Qu'entendez-vous par œuvres serviles
—On entend par œuvres serviles certains travaux auxquels le corps a plus de part que l'esprit.
Par œuvres serviles, on entend les travaux qui sont le partage ordinaire des personnes de service. On les appelle aussi travaux du corps. Ainsi, par exemple, coudre, laver le linge, labourer, herser, travailler le fer, le bois, la pierre, faire publiquement le négoce; enfin, tous les travaux analogues auxquels le corps a la principale part, sont des œuvres serviles. Outre les œuvres serviles, sont aussi défendus, les débats judiciaires et tout ce qui s’y rattache comme intenter un procès, prononcer un jugement.
Mais on peut étudier, enseigner, écrire, s’occuper de musique, de dessin, de calcul, parce que c’est l’esprit plutôt que le corps qui est employé à ce genre d’occupations. Elles sont permises les dimanches et fêtes d'obligation, lors même qu’on en retirerait quelque gain.
409.—Les œuvres serviles sont-elles quelquefois permises le dimanche ?
—Les œuvres serviles sont quelquefois permises le dimanche, lorsque la gloire de Dieu, la charité due au prochain, ou la nécessité l'exige.
La gloire de Dieu l’exige, par exemple, lorsqu'il s’agit d’ériger un autel qui n’a pu être trigé un autre jour, pour permettre au peuple d'entendre la messe, de décorer une église pour une solennité, d'élever un reposoir pour une procession, etc.
La charité due au prochain l'exige, s’il s’agit de la construction d’un pont qui est d’un usage journalier et indispensable, ou du déblaiement d'une voie ferrée, après un accident, pour que les trains ne soient pas en retard trop longtemps.
Enfin, la nécessité l'exige, lorsque la récolte est en danger de perdition si elle est laissée sur le champ jusqu'au lundi, lorsqu’il s’agit d’éteindre un incendie, ou de continuer un servicé qui ne peut être suspendu, comme celui des matelots sur un navire en mer etc.
Quelque rigoureuse que soit la loi qui interdit les œuvres serviles le dimanche et les fêtes d'obligation, l'Eglise tolère cependant les travaux indispensables à la vie humaine. Aïnsi, on peut préparer les aliments, faire ce qui tient à la propreté de la maison, prendre soin du bétail, cueillir les fruits et les légumes qui doivent servir au repas du jour. On peut aussi se permeltre certains ouvrages serviles autorisés
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par la coutume, pourvu que cette coutume soit approuvée, du moins par le consentement tacite des autorités ecclésiastiques et ne dégénère pas en abus.