‹ Le code catholique ou Commentaire du catéchisme des provinces ecclé siastiques de Québec, Montréal et Ottawa [microforme]Chapitre 237 sur 343 · CHAPITRE VINGT HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT HUITIÈME

De 1a Prière.

t 235 : Qu'est-ce que la prière ?

—La prière est une élévation de notre esprit et de notre cœur vers Dieu, scit pour l’adorer, le remercier de ses bienfaits, implorer son pardon, soit pour lui demander les grâces dont nous avons besoin pour l’âme ou pour le corps. 39

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Nous devons élever notre cœur, parce que l'élévation seule de notre esprit ne serait pas une prière ; en effet, celui qui blasphème Dieu peut aussi élever son esprit, comme celui qui le prie. Nous élevons notre esprit pour connaître Dieu ; notre cœur, pour l'aimer, et par là, le servir. Ce sont les trois choses pour lesquelles l’homme a été créé. Si nous ne pensons pas à Dieu, nous ne prions pas. Un perroquet pourrait apprendre à réciter le Notre Père, maïs il ne pourrait prier, parce qu’il n’a pas une âme qu’il puisse élever vers Dieu. On pourrait faire réciter des prières à un phonographe, maïs on ne pourrait le faire prier, parce qu’il n’a ni âme ni cœur. La prière ne dépend donc pas des paroles que nous prononçons, mais de la manière dont elles sont prononcées. En effet, la meilleure prière, appelée méditation, se fait sans prononcer un mot, mais en pensant seulement à Dieu, à sa bonté envers nous, aux offenses que nous lui faisons, à l'enfer, au purgatoire, au ciel, au jugement, à la fin pour laquelle nous avons été créés, etc. Cette manière de prier est celle que suivent ordinairement les prêtres et les religieux. Comme certaines personnes pourraient aimer à méditer, nous expliquons la méthode à suivre. Nous essayons d’abord de nous rappeler que nous sommes en la présence de Dieu ; puis nous réfléchissons sur le sujet de méditation que nous avons choisi, le crucifiement, par exemple. Nous retraçons dans notre esprit la peinture de cette scène. Nous voyons Notre-Seigneur sur la croix, à ses côtés, deux voleurs, dont l’un le prie et l’autre le blasphème. Nous considérons la multitude de ses ennemis qui le tournent en dérision. À

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quelque distance, nous apercevons la sainte Vicrge, percée d’un glaive de douleurs. en compagnie de saint Jean et de Marie Madeleine.

Nous nous demandons alors,—car nous devons nous figurer que nous sommes sur les lieux— de quel côté nous voudrions nous ranger. Irionsnous avec la sainte Vierge pour la consoler, ou nous rangerions-nous parmi les ennemis du Christ pour l’insulter ? Nous pensons ensuite au péché qui est la cause de toutes ces souffrances, au nombre de fois que nous avons péché, que nous nous sommes rangés du côté de la foule en abandonnant la sainte Vierge. Ces pensées nous font regretter nos fautes et prendre la résolution de ne plus pécher. Nous terminons notre méditation en remerciant Dieu de ces pieuses pensées et de ces bonnes résolutions. Nous pouvons consacrer à cette méditation un quart-d’heure ou un temps plus long, ei nous le désirons.

Le crucifiement n’est qu’un des nombreux sujets de méditation qui sont à notre disposition. Nous pouvons choisir n'importe quelle partie du Pater, de l’Ave Maria, du Credo, et même des questions du catéchisme. La prière mentale est donc la meilleure, parce qu’elle nous oblige à penser, à faire attention à tout ce que nous disons, et à élever notre esprit et notre cœur vers Dieu ; tandis que dans la prière vocale, nous pouvons répéter des mots par pure habitude, sans aucune attention ou sans élever notre cœur et notre esprit vers Dieu.

T 326.—La prière est-elle nécessaire au salut ?

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