VARIATION MOYENNE
Mejnit.
Janvier
Février
Mars
Avril. .
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Année
la plus élevée.
Moyenne \
la moins élevée
2oo9 25,5 25,8 25,9 25,5 25,8 25,H 25,3 25,3 25,6 25,7 25,8
il.8 12,4 44,9 43,5 42,2 45,5 43,3 41,7 40,8 40,0 9,9
La température moyenne mensuelle est, ainsi que nous Tavons dit déjà, caraclérisée par une uniformité toute partieuliére. En 1885, le mois le plus chaud est mars, avec 26^5; le moins chaud est juillet, avec SW. En 1886, janvier arrive en tète avec 27*1, et mai marque la plus basse moyenne : Si^'O.
La marche de la moyenne générale montre encore jusqu'à un certain point Télévation de la colonne thermométrique dans les mois pluvieux. Cette hausse débute en octobre^ et par dixièmes de degré se continue jusqu'en janvier. Elle subit une chute en février» pour remonter jusqu'en avril. En mai, la température est un peu moindre; elle mène au minimum, très peu accusé d'ailleurs, qui se répartit entre les mois de juin à septembre.
Si nous considérons séparément les années 188S el 1886, la courbe n*est pas aussi régulière el le passage du soleil au zénith se iraduii en juin on juillet par une légère ascension du ihermomètre.
Cette uniformité de la tem'pérature au centre du bassin du Congo constitue un phénomène remarquable, tant par son caractère accentué que par la gradation régulière qui y mène» en allant de la côte vers le centre du continent. Ainsi, si nous parlons de Banana en nous dirigeant vers rintérieur, nous voyons diminuer progressivement Técarl entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud :
Mois Mois
- le plus chaud. le moins chaud. Écart.
Baoana 28»0 !29oS 5''5
San Salvador â5,3 â0,5 ^fi
Kimuenza 25»9 24,4 i,u
Bolobo 26^ 25,0 i;i
Luluaboorg 25,9 25,3 0,6
Il est tout aussi intéressant de constater le caractère que prend la période de température minimum. A Banana et à Loanda, juillet et auùi sont également frais. A San Salvador, le minimum se localise en juillet, et le mois d*aoùt marque déjà une élévation de O^S. A Kimuenza, la température d*aoùt est supérieure de 1^ à celle de juillet. Il résulte de ce rapprochement que Tinflexion de la courbe thermomélriquc montre, au fur et à mesure que Ton s'avance dans rintérieur du bassin du Congo, la température du mois d'août se rapprochant de la température moyenne. Il en est de même de celles de juin et septembre.
Juin. Juillet. Août. Septembre. Moy.ann.
49ol
Loanda . .
Banana . .
San SaWador KiiDoenza .
Boiobo . .
Loluaboarg . <
ïï semblerait résulter de ces constatations que la période du minimum se localise à un seul mois, dont la température s*écarte de plus en plus de celle du mois suivant, à mesure qu*on avance dans rintérieur de TÉlat, et qu*à la côte ce minimum s*y marque, par rapport à la moyenne annuelle, d'une manière plus accusée. Cela est vrai de Banana à Kimuenza, mais au delà le mois le moins chaud a une température qui s^écarte de moins en moins de la moyenne annuelle, pour arriver, comme à Bolobo et à Luluabourg, à une variation insignifiante.
C'est ce que montre très bien le tableau ci-dessous, donnant l'écart de température des mois les moins chauds par rapport à la moyenne annuelle.
Juin. Juillet.. Août. Septembre.
Loanda -2«3 -3»7 -«08 -»{
Banana -^,9 -3^ -3,4 -ij&
San Salvador -i^ -3,0 -^2 -i,l
Kimaenza -4,9 -3,4 -4,5 0,0
Bolobo -0,9 -0,4 +a4 -0,4
Luluabourg -0,3 -0,3 -0,3 -0,3
Ces données, prises pour des années différentes, à des stations dont les observations ont été faites avec soin, montrent d'une manière concluante la gradation lente et régulière qui conduit à l'uniformité de la température dans Tinlérieur du bassin du Congo; elles justifient la poussée en août et septembre qui nous esi signalée k Bolobo et au Kalanga, et confirment ce que nous disions dans le premier chapitre de notre Rapport (1) : dans le bas Congo, l'écart de température entre les saisons météorologiques est plus marqué qu'au centre du continent.
En même temps qu'arrive l'uniformité de la température, se produit un aiiiic phénomène : celui de l'augmentation de la variation moyenne. Nous en avons déjà fait mention en discutant les observations de Léopoldville; nous n*y reviendrons donc pas et signalerons seulement qu'à Luluabourg cette augmentation a une tendance à se montrer la plus élevée pendant les mois de juin à septembre, tandis que dans la plupart des autres stations elle est la plus forte pendant les mois chauds.
