‹ Le clospommier drame en cinq actesChapitre 25 sur 88 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

HENNEBAUT, PACOME.

PACOME.

Hein? est-elle leste... on dirait une perdrix dans un chaume.

HENNEBAUT.

Ah çà... je ne le reconnais plus... Pourquoi ?...

PACOME,

Parce que... Eh! tenez, père, vous me demandiez tout à l’heure celle que je voulais épouser... Eh bien... vous venez de la voir... c'est Catherine...

HENNEBAUT.

Catherine !

t PACOME.

La fille au père Glam.

HENNEBAUT.

La Catherine... mais elle n’a pas le sou, la Catherine.... tu le sais mieux que personne, puisque nous avons prêté mille écus au père Glam sur la seule propriété qui lui reste, et d’autre part encore, je ne sais plus combien. Voilà un beau parti... une grande tille qui vous a trente-deux dents et rien à mettre dessous.

LE CLOS-POMMIER

PACOME.

Tout ce que vous me diles-là, je le sais... Je ne nie suis pas décidé sans avoir longtemps réfléchi.

HENNEBAUT.

Ah! oui, parlons-en; tiens veux-tu que je te dise? Tu auras vingt-neuf ans à Noël, et la Catherine est jolie, voilà tout.

PACOME.

Non, mon père, ce n’est pas tout. Que la Catherine me plaise, c’est évident, mais voilà près d’un an que je l’étudie. Je vous dis que c’est la femme qu'il nous faut... Si je dis nous, c’est parce qu’il est aussi bien question de la maison que de moi... Catherine est toujours la première à l’ouvrage. De plus, vaillante el courageuse, sans coquetterie aucune, et point amoureuse de plaisir, comme sont des filles de son âge. On ne voit pas un grain de poussière chez son père. Elle s’entend à tout, et jamais on ne la surprend en conversation avec des garçons du pays derrière les pommiers; elle nous devra tout et ne nous coûtera rien. Catherine a le cœur reconnaissant.

HENNEBAUT.

Quelle bêtise !

PACOME.

Eh ben, supprimons la reconnaissance et ne voyons les choses qu’au point de vue des intérêts, si vous voulez... Croyez-vous que Catherine ne nous revaudra pas le revenu d'une dot, par l’économie quelle apportera dans les dépenses de la maison. Vous me parlez de la fille du bonhomme Hoyan, la mère a pour deux mille écus de dentelle sur sa coiffe, la fille en voudra pour le moins autant. Calculez le reste. Quant à la Girarde, élevée à Caen, dans un beau pensionnat, elle mange des ailes de poulet à faire croire que les poulets devraient la remercier. Voilà une fermière! Quant à la fille ou père Langlois, je l’ai surprise l’autre jour à son miroir. Il était onze heures; mademoiselle venait de se lever! Je veux que madame Pacôine se lève dès quand son mari, et ravaude ses bas. Cherchez dans le pays, de Lisieux à Pont-Lévêque, vous ne trouverez pas une fermière comme il y en avait jadis... est-ce vrai?

HENNEBAUT.

C’est vrai.

PACOME.

Enfin, je suis ombrageux, vous le savez. Je ne veux pas que madame Pacôme aille aux,danses du village ni qu’elle

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