigne de la confiance publique.
‘ De l’autre cô.6, il y avait les hommes qui ont livré le domaine public au pillage, les héros des Tanneries, les spéculateurs de la Minerve, tous ceux qui ne voient dans la politique que le moyen de jouir et de s'enrichir eux et leurs amis, aux dépens du pays. ( 'est au service de ces derniers qu'on a mis la religion et c'est par la religion que ces hommes compromis ont triomphe.
On dit souvent que la religion catholique a une grande mission à accomplir en Canada, que des bords du St-Laurent elle doit comme un foyer ardent illuminer toute l'Amérique du Nord. Croit-on que c’est en la denaturant comme on vient de le faire, en la faisant bénir les malversateurs publics et maudite les bons citoyens qu’on lui fera atteindre ses glorieuses destinées ?.................
‘# Et à vous ‘ous qui cherchez à nous
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détruire en disant que nous sommes des libéraux, parce que nous voulons vous empêcher de voler ou de laisser voler le pays, nous disons: vous êtes des menteurs, des imposteurs ou des imbéciles |”?
Ecoutez ce bon fils de l'Eglise adresser au peuple cette philippique empoisonnée ? Accuser le clergé d’être la cause de la pauvreté, de l'ignorance, de l’émigration, etc.
“ Rélève douc la tête, pauvre peuple, redeviens ce que tu étais autrefois patriote et indépendant, débarrasse toi pour toujours de ceux qui te trompent et t'aveuglent en +xploitant ta foi et ton patriotisme, Exige que ceux quite parl-nt te fassent entendre la voix de la raison et du bon sers.
& Tu d:mandes pourquoi tu es nauvre, pourquoi tes enfants émigrent, pendant que tes concitoyen v-nus des pays 6 raügrrs s’ebrichisseut sous tet yeux,
“ Réflechis et tu verras que situ faisais comme : ux, si au iieu d. prêter l'oreille aux divagations de quelques énergumènes deévoyés, tu r ourrissais ton esprit de choses 6. ri uses et pratiques, si tu brisais tes chaînes, tu serais ce que tu dois être; un p-upie fort et pros! ère dont le nom 5 rait respecté.
Comment peux-tu consentir, toi l’enfart de le France, l’heritier de tant de gloir: et d’heroïsme, à être la riséo des autres peuples de l'Amérique ? ”
Et après avoir ainsi couvert de ses inqualifiables injures l’ Eglise et le clergé, M. David Ôse proclamer son dévouement pour la «religion », sa soumission à l’épiscopat.
mr D (Us
M. Tarte et la loi des élections.
Nous c'oyoo: qu'il esi temps de mettre un teme aux accusations portées par la presse libérale contre vou:, L’Elecivur, La Pairie, L'Osinion Puoligue, éic." ont demandé 4", Turie : «mais pourquoi r’avez voss pus présenté ces amendemenis à la loi électorale que vous reriame: ?
Vous êtes dépuié: voire condute n'est pes conforme à vos écrits.»
A la session de 1878—{Ïa première après notre éleciion — nous nous mimes sans retard à l’œuvre. A votre instigation—et nos collègues d’alors nous rendront ce témoisnage —plusieurs déprtés écrivirent à Mer Parchevêque de Québec. le premier février, une lettie qui n'a pas besoin de commentaires.
M. Gauthier, député de Charlevoix, iut chargé d’être l’intermédiaire eaire sa Grandeur et les signatotres de la letire.
Nous publions toute la correspon-
CE ex
dance échangée à cette époque. Elle explique les retards survenus.
Ce fut à la fin de cette session de 1878 que M. letellier perpétra son attentat. Le cabinet de Boucherville dut faire place à celui de M. Joly.
On sait qu’il n’y avait rien à atten— dre de ce dernier, “omposé de radicaux et agissant sous l'inspiration du fanatisme.
On remarquera que Mgr P \rchevêque remercia, en son nom et au nom de ses vénérables coilègues, les députés qui s'étaient mis à la disposition de l’épiscopat.
Nous ajouterons que depuis cette date M. Tarte a fait d’autres démarches très importantes qu’il n’a pas le droit de communiquer au public, mais dont le résultat ne saurait être douteux.
Que lez conservateurs-catholiques le veulent et la loi sera expliquée :
elle n’a jamais eu, dans l'esprit de ses auteurs, le sens anti-religieux qu’on lui donne. Ïl ne sert de rien de protester dans la presse si nous
ne donnons pas un effet pratique à
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ces protestations. Nous sommrs la majorité: nous avonsetle pouvoir et le droitet le devoir de protéger notre hiérarchie. Cela ne regarde nul autre que nous. Dans ce cas, nous ne demandons à léziférer que pour nos coréligionnaires. Nos concitoyens de croyance différente à la nôtre ne sauraient y avoir d’objection
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
Québec, ler février 1878.
À Fa Grandeur Mgr E. A. TASCHEREAU, Archevêque de Québec.
Monseigneur,
Nos Seigneurs les Archevêque et Evêques de la pravince de Québec, ont, dans une lettre collective, protesté cortre l'interprétention sévère de nos lois électorales, donnée par le plus Haut Tribunal civil, dans la contestation de Charlevoix.
Nos Seigneurs exprimaient dans la même lettre le désir et la confiance que les législateurs amenderaient la dite loi de manière à rendre à l’Fglise ses droits qui sont méconnus d’après l’interprétention que l’on donne à la loi actuelle.
Nous croyons de notre devoir de faire connaître à votre Grandeur que nous sommes disposés à nous rendre au désir de l'épiscopat et à prendre toutes les
mesures que vous jugerez sages dans les circonstances actuelles, pour faire adopter les amendements suggérés par l’épiscopat.
Dès que nous aurons connu les vues de l’épiscopat sur cet important sujet, nous travaillerons activement à faire amender la loi électorale en ce qui concerne l'influence indue, et ce durant cette session.
Nous avons l’honneur d’être, etc,
O. GAUTHIER, J. I. TARTE, etc.
Québec, ler février 1880.
O0 Gauruier, Ecr.; M. P.P.
Monsieur,
J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre de ce jour et de celle signée par plrsieurs membres du parlement provincial au sujet d’amendements à faire dans la loi clectorale.
Avant d'aller plus loin, j'aimerais savoir lo. ce qu'en pense le ministère ; 90. s’il y a probabilité de réussir. Ce sont deux articles fort importants à faire connaître à Nos Seigneurs les Evèques en les consultant sur cette affaire.
Je vous prie M. d’agréer l'assurance de ma considération distinguée.
t E. À. ARCH. DE QUÉBEC.
ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE
Québec, 4 février 1878.
Sa Grandeur Mer. E. A. TASCHEREAU. Archevêque de Québec.
Monseigneur, £
J'ai l'honneur d'accuser réception de la lettre de Votre Grandeur en date du ler du courant par laquelle Votre Grandeur manifeste le désir de savoir lo. Ce que pense le ministère du projet d’amender l’acte électoral. 20. S'il y a probabilité de réussir.
Avant de soumettre cette importante question au ministère et à la chambre, il est absolument nécessaire de sonnaître les amendements que l’Episcopat suggère et sous queile forme il serait sage de les demander.
J'ai l'honneur d'être, etc.