ENSEMBLE
Ne te gêne pas, chère amie, etc.
JENNY
Ne tarde pas, ma chère amie, A revcnirauprès de moi; surtout point de cérémonie.
Agis ici comme chez toi.
LÉO», à part.
Je suis heureux que son amie la laisse, enlin, seule avec moi..
Mais près de femme si jolie 11 faut surmonter mon effroi !
<Jenny accompagne Clara qui sort à droile.)
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SCÈi\E VIII.
LEON, JENISY.
(Petit momenj de silence.) LÉON [à part].
Bon ! voilà mon courage qi s'en va ! mon dieu ! mon dieu !
JKNNY [!\ part].
Elle me quitte !.. je ne sais quel trouble soudain !.. (Elle fait un pas vers le fond pour sortir. )
LÉON [vivement].
Madame Gaillard!
JENNY [s'arrêtant]. Que me voulez-vous, monsieur Léon ?
LKON, après un effort comique.
Rien... Et, cependant... (A part.) Ah ! tant pis, je me lance! (haxit) Ne vous fâchez pas et écoutez-moi ?...
JENNY [très troublée].
Parlez, monsieur Léon.. .
LEON
Oui, mais c'est plus diflici le que je ne croyais...
si vous saviez...
JENNY
Je... ne sais pas... et j'attends.
LEON [avec feu].
Eh bien!., apprenez. Madame, qu'il y a une femme... qui a fait naître en moi des sentiments que, jusqu'à ce jour, je n'avais pas connus...
JENNY
Ahî..
LEON
Celle femme, elle a un mari... et je ne sais comment concilier dans mon âme... celle émotion...ce trouble. .. celte crainte respectueuse dont je suis saisi devant elle... avec l'opinion de M. Gaillard sur les femmes mariées!., (soupirant) Vous connaissez son opinion, Madame? JENNY [vivement].
Que trop. Monsieur!
LEON
Air : d'Y^eWa.
A ses conseils, à son expérience.
Avec ardeur jevoulais me livrer; Il me semblait guider mon ignorance Dans cette routeoù je brûle d'entrer...
Malsl' espérance est à côtédu doute.
Un doux regard vient démentir sa voix. ..
Je suis hardi... quand c'est lui que j'écoute
Je suis tremblant... sitôt quejela vois !.
JENNY [avec légère impatience].
Mais que m'imporle, Monsieur, et où voulezvous en venir?
LEON [avec explosion comique].
Je veux... je veux que vous me disiez. Madame, s'il a tort, ou s'il a raison?
JENNY[avecun mouvement pour s'éloigner].
Quelle question me fait-il là?
LKON [s'animant par degrés].
Oh ! il y va de ma vie! car si je pouvais l'es-
pérer... si je pouvais croire que mon amour n'excitera pas le courroux de celle...
Jt?)NY.
Eh ! que sais-je, Monsieur ?
LEON
Vous ne devinez pas... (avec résolution en tirant une lettre de sa poche.) Eh bien ! Madame, tenez I voilà qui vous parlera pour moi et qui vous exprimera mieux tout ce que je n'oserais jamais vous dire! ( Il lui r^mel la lettre quoiqu'elle la repousse, et sort très vivement par le fond. )
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