‹ Le climat du CongoChapitre 73 sur 97 · TO · texte numérisé non relu

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Orages.

Les orages ont été remarquablement Tréquents pendant la période d'observations. « Quelques-uns ont été très violents (jusqu'à dix et quinze éclairs k la minute); en réalité, il n'y a presque pas de jours où Ton n*entende quelques coups de tonnerre. L'orage du 19 octobre a ôié d'une violence extrême : chaque coup portait» c'està dire que la décharge d'électricité se fajsait entre les nuages et la surface du sol. Detix chimbèques ont été incendiés et deux femmes atteintes, très légèrement, il est vrai, par la foudre. « J'ai observé ce jour*là, dit le D' Donny, un centimètre d*eau en moins d'une demi-heure > .

Le 16 avril, le même observateur mentionne une tornade excessivement violente, au cours de laquelle plusieurs personnes furent également atteintes par la foudre.

Sont très fréquents le matin; il est rare qu'il ne s'en présente pas, à part les jours de pluie ou le lendemain de jours pluvieux. Lorsque le brouillard manque, le ciel est généralement couvert.

(Ce chapitre a été rédigé d'après les observations météorologiques inédifes du D' Donny.)

MALANGE.

Latitude, 9o33' S.; longitude, le^" 38'; altitude, 1166 mètres.

Malange, ou MXinge, est une ville de la province d*Angola (Congo portu gais), située dans une plaine, près de la rive droite de la Kwanza. Elle est rniourée par une forêt derrière laquelle, au N., s*ëlève une chaîne de collines de belle apparence et distante d'environ 7 i 8 kilomètres.

Malange, par sa situation intérieure, i 330 kilomètres environ de la côte allanlique, k laltilude de près de 1300 mètres, offre beaucoup dlntérét pour la climatologie de TËtat du Congo, car elle se trouve à la même latitude et è la même altitude que le Katanga et, i certains points de vue, son climat peut être comparé à celui de la région du centre africain.

Les renseignements météorologiques que Ton trouvera ci-après sont le résumé rapide de la savante étude publiée par M. le prof. D' J, Hann dans les Sitzungsberichte de TAcadémie des sciences de Vienne (II. Abtheil , LXXXIX Bd., 1884, p. 189), sous le litre: Einige RestiUale aus Major vofi Mecliow's weteorologUchen Beobachtungen im Innem von Angola.

Le major von Mecliow, comme on sait, a, pendant les années 1879-81, effectué un grand voyage dans la partie SW. de l'Afrique et fait un assez long séjour à Malange et à Pungo-Andongo, où il a recueilli une précieuse série d observations météorologiques.

Les observations à Malange embrassent une période de onze mois, du 14 juillet 1879 au 10 juin 1880. Elles sont résumées dans les tableaux des pages 358 i 360. Nous y avons joint celles du lieutenant Wissmann, relevées au mémo point en février, mars et avril 1881.

Un examen sommaire de ces intéressants documents donne lieu aux remarques suivantes :

Pression atmospliérique.

L*oscillation barométrique diurne est la plus grande à Tépoque des plus fortes pluies.

Dans sa course annuelle, la colonne mercurielle atteint son niveau maximum en juin, et son niveau minimum en janvier. L'écart est de 3'"'"7 entre les moyennes de ces deux mois. A Loanda, à peu près sur le même parallèle que Malange, mais à la côte, les moyennes extrêmes sont retardées d*un mois : maximum en juillet, minimum en février, avec écart de 4"3 (d après les relevés de 1880 è 1891).

Température.

Les plus hautes températures s'observent en janvier, octobre et novembre (31^ en moyenne), les moins hautes en juin (17^9).

Le maximum absolu a été de 3^*0; le minimum absolu, de 4^3. Écart, 27*7.

Dans la saison sècbe, ei par fort rayonnement nocturne, les gelées blanches ne doivent pas être rares, tout comme dans le haut Katanga.

