‹ Le clospommier drame en cinq actesChapitre 49 sur 88 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, moias HENNEBAUT.

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ROQÜEBERT. ü t ,01 -

Bravo I tout est sauvé I j’espère que vous voilà content, père Glam !

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GLAM, relevant la tâte et avçc désespoir.

Content... moi... de quitter le Clos-Pommier ?

' ROQÜEBERT. ,!■ |ll

Et jour du bon Dieu I vous avez la figure d’un dragon qui a perdu son casque... Est-ce que vous ne deviez pas de toute façon...

• . . GLAM. •

Eh I tant qu’on ne m’en avait pas chassé... j’espérais encore!... Quoi? Je ne sais pas... mais ça me semblait impossible....

ROQÜEBERT.

En voilà une fausse manœuvre 1 Et moi qui supposais... qui croyais...

GLAM

Je ne vous en suis pas moins reconnaissant de la bonne intention, brigadier, comme aussi du bon résultat. Car après tout c’est un bon résultat, et j’ai dû l’accepter... Mais voub ne savez pas, vous qui avez l’habitude d’aller et de venir, à droite, à gauche, au gré du gouvernement... vous ne pouvez

ÀCÏE DEUXIÈME ! 51

pas savoir, pour nous autres paysans, pour nous autres terriens, ce que c’est que notre terre... ce que c’est que notre maison. Je suis ne dans celle-ci, moi... j’ai lait mes premiers pas dans cette salle, sur cette herbe... Tenez 1 le jour même où mon père a planté ce pommier là-bas, que voilà si gros maintenant, et qui était alors si petit... comme moi-même, ma mère m’enleva dans ses bras pour me mettre à califourchon sur la greffe... C’est ici qu’elle est morte, ma pauvre mère! ici que ma chère femme m’a donné vingt ans de bonheur... ici que Futecnco et Catherine ont grandi. Dans les murailles j’entends encore comme des échos de leurs rires enfantins... Dans chaque objet que je touche, jusque dans l’air que je respire, il y a ma vie, mille joies, mille souvenirs... et vous vous imaginez que tout çà s’emporte sous la semelle de ses souliers !... (it sanglote.)

• ! ■ ROQUEBERT, qui pleure. ^

Tonnerre ! est-ce que vous allez encore me faire pleurer sur mon ceinturon... c’est y bête pour un gendarme... Avec ça que si votre fille vous entendait..*

GLAM, se reipep^t JtçnJ à, coup et s'efforçant de ne pins plenrer.

Ma fille 1 oh! vous avez raison. Faut qu’elle ne soupçonne pas mon chagrin, faut qu’elle me suppose pleinement satisfait G’est sou hûDheWif , après tout que ie viens d’acheter... son bonheur et celui ae Simon, voilà 1 essentiel I Quant au mien, quant au bonhomme Glam, rien de rien. Je souffrirai, mais sans que ^ paraisse... jfc pleurerai, mais en dedans... j’en mourrai, màisjufeprîs'mon dernier jour, où l’on enterrera mon secret avec moi, je sourirai, je chanterai...

•,ti on ii 'i#à.gaeü*,'!e» gdeux) " 1 <! ‘ v«. - . ' ii Sont de* gens heureux.

Ah! tenez, brigadier, j’ai besoin d’air, j’êtouffe... sortons... je m’en vais vous faire un bout de conduite jusqu’au petit pré... sortons.., i v, -*i t * * ii u . t*

Oi:< I- ROQUEBERT. 1 ' ■'<- "Oy 1

Père Glam...

Silence àvec Caiherlhô !... ce n’esl que devant vous que j’ai le droit de pleurer... ce sont mes dernières larmes. .ree sont mes derniers adieux à ma maison, à mon mobilier, à celte table... à ee- vieux fauteuil... à cet horizon... à mes chers pommiers... qui sontaussi des amis... de vieux amis... Oh! voriêz... venez 1 (Il est déjà au de Lors, et disparaît.)

hArtmmcfi- l. !.. i

Ah! si j'üvais Su...

ROQUEBERT, le suivant.

LE CLOS-POMMIER

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