‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 133 sur 343 · Qu'est-ce que la grâce sanctifiante · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que la grâce sanctifiante

— La grâce sanctifiante est celle qui demeure en notre âme, et qui la rend sainte et agréable à Dieu.

La grâce sanctifiinte est celle qui nous rend saints en purifiant nos âmes. Le péché enlaïdit J’âme et la rend désagréable à Dieu. La grâce la purifie. Supposons que l’on donne à quelqu'un un objet remarquable par sa beauté et son éclat, et qu’au lieu d’en avoir soin il le laisse traîner dans la poussière, jusqu’à ce qu’il devienne terne et sale, perde sa beauté et paraïsse noir et laid. [1 sera obligé, pour lui rendre sa beauté première, .de le nettoyer et de le polir. Il en est de même pour l’âme noircie par le péché; elle doit être nettoyée, purifiée par la grâce de Dieu. Si l’âme est en état de péché mortel, c'est-à-dire complètement noire, la grâce sanctifiante lui donnera son premier éclat et la rendra agréable à Dieu. Si l’âse est encore brillante, quoique souillée ou noircie un peu par le péché véniel, alors la grâce sanctifiante la rendra encore plus brillante qu’elle ne l'était.

t 119.—Pouvons-nous perdre la grâce “sanctifiante ?

— Oui, un seul péché mortel suffit pour nous faire perdre la grâce sanctifiante.

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TEE que les vertus théologales

—Les vertus théologales sont, la Foi, l'Espérance et la Charité, qui ont Dieu pour objet immédiat.

La vertu est l'habitude de faire le bien. L’op: posé de la vertu est le vice, qui est l’habitude de faire le mal. Nous contractons une habitude bonne ou mauvaise en faisant fréquemment la même chose. L’habitude d'une chose une fois contractée, nous la faisons ensuite presque sans y penser. Ainsi, un homme qui a l'habitude de maudire, le fait presque sans s’en apercevoir ; mais au lieu de l’excuser, cette circonstance ne fait qu’aggraver sa faute, car elle prouve qu'il doit avoir maudit très souvent pour avoir contracté cette habitude. Néanmoins, s’il essaie de vaincre cette mauvaise habitude, et que, malgré ses efforts, il lui arrive de maudire de temps en temps, sans réftexion, il n’y a pas alors de péché, puisqu'il désire ne plus maudire, et qu'il essaie de surmonter ce vice. Un seul acte n’engendre pas la vertu ou le vice. On ne peut dire d’une personne qui n’a fait l’aumône qu’une seule fois, qu'elle possède la vertu de charité; de même qu'on ne peut appeler blasphémateur quelqu'un à qui il arriverait de blasphémer une fois par année. La Foi, l’Espérance et la Charité ont été mises en nous par Dieu lui-même, et nous les appelons vertus infuses, pour les distinguer des vertus que nous acquérons.

t 121.— Qu'est-ce que la Foi ?

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220 LE CODE €EATHOLIQUE.

—La Foi est une vertu divine par laquelle nous croyons fermement les vérités que Dieu nous a révélées, et qu’il nous enseigne par son Eglise.

Une vertu divine est une vertu qui nous vient du ciel. La Foi est l'habitude de toujours croire tout ce que Dieu nous a révélé, c’est-à-dire fait connaître ; tout ce que l’Eglise nous enseigne. et de le croire fermement, c’est-à-dire sans le plus léger doute.

Mais pourquoi devons-nous croire ? Est-ce parce que nous voyons et connaissons clairement Ja vérité de ce qui nous a été révélé?

Non ; nous devons croire certaines vérités parceque Dieu nous les a révélées; nous les croyons quoique nous ne puissions ni les voir ni même les comprendre. Si nous pouvions les voir clairement, nous les croirions plutôt parce que nous les voyons, que parce que Dieu nous les a révélées. Gi un ami qui ne nous & jamais menti et quin’a pas de raisons de le faire en ce momént, nous annonce que l’église est en feu, nous le croirons sur parole, non parce que nous savons que l’église est en feu, maïs parce que notre ami nous l’affirme. Si plus tard, nous voyons l’église en ruines ou si nous lisons les détails de l’incendie dans un journal, nous avons la preuve que notre ami nous a dit la vérité ; mais nous l’avons cru aussi fermement avant qu'après la lecture du journal. Pareillement, Dieu nous révèle ses grandes vérités et nous les croyons, parce que nous savons que Dieu est la vérité infinie et qu'il ne peut nous tromper ni être trompé. Si après avoir étudié, nous trouvons la preuve que Dieu

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nous à dit la vérité nous ne croyons pas avec plus de foi, puisque nous n’avons jamais eu de doute, mais nos études nous ont servi à trouver des arguments pour démontrer la vérité des révélations de Dieu à ceux qui n’y croient pas. Si quelqu'un avait été présent lorsque notre ami nous à annoncé que l’église était en feu et qu'il eût refusé de le croire, qu’aurions-nous fait ? Nous aurions essayé de le convaincre que notre ami avait dit la vérité, en lui lisant le compterendu de l'incendie relaté dans les journaux. Ainsi, le savoir ne change pas notre foi qui, comme nous l’avons dit, ne vient pas de l’étude, mais est imprimée dans nos âmes par Dieu luimême. L'enfant qui apprend ce que Dieu a enseigné, et qui y croit fermement parce que Dieu l'a enseigné, a une foi aussi bonne que son professeur qui a étudié toutes les raisons pour lesquelles il devait croire.

f 122.—Qu'est-ce que l’Espérance ?

—L'Espérance est une vertu divine par laquelle nous attendons fermement de la bonté de Dieu la vie éternelle, etles grâces nécessaires pour l'obtenir.

Par la vie éternelle, on entend une vie infiniment heureuse qui durera toujours; une vie sans lin ; et par les grâces, on entend le secours de lieu sans lequel on ne peut rien faire de surnaturel.

f 123.—Qu'est-ce que la Charité ?

- La Charité est une vertu divine par

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