Le taux qu'elle atteint ici, 13^6 en moyenne, avec minimum de 9^3 et maximum de 19^5, joint aux différents avantages du pays, font de Luluabourg une région où l'Européen rencontre des conditions particulièrement favorables à l'acclimatement.
Humidité.
La marche de l'humidité relative est empreinte du même caractère qu'à Bolobo, et la courbe le traduit par ime inflexion très prononcée qui débute en mai, pour amener un minimum très accentué en juillet; en août, elle subit un relèvement très marqué, et celui-ci continue avec assez de régularité pour arriver à son maximum en février ou mars.
La caractéristique de la marche de l'humidité à Luluabourg réside dans la variation journalière. Le matin et le soir, le taux hygrométrique atteint un niveau élevé, comme ailleurs : 92.S à 7 heures, 84.9 à 21 heures; en revanche, durant les heures chaudes de la journée il est très faible.
Oscillation.
Banana (4890) 86,8 73,0 85,8 433
Léopoldville (4886-87) 93,4 64,3 86,5 88,9
Bolobo (4891) 86,0 65,0 85,0 24,0
Luluabourg 92,5 57,7 84,9 34,8
(I) Voir p. 7.
Alors que pour beaucoup de stations une humidité relative de 40 ^lo constitue un minimum qui est rarement atteint, ici nous trouvons ce degré comme moyenne en juin 1887, et 42 «/« comme moyenne en juin et juillet 1886. En juillet 188S, la moyenne s'est même abaissée à 34 7«-
Le minimum absolu à i4 heures est descendu à 207«en juillet 1887. L'année précédente, dans le même mois, cinq jours eurent une humidité à 14 heures qui ne dépassa pas 27 ^o et quinze jours où elle resta au-dessous de 40 ®/o.
Ce caractère de Thumidité amène naturellement une chuie beaucoup plus prononcée de la tension de la vapeur d*eau pendant les mois de juin à août, que dans les autres stations.
Nous mettons, à titre de comparaison, les relevés de Ponla da Lenha et de Luluabourg en regard.
14 SI Moyenne.
Luloaboarg 18,0
(évner 188Î5 < , , . .-a
! Luluabourg 47,2
Ponta da Lenha. (Moyenne de 4884.) . . . 48,9
Luluabourg. (Moyenne de 90 mois.) . . . 17,0
N. B. — Janvier et février 488S sont les seuls mois oh des observations ont été faites simuilanémcnl dans les deux stations.
Celle variation de Thumidilé et sa diminution aux heures chaudes de la journée sont des ronditions favorables h rhabitabililé de la contrée, parce qu*elles rrndcnt moins pénible la sensation de chaleur himiide que Ion éprouve parfois dans les contrées basses.
Nébtilosilé.
Nous avons déj^ signalé le degré peu élevé de la nébulosité de Luluabourg; d'autre part, on trouvera plus loin une étude très intéressante du D'Pogge sur le régime climalologiqiie de Mukenghe, où le savant voyageur caractérise les différentes phases par lesquelles passe la nébulosité aux diverses époques de Tannée.
Mukenghe est à peu de distance de Luluabourg, et les renseignements qui la concernent peuvent en tous points s'adapter à celle dernière station.
Bornons-nous donc à faire remarquer une fois de plus la diminution graduelle de la nébulosité à mesure que la journée s'avance. Cette diminution a amené en juin 188S le chiffre très faible de 0.3 à 21 heures.
Comme dans les autres stations, la période de plus forte nébulosité est localisée dans les derniers mois de Tannée.
Vents.
On trouvera plus loin, à Mukenghe, point voisin de Luluabourg comme nous venons de le dire, des renseignements qui complètent ceux donnés ici> pour cette dernière suition, diaprés les observations que nous devons au capiuiine de Macar.
Le régime anémoméirique de Luluabourg est loialenient différent de celui du
ba8 Congo ; il est entièrement fixé i PE., avec cette particularité que les Tents d'E. sont le plus nombreux pendant les mois de forte pluie. A partir de mars, ils font place à ceux de SE., qui arrivent à leur maximum de fréquence en mai et juin.
MOIS
DIRECTION DU VENT
rOBCE DO VERT. 1
NE
SE
SW
NW.
Juillet4886
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier 4887
Février
Mirs
Avril
Mai
Juin
Pour CENT . . .
Alors que dans le bas fleuve et jusqu'à Léopoldville on remarque une diminution notable des vents d'E. pendant les mois secs, ici il semble qu'il y ait plutôt un ralentissement dans la fréquence de ceux du rumb NW. pendant les mêmes mois. Il y aurait ainsi une opposition complète des deux régimrs.
