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282 LE CODE CATHOLIQNE.
n’iront jamais au ciel, bien qu’ils n'aient jamais péché. Ils n'iront pas non plus en enfer. Or. comme après le jugement dernier il n’y aura plus que le ciel et l’enfer où donciront-ils ? Dieu dans sa bonté leur ménagera un lieu spécial de repos dans lequel ils n’endureront aucune souffrance et où ils seront dans un état de paix naturelle; mais ils ne verront jamais Dieu, et n’entreront jamais dans le ciel. Dieu aurait pu uous créer pour une fin purement naturelle, de telle sorte que nous serions toujours restés sur la terre, jouissant d’un bonheur naturel au mil'eu des excellentes choses qu’il a mises à notre disposition. Mais dans ce cas supposé, nous n’aurions pas connu Dieu et le ciel comme nous le connaissons maintenant. Il est bien évident que ce bonheur terrestre, comparé aux délices du ciel et à la jouissance de la vue de Dieu. ne serait rien ; et à présent que par la Révélation nous connaissons Dieu et le ciel, nous nous trouverions fort à plaindre si nous étions destinés à rester indéfiniment sur la terre (Ceux qui meurent sans le baptême, ne soupçonnant même pa: le bonheur qu’ils ont perdu, sont naturelleinent heureux ; mais nous qui connaissons tout ce qu'ils ont perdu, nous comprenons la grandeur de leur infortune
C'est donc un crime horrible de laisser volontairement mourir quelqu'un sans le baptême, ou de priver un enfant de la vie avant qu'il soit baptisé. Suposons que tous les membres d’une famille, à l'exception d'un petit enfant, ont été baptisés; le père, la mère et lez enfants de cette fanille peuvent tous aller au ciel, s'ils le veulent, tandis que ce petit enfant en sera exclu pour
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toujours ; il sera éternellement séparé de sa familie et ne verra jamais Dieu. C’est donc une cruauté révoltante de priver un enfant, par des considérations humaines ou des imprudences coupables, du bienfait du baptême.
f 168.—-Qui peut administrer le Baptême ?
—Le prêtre est le ministre ordinaire du Baptême, mais dans le cas de nécessité toute personne qui a l’usage de la raison peut et doit baptiser.
Non seulement le prêtre est le ministre ordipaire du Baptême, mais ceux aussi qui sont plus élevés que lui dans la hitrarchie ecclésiastique, tels que les évêques et le Pape; car ils ont tous les pouvoirs du simple prêtre et, de plus, la plénitude du sacerdoce.
Le nom de ministre est donné ici à celui-la seul qui a reçu le pouvoir d’exercer les fonctions ecclésiastiques; et par ministre ordinaire du baptéme, on entend celui qui a le droit de baptiser et qui le fait généralement. Quant aux autres, ils ne peuvent baptiser que dans le cas de nécessité: c’est-à-dire quand on ne peut avoir recours au ministre ordinaire et que le Baptême ne peut être ajourné.
Dans le cas de nécessité, toute personne, sans exception, peut baptiser, pourvu qu’elle sache comment baptiser et qu’elle veuille sincèrement faire ce que fait l'Eglise quand elle baptise. On ne peut baptiser quelqu'un malgré sa volonté ou, s’il s'agit d’un enfant, malgré la volonté de ses parents, ou encore, lorsque cet enfant ne doit
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pas être élevé dans la religion catholique. Cependant, si l'enfant est en danger de mort, il peut et il doit être baptisé, même sans le consentement de ses parents.
Enfin, toute personne qui baptise doit avoir l'usage de la raison ; parce qu’elle doit avoir l’intention de faire ce que Notre-Seigneur a ordonné de faire en donnant le baptême. Par conséquent, un enfant qui n’a pas encore l’usage de la raison ne peut pas avoir cette intention et ne peut baptiser.
+ 169. Comment se donne le baptème ?
—La jereonne qui baptise verse de l’eau naturelle sur la tête de la personne qu'elle baptise, et dit en même temps :
“Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.”
Lorsque le Baptême a lieu dans l’église, le prêtre se sert de l’eau baptismale; c’est-à-dire de l’eau bénite pour cette fin le Samedi-Saint et la veille de la Pentecôte, et renfermant quelques gouttes de l’huile des catéchumènes et du Saint- Chrême. Lorsque, dans le cas de nécessité, le Baptême a lieu à domicile ou dans une maison privée, sans aucune des cérémonies qui sont de rigueur à l’église, celui qui baptise, quel qu’il soit, peut employer l’eau ordinaire, chaude ou froide, pourvu qu’elle soit limpide et nette. Le Baptême donné à d icile est appelé Baptême privé ; et le Baptême conféré à l’église avec toutes les cérémonies prescrites par le Rituel, ect appelé Baptême solennel. Toute personne baptigée à la maison doit plus tard, aussitôt qu’il est
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possible, être présentée à l’église, afin que le prêtre puisse suppléer les cérémonies omises lorsqu'elle a été ondoyée.