De mai à juillet, le minimum moyen diurne s'est tenu inférieur à 10^, et le plus haut, 16"6, s'est produit en octobre.

Le maximum moyen diurne a été le plus élevé en janvier (29<^1), le moins élevé en juillet (26«5).

L'écart entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud n'a pas dépassé S""!.

La variation diurne, par contre, est considérable, comme dans le Kalanga et dans la région du haut Kasa!. Elle est en moyenne de 13"4, mais atteint près de 20^ en juillet et s abaisse à 10"7 à la fin de l'année.

La variation absolue dans le cours d'un mois est de 19^1 en moyenne, avec maximum de *iyi en mai et minimum do 16^7 en novembre.

La température moyenne annuelle de Malange, réduite au niveau de la mer, devient ^G'^O, ou inférieure de 2"* à celle du centre de l'Afrique. Comme nous l'avons fait voir précédi^mment, la chaleur diminue à mesure qu'on s'éloigne de l'intérieur pour se rapprocher de la cote, où, à la latitude de Malange, la moyenne annuelle est de 23**8 environ.

Il est intéressant de mettre en parallèle les observations de température recueillies au Katanga de décembre 1891 à juin 1892, par des altitudes variant en général de 1100 à 1300 mètres (voir tableau des pages 263 et SBi), avec celles de Malange pour la même époque de l'année.

A 7 heures du matin, au Katanga, et de décembre à avril, le thermomètre se tient plus bas de l^'S en moyenne qu'à Malange, mais à partir de mai il fait plus froid le matin dans cette station que sur les hauts plateaux de l'intérieur.

A 13 heures, et pour la durée des sept mois considérés, la chaleur est plus forte de â^ au Katanga qu'à Malange.

Les températures relevées d'un côté à 19 heures, de Taulre a 21, sont très sensiblement les mêmes, sauf en mai, où la différence atteint en moyenne 2*.

L'écart thermométrique absolu est à très peu près le même des deux paru (respectivement 29»0 et 27"7).

Humidité de l'air.

Le degré hygrométrique varie considérablement au cours de la journée.

Le matin, comme dans toute l'Afrique tropicale, il est très élevé, mais pendant les heiires les plus chaudes il diminue dans une très forte proportion, pour remonter sensiblement à la soirée.

La variation est la moins grande en avril :

7 h. 13 h. il h. Moy.

S» 70 % bB

et la plus grande en juin, juillet et août :

7 h. «3 h. il b. Moy.

Les moyennes pour les périodes séclie et pluvieuse sont respectivement :

7 h. 13 h. âlb. M»y.

Mai-aoùt 89 37 78 67

Septembre-avrU 94 6i 88 8i

Le taux moyen de la tension de la vapeur, pour les mêmes périodes, est de :

7 h. 13 b. il h. Moy.

mm. mm. mm. nini.

Mai-aoùt iO.6 9,3 40,8 40,2

Septembre- avril 44,7 45,6 44,7 15,0

Oo remarquera que dans tout le cours de Tannée la tension est la même le matin et le soir, mais qu*en ce qui concerne le milieu du jour, il y a opposition complète entre la saison sèche et la saison pluvieuse; en saison sèche, le milieu du jour marque le minimum journalier, tandis qu'en saison pluvieuse il marque le maximum.

Comme on Ta vu plus haut, le degré d'humidité relative reste très bas, à 13 heures, pendant toute la saison sèche. Nous n'avons pas malheureusement, pour le Katanga, d'observations recueillies à celte époque de Tannée pour des altitudes voisines de 1200 mètres, mais pour les mois de décembre à avril, donc en saison pluvieuse, et par altitude moyenne de 1200 mètres, le taux hygrométrique i 13 heures, au Katanga, a été de 72; à Malange, pour la même période, il est descendu i 64.

En septembre 1891, où des altitudes supérieures à 1000 mètres ont été atteintes au Katanga, la moyenne à 13 heures a été de 50; en septembre 1879, à Malange, la moyenne a été de 52. Enfin, octobre 1891, par 900 mètres d altitude, donne d'une part 48, alors que Malange, pour octobre 1879, a indiqué 69.

