‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 103 sur 238 · Pourquoi Jésus-Christ a-t-il fondé son Eglise · texte numérisé non relu

Pourquoi Jésus-Christ a-t-il fondé son Eglise

— Jésus-Christ a fondé son Eglise pour enseigner, gouverner, sanctifier et sauver tous les hommes.

L'Eglise fondée par Jésus-Christ a donc le pouvoir et la mission : 1° d'enseigner la religion ; 2° de gouverner dans les choses qui concernent le salut des âmes ; 3° de sanctifier les hommes, c'està-dire de les rendre bons; 4° de sauver tous ceux qui désirent l'être.

137.— Tous les hommes sont-ils obligés d'appartenir à cette Eglise unique de Jésus- Christ ?

— Oui, tous les hommes sont obligés d'appartenir à cette Eglise unique fondée par Jésus- Christ, et quiconque sait que l'Eglise catholique est la vraie Eglise et refuse d'y appartenir, ne peut être sauvé.

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Celui qui sait que la religion catholique est la vraie religion et qui ne l'embrasse pas, ne peut entrer au ciel. Si quelqu'un qui n'est pas catholique, doute que l'Eglise à laquelle il appartient soit la véritable Eglise, il doit éclaircir ses doutes, chercher la véritable Eglise et y entrer ; car s'il continue à vivre dans le doute, il devient semblable à celui que des considérations humaines empêchent d'entrer dans la véritable Eglise quoiqu'il la connaisse.

De même, celui qui doute et qui craint d'examiner la religion qu'il professe, de peur d'en découvrir la fausseté et d'être convaincu de la vérité de la foi catholique, ne peut être sauvé.

Qu'adviendra-t-il d'un non catholique qui croit fermement que l'Eglise à laquelle il appartient est la véritable Eglise, et qui n'a jamais eu, même dans le passé, le plus léger doute sur ce fait?

S'il a été baptisé d'une manière valide et s'il n'a jamais péché mortellement, il sera sauvé; parce que, se croyant membre de la vraie Eglise, il a fait tout en son pouvoir pour servir Dieu suivant ses lumières et les dictées de sa conscience. Mais son salut sera beaucoup plus difficile s'il a commis le péché mortel. Le péché mortel, une fois commis, souille l'âme tant qu'il n'a pas été pardonné, et comment sera-t-il pardonné à un non catholique ? Ce ne sera pas par le sacrement de pénitence, puisque le protestant ne va pas à confesse ; et s'il y va, son ministre, qui n'est pas prêtre, n'a pas le pouvoir de lui pardonner ses péchés. Sait-il que sans la confession, il lui faut faire un acte de contrition parfaite pour obtenir le pardon de ses péchés, et

cet acte, peut-il le faire aisément? Ce que noua appelons contrition n'est généralement qu'une contrition imparfaite, c'est-à-dire le chagrin d'avoir offensé Dieu, parce que nous craignons d'aller en enfer ou de perdre le ciel. Si un catholique, avec le secours de toutes les grâces qu'il a reçues dans les sacrements, trouve qu'il est difficile de faire un acte de contrition parfaite, c'està-dire de se repentir de ses péchés uniquement pour l'amour de Dieu qui est souverainement bon, un protestant qui n'a pas reçu de telles grâces le fera beaucoup plus difficilement. On peut donc craindre deux choses : ou qu'il ne connaisse pas que cet acte est nécessaire pour reconquérir l'amitié de Dieu, ou bien, qu'il eoit incapable de faire cet acte nécessaire de contrition parfaite, et alors il mourra en état de péché mortel, et par conséquent ennemi de Dieu.

Mais un protestant qui n'a jamais commis de péché mortel depuis son baptême, et qui n'a jamais eu le plus léger doute sur la vérité de sa religion, sera sauva, parce que par le baptême, il est devenu membre de l'Eglise, et que sa conscience n'étant souillée d'aucun péché mortel, il est l'ami de Dieu et ne peut, en justice, être condamné à l'enfer. Une telle personne appartient à ce que nous appelons l'âme de l'Eglise. Il appartiendrait au corps de l'Eglise, c'est-à-dire qu'il assisterait à la messe et fréquenterait les sacrements, s'il savait que l'Eglise catholique est la seule véritable Eglise.

Le cas que nous venons de supposer se rencontre rarement, si ce n'est chez les petits enfants baptisés dans les sectes protestantes. Tous les enfants qui ont reçu le baptême validement

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deviennent enfants de l'Eglise, sang égard à la personne qui les a baptisés et à la religion que professent leurs parents. En effet, toutes les personnes baptisées deviennent enfants de l'Eglise ; mais celles qui, après leur baptême, récusent les enseignements de l'Eglise, rejettent ses sacrements, et refusent de se soumettre à ses pasteurs légitimes, sont des enfants rebelles, qu'on appelle hérétiques.

Nous avons dit que le cas d'une personne non catholique, qui n'a jamais douté de la vérité de ea religion, et qui, de plus, n'a jamais commis, durant toute sa vie, un seul péché mortel se rencontre rarement. Ces personnes sont en si petit nombre que, pratiquement, nous pouvons dire que tous ceux qui ne font pas partie du corps de l'Eglise catholique, qui ne croient pas à sa doctrine, qui ne reçoivent pas ses sacrements et qui ne sont pas gouvernés par son chef visible,

Notre Saint Père le Pape, obtiendront très diffici-

ement leur salut.

Nous ne parlons pas ici des païens qui n'ont jamais entendu parler de Notre-Seigneur et de sa sainte religion, mais de ceux qui sont en dehors de l'Eglise, et qui prétendent être de bors chrétiens sans être membres de l'Eglise catho* lique.

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