Les conditions requises pour que le Baptême soit bon, sont les suivantes : 1° Il faut que l’eau naturelle versée sur la tête de l’enfant touche la peau ; 2° L'eau doit être versée par la personne qui prononce les paroles, et de plus, dans le même temps ; 8° Il ne faut rien changer, au moins substantiellement, aux paroles : ‘ Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint- Esprit.” Aïnsi, il ne suffirait pas de dire : ‘“ Je te baptise au nom de Dieu,” ou ‘‘ au num de la Kointe Trinité,” ou encore au nom du Père, et du Fi13, et du Saint-Esprit,” sans dire, ‘‘ Je te baptise.” 4° Celui qui baptise doit avoir l'intention de faire ce que Notre-Seigneur a ordonné de faire. Si donc, l’eau ne touche pas la peau ; si on fait usage de tout autre liquide que l’eau ; si l’un verse l’eau pendant qu'un autre prononce les paroles ; si on ne fait pas les deux choses en même temps; si on change substantiellement les paroles, et si on n’a pas l'intention de faire ce que fait l'Eglise, alors le Baptême est nul.
Nous allons maintenant rappeler les différentes choses nécessaires pour l’administration du Baptême solennel, repasser les cérémonies prescrites par l’Eglise et en donner la significaon, afin d'augmenter le respect que l’on doit avoir pour ce sacrement, et de faire mieux comprendre le cérémonial qui en accompagne l'administration.
Pour l'administration du Baptême solennel, il faut les choses suivantes : 1° L'eau baptismale ; 2° L'huile des Catéchumènes et le Saint-Chrême;
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8° Un petit vase avec du sel bénit, bien sec et bien pulvérisé ; 40 Un autre petit vase, d’un métal propre et convenable, pour verser l’eau baptismale sur la tête de la personne que l’on baptise ; 59 Un bassin pour recevoir cette eau, à moins qu’elle ne tombe inimédiatement dans la piscine des fonts ; 6° Un peu de ouate et de mie de pain, pour purifier les doigts du prêtre après les onctions, ainsi que les parties du baptisé qui auront été ointes ; 7° Une petite boîte pour y déposer tout ce qui aura servi à ces puritications ; 8° Deux étoles, l’une de couleur violette et l’autre de couleur blanche, ou, au moins, une étole qui soit double, portant deux couleurs ; 99 Un chrémeau ou petit bonnet de toile fine, pour mettre sur la tête du nouveau baptisé ; 10° Un cierge de cire blanche.
Tout étant préparé pour l’administration du Baptême, le prêtre demande à ceux qui ont apporté l’enfant, s’il a été ondoyé à domicile, si c’est un garçon ou une fille, quel jour il est né, et quel nom on dés’re lui donner.
Puis, il fait à l'enfant les interrogations prescrites par le Rituel, et auxquelles le parrain et la marraine doivent répondre pour lui. Si la
personne à baptiser est capable de répondre elle.
même, elle ezt tenue de le faire.
Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu, dit d’abord le prêtre? Le parrain et la marraine répondent: La Foi.
Quel bien vous procurera la Foi? La vie éternelle. Alors le prêtre exhorte l’enfant à observer les Commandements de Dieu et à l’aimer de tout son cœur. Il souffle ensuite trois fois sur le vis:ge de l’enfant et commande au démon de s’élui-
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gner. Puis il fait, avec le pouce de la main droite, deux croix : l’une sur le front, et l’autre sur la poitrine de l'enfant, et met dans sa bouche un jeu de sel bénit, signe de la sagesse que donne !: foi, et il prie de nouveau pour l'enfant. Cette dernière prière finie, il met un bout de son étole sur l'enfant, pour signifier qu’il est introduit dans l'Eglise ; s'approche lentement des fonts baptismaux, avec le parrain et la marraine qui récitent avec lui, d’une voix intelligible, le Credo et le Pater, tout au long, pour montrer que la personne à bapuiser doit connaître et croire toutes les vérités de la religion. Autrefois cette première partie des cérémonies du Baptême se faisait en dehors de l’église. Le prêtre prie de nouveau, et prenant un peu de sa salive, avec le pouce de la main droite, il en touche, en forme de croix, les oreilles et les narines de l’enfant, en prononçant en même temps les paroles de Notre-Seigneur lorsqu'il cracha à terre, et ayant fait de la boue avec sa salive, il oignit de cette boue les yeux de l’aveugle-né et lui rendit la vue. 11 demande alors à l'enfant s’il renonce à Satan, à ses œuvres, et à ses pompes ; puis prenant l'huile des Catéchumènes, il en fait une onction sur la poitrine et entre les épaules de l'enfant, fait une profession de foi, et enfin baptise l’enfant que le parrain et la marraine doivent, pendant ce temps, toucher de la main droite. Après le Baptême il oïint le sommet de la tête de l'enfant avec le Saint-Chrême, lui met sur la tête le Chrémeau, pour signifier la pureté qu'il a reçue dans le baptême et qu'il doit . garder son âme exempte du péché, et présente à sa main un cierge allumé que le parrain et la marraine soutiennent de la main droite.
Noas sommes baptisés à l’entrée de l’église, pour montrer que sans le Baptême nous sommes en dehors de l'Eglise. Le signe de la croix est souvent fait sur nous, pour nous rappeler que notre salut est dû à la croix et à la passion de Notre-Seigneur. L’étole est placée sur nous, pour montrer que l’Eglise nous prend sous sa protection et nous protège contre la puissance du démon. Les onctions avec l’huile des Catéchumè:nes et le Saint-Chrême signifient que nous sommes purifiés de nos péchés et fortifiés pour combattre ies combats du Christ. Le Chrémeau ou petit bonnet de toile fine est placé sur notre tête, pour nous rappeler la gloire de la Résurrection, et le cierge allumé est placé dans notre main, pour nous montrer que dorénavant nous devons brûler de charité chrétienne.