L'examen attentif et comparatif des valeurs de l'humidité pour Malange et le Katanga conduit à cette conclusion, que le régime hygrométrique doit être i très peu près semblable des deux côtés.

Pluies.

Grèce h son altitude et à la prédominance des vents d'W. (venant de la mer) pendant les mois de septembre à avril, Malange reçoit beaucoup plus d'eau (|ue la côte. Ainsi, alors que Malange, de janvier à avril 1880 et de février à avril 1881, observait près d'un mètre d'eau (986"'°), Loanda n'en notait que 192""'. M. Hann estime que la hauteur annuelle de pluie à Malange doit être comprise entre 1200 et 1300'"».

Eu égard au petit nombre d'observations sur la quantité d'eau tombée, il faut avoir recours à la fréquence des jours de pluie pour déterminer les

époques principales de la saison humide : on constate un premier mazinnum en novembre, et un second, le principal peut-être, en mars-avril. Ces époques suivent (Passez prés les deux passages du soleil au zénith de Malange, le premier ayant lieu, en effet, au milieu d octobre, et le second à la fin de février.

De décembre à février, il y a diminution dans la fréquence des jours de pluie et, comme conséquence, dans Pabondance des précipitations.

La plus grande quantité d'eau recueillie dans Tespace d'un jour a été de 69"*", en mars.

La saison pluvieuse est aussi celle des orages, qui sont très fréquents, miio dont rintensité n*offre toutefois rien de particulier à signaler. On les remarque le plus souvent à TE. L'un d'eux, le 3t janvier 1880, a été accompagné de grêle.

Brouillards.

Ce phénomène semble le plus fréquent au début de la première saison des pluies, c'est-à-dire de septembre à novembre. On a compté 42 jours de brouillard pendant ces mois en 1879, et 9 seulement de février à avril 1880.

Nébulosité.

Les périodes sèche et pluvieuse offrent également des caractères bien tranchés en ce qui concerne Tétat du ciel :

Néimbsité moyenne.

7 h. 13 h. il h.

Jours d« pluie

Mai-août

Sepiembre-avril . . .

it4

Le maximum de nébulosité se produit le matin, après le lever du soleil, et le minimum au commencement de la soirée, vers 8 heures, après le coucher de l'astre.

• Vents.

Les courants <rW. régnent pendant la saison des pluies, cetix d'E. pendant la saison sèche. Ces deux directions ont une prédominance considérable, nous pourrions presque dire exclusive, sur toutes les autres directions.

D'une manière générale, le vent d'E. souffle de préférence le matin, le vent d'W. le soir : le premier a son maximum de fréquence vers 11 heures du maUn, le second vers 3 heures du soir. Le tableau suivant indique la fréquence diurne de ces deux courants, ainsi que des calmes :

E. W. Galmet. ToUl.

6h-4ih.

matin

Midi-5 h.

soir

6h-idh.

soir

iMiiiuit-5 h. matio ....

Les momenlfl de plus grande fréquence des vents E. et W. sont aussi ceux de leur plus grande intensité.

Si Ton ne fait pas la distinction des courants, on constate que la plus forte agitation de Pair a lieu vers la fin de la saison sèche. Août et sepiembre, on effety comptent le plus de vents forts. Pendant ces mois, par direction E. ou VV., mais plus particulièrement par direction W., on observe parfois des intensités de 7 à 10.

Les calmes se présentent le plus souvent après le passage du soleil au zénith, c*e8l-i-dire en avril et en octobre- novembre.

Passage de la saison pluvieuse à la saison sèche.

Afin de montrer combien est tranché le passage de la saison pluvieuse à la saison sèche, nous donnerons le tableau ci-après, qui renferme les moyennes pentbémérales des divers éléments météorologiques pour la période 26 avril-25 mai.

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