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portent les enseignements du Pape, on peut être sûr qu’ils sont corrects. Presque toujours, le Pape est un homme très instruit et d’une grande expérience. Il est entouré, à Rome, des plus grands savants, parfaitement renseigné sur ce qui <€ passe dans toutes les parties du monde, et l’on peut dire sans exagération qu’il a ainsi l’expérience du monde entier. Les autres gouvernants n'ont pas besoin de savoir tout ce que sait le Faint Père, parce qu’ils n'ont pas à gouverner le monde entier, mais seulement leur propre pays. De plus, aucun gouvernement dans le monde entier n’est aussi ancien que ceiui de l’Egliee; aucune nation ne peut montrer une suite de gouvernants qui se sont succédé aussi longtemps sans interruption ; et nous pouvons dire ainsi que le Pape possède l'expérience de tous ses prédécesseurs, depuis saint Pierre jusqu’à Léon XITIT, actuellement régnant, savoir : deux cent soixante-trois Papes.
Toutes ces considérations devraient donc nous inspirer le pins grand respect pour les opinions émises par le Saint Père, sur quelque sujet que ce soit. Par conséquent, nous devrions toujours accueillir avec empressement les opinions et l'avis du Souverain Pontife sur n'importe quel sujet, ne jamais opposer nos connaissances bornées à son expérience et à sa ecience, même loreque nous nous pensons mieux rengeignés que lui sur certains évènements religieux, politiques ou autres quise passent dans notre pays. Le Saint Père connaît l’histoire des peuples anciens; il connaît la nature humaine; il: sait que, les circonstances étant les mêmes, ce qui s’est passé chez un peuple peut se répéter et se répète
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souvent chez un autre peuple. Le Saint Père a donc plus de clairvoyance et de pénétration que nous, et nous devrions le remercier lorsqu'il nous met en garde contre certains dangers en matière politique ou autre, Il ne nous enseigne pas la politique ; mais comme toute chose que nous faisons est bonne ou mauvaise, les hommes d'Etat et les politiciens doivent examiner si les actes qu'ils veulent faire sont bons «u mauvais, justes ou injustes. C’est le devoir du Saint Père de se prononcer contre les actes mauvais ou injustes des individus et des nations, et c’est pour cela qu’il paraît quelquefois intervenir dans les affaires politiques, lorsque réellement 1l ne fait que donner un enseignement moral Quelque fois aussi, les gouvernements essaient de dépouiller l'Eglise ou le Saint Père de ses droit:, et lorsqu'il se défend et proteste contre de telles injustices, ses ennemis l’accusent d'intervention dans les affaires politiques.
On comprend maintenant en quoi consiste Pinfaillibilhité de l'Eglise, et qu’elle ne signifie pas, comme le disent les adversaires de ce dogme, que le Pape ne peut pécher et ne peut ec tromper en rien. Le Pape peut pécher comme tout autre : il pourrait même, s’il le voulait, être un homme vicieux et attirer la colère de Dieu sur sa tête par ses péchés. Ne pourrait-il pas s'impatienter, négliger complètement ses prières ou prier avec des distractions coupables ; re pourrait-il pas être orgueilleux, avare etc? C'erfainement. Or, toutes ces choses soni des péchts,. I] peut donc pécher, et, par suite, il doit aller à confe:se comme nous et demander pardon. Nous devons done nous rappeler ceci: que le pupe
agisse bien ou mal dans sa vie privée, il doit toujours enseigner la vérité quand il parle ex cuthedra, parce que le Saint-Esprit le guide et ne lui permettrait pas de se tromper en matière de foi ou de morale.
Nous avons vu de quelle manière les gouvernements empiètent sur les droits du Souverain Pontife. Ce sont ces empiètements qui rendent nécessaire le pouvoir temporel des Papes, afin que ceux-ci puissent rester indépeudants de tous les gouvernements.
Mais que faut-il entendre j ar le pouvoir temporel des Papes ?
Il faut entendre par là que le Pape devrait posséder une ville ou un territoire qui n’appartînt à aucun gouvernementet dont il serait, seul, le chef et le roi. Jusqu'en 1870 le Pape a possédé des Etats qu ’on appel: uit Etats Pontificaux, et lo pouvoir qu'il avait sur ces Etats, —comme le pouvoir de tout autre roï,—-était appelé pouvoir temporel.
Comment avait-il acquis ces Etats et comment les a-t-il perdus ?
Il les avait acquis de la manière la plus légitime, et il en jouissait depuis environ mil'e ans.
Il y a de cela plusieurs siècles, le peuple de Rome et les pays voisins choisirent le Pape pour leur roi. Il était déjà leur chef spirituel, et ils en firent de plus leur chef temporel. Le Pape alors les protégea et les gouverna comme font les autres rois. Plus tard, des rois et des princes ; 4 ajoutèrent d’autres domaines, et,peu à peu lea
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Comment a-t-il perdu ces possessions ?
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Le gouvernement italien les lui a enlevées de Ja manière la plus inique. En outre, il a dépouillé l'Eglise d’une foule d’autres propriétés qui lui avaient été données par des fidèles. Nul monarque au monde n'avait de réclamation plus équitable ou de droits plus certains que ceux du Saint Père à la possession de ses Etats ; et cependant il s’est trouvé un gouvernement qui les lui a volés comme ferait un voleur vulgaire qui profiterait de notre impuissance à nous défendre, pour nous enlever par violence ce que d’autres nous ont légitimement donné.
Le pouvoir temporel est-il nécessaire au Saint Père ?
Oui, le Saint Père a besoin d’un certain pouvoir temporel. Il doit être libre et indépendant dans le gouvernement de l'Eglise. Il doit être libre de parler, comme il l’entend, aux catholiques du monde entier, et libre aussi d'écouter ce qu'ils ont à lui dire. Il ne pourrait jouir de ces libertés s’il était soumis à la puissance d’un chef politique qui pourrait le jeter en prison, lui défendre de communiquer avec les évêques de la catholicité, ou tout au moins l'empêcher de s’élever contre ses injustices. Le Pape doit donc avoir certaines possessions qui lui soient propres, afin de ne pas redouter les injustices d’un prince quelconque, et de pouvoir proclamer hardiment ia vérité au monde entier, dénoncer les gouvernements hostiles à l'Eglise et décerner des éloges à ceux qui les méritent.
Norons bien que nous ne déterminons pas .es possessions que le Pape devrait avoir; nous disons simplement qu’il devrait posséder quelques domaines qui lui permettraient de conserver son
indépendance, et ces domaines, en justice, devraient être ceux qu’on lui a enlevés. Les Etats- Unis offrent un exemple qui démontre que Je Pape a besoïn d’un pouvoir indépendant. Chaque Etat faisant partie de la Confédération Américaine forme par lui-même un gouvernement au- LED tonome, ayant son gouverneur, sa législature, ses LED lois propres, etc. et au-dessus de tous ces Etats,
| il ya le gouvernement des Etats-Unis avec son Président. A l’origine, les membres du gouvernement fédéral des Etats-Unis s’assemblaient pour traiter des affaires de la nation, tantôt dans un Etat, tantôt dans un autre, quelquefois à New- York et quelquefois en Pensylvanie, ete. Mais | ils reconnurent bientôt que pour être indépendants de ces petits Etats et rendre justice à tous, ils devaient avoir un territoire propre, indépendant de tout Etat, et c’est alors qu’on choisit Washington avec un territoire adjacent de dix À milles carrés, appelé maintenant district de & Coloinbie, et où le gouvernement des Etats-Unis ls
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