La force du vent à Luluabourg est beaucoup plus marquée que dans les autres stations pour lesquelles nous possédons des observations; elle est le double, et présente son maximum à 14 heures. Mais elle diffère dans Tépoque annuelle de sa plus grande intensité. Ici nous trouvons le minimum en octobre et novembre, suivi d'une augmentation qui va en s'accentuant jusqu'en juin.
Les observations du capitaine de Macar et celles recueillies à Mukenghe s'accordent quant au régime des vents à Luluabourg, mais elles sont plus ou moins en opposition avec les relevés de l'expédition Wissmann, qui ont conduit aux remarques suivantes :
« Dans la saison des pluies, il règne en général des vents variables, particulièrement de rW. au NW.; en l'année 1885, il s'est produit, le 29 avril, des vents de TE. jusqu'au SE. (vent alizé du SE.) qui persistèrent jusqu'au 18 août, après quoi ils firent de nouveau place à dea vents d'entre W. et N.
> Ces vents d'E. soufflaient pendant la journée; la nuit ils diminuaient peu à peu jusqu'au point du jour.
» De même, depuis le 28 décembre 1885 jusqu'au 20 janvier 1886, s'éle-
vèrent de nouveau de faibles vents d*E. L*alizé du SE. se montra alors et dura jusqu'au 22 août (i) • .
II serait à souhaiter que de nouvelles observations vinssent préciser d\mc manière définitive les conditions anémométriques de Luluabourg.
Pluies.
A plusieurs reprises nous avons fait mention dr Textension que prend la saison des pluies à Luluabourg. Cest que le régime de cette station diffère complètement de celui de Banana, dont la latitude est cependant sensiblement la même. La saison sèche s'y réduit aux mois de juin et juillet, sans que ces mois soient toutefois dépourvus de pluie, et Tannée prend le même caractère que celui rencontré près de réquateur, avec le seul changement de la période des moindres pluies.
A plusieurs reprises encore nous avons cherché à dégager les causes qui pouvaient produire un tel changement. Il est indéniable que l'altitude intervient pour augmenter la quantité d'eau, mais il est non moins vrai qu'elle ne saurait, i elle seule, être tenue pour la cause efficiente de la prolongation de la période pluvieuse.
Pour le moment, les conditions qui concourent i ce résultat sont moins importantes à étudier que les caractères généraux de la saison des pluies, dont les effets sont à envisager tant au point de vue de l'hygiène des colons que des entreprises agricoles qu'ils peuvent tenter dans cette région.
A Luluabourg, les pluies débutent en août, augmentent progressivement jusqu'en novembre, puis subissent une diminution de décembre à février. En mars et avril, elles redeviennent très fortes, et faiblissent ensuite graduellement jusqu'en juin et juillet, mois que Ton peut considérer comme secs et qui n'offrent en moyenne que 3"""7 et 3""0 de précipitation.
La moyenne générale montre le maximum principal de pluie en novembre et le secondaire en mars, mais ce n'est pas là un fait régulier, car dans la saison 1886*1887, c'est janvier qui prend le maximum secondaire avec 258""*, et mars le principal avec 277"".
Quant à retrouver ici une petite saison sèche, il n'y faut pas songer, car décembre, janvier et février ont respectivement 168""2, 182"""5 et 138""4.
Hauteur moyenne Maximum Nombre moyen
de pluie. en 94 heures, de jours de pluie.
ma. ■■.
JaoTier 183,5
FéTrier i38,4
Mars âOl^
AYril 154,^
Mai T7^
JuiD 3,7
Juillet 8,0
Septembre 4t>4,5
Octobre 167,0
Novembre 390,6
Décembre 168,3
AmiÉi . . . 1544^ 46^ liî
(i) jon Damckelmah, dans Mittheil. dêr Afrik. GeselL^ 1889, p. 371.
Résumé des observatimu iuléfi
PRESSION ATMOSPHÉRIQUE
1 1 TEMPÉRATURE
MOIS
mm.
mm.
mm.
Janvier. . . « .
Février.
Mars.
Avril.
Mai .
Juin.
Juillet
Août.
Septembre
ii,7
Octobre.
:io,8
Novembre
:io,7
Décembre. . . .
mm.
mm.
mm.
mm
Janvier
30oO
Mars.
Avril.
ti;
Mai .
nfi
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre.
Novembre
ÎM
Décembre. . . .
fi
mm.
mm.
mm.
Février
Mais
ÎM
Avril
Mai
ÎS»?
luin
Totaux eiMoYEMHES:
mm.
mm.
mm.
nini
de im\. . . .
mn
de juillet 1885 à
juin 1886 . .
de 188H. . .
SI
de juillet 1886 à juin 1887 . .
mm.
mm.
mm.
mm.
MoY. et TOT. GÉK. .
•giqties faites à Luluabourg.
IDITÉ RELATIVE.
TENSION DE LA VAPKUR bEAU.
NÉBULOSITÉ