‹ Le Code catholique, ou, Commentaire du catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et OttawaChapitre 109 sur 238 · Comment l'Eglise est- elle une · texte numérisé non relu

Comment l'Eglise est- elle une

—L'Eglise est une, parce que tous ses membres ont la même foi, sont tous dans une même communion et soumis au même chef.

L'Eglise catholique est une, dans son gouvernement d'abord, et puis dans sa doctrine. Dans son gouvernement : chaque curé est charge d'une paroisse ou d'un territoire déterminé, dont les habitants sont soumis à sa juridiction et forment son troupeau ; il ne doit prendre soin que de ceux-là seulement, les instruire, leur administrer les sacrements, etc. Il n'est pas responsable de ceux qui résident en dehors de sa paroisse. Audessus du curé, il y a l'évêque, chargé de la direction et de l'administration d'un territoire distinct qu'on appelle diocèse ; puis, l'archevêque ou le métropolitain, qui jouit d'une certaine juridiction sur les évêques suffragants ; vient' ensuite le primat, qui a la prééminence sur les simples archevêques, puis enfin au-dessus de tous, nous avons le Souverain Pontife. Ainsi, lorsque le Saint Père s'adresse aux évêques, les évêques s'adressent aux prêtres, et ceux-ci au peuple. L'Eglise est donc une dans son gouvernement,comme une grande armée disséminée sur toute la surface du globe. Nous pouvons remonter graduellement du membre le plus humble de l'Eglise jusqu'au plus élevé, qui est le Saint Père; et de celui-ci à Notre-Seigneur lui-même, qui est le chef invisible de tous. Le corps régulier des prêtres, des évêques, des archevêques, etc., ainsi organisé, par ordre de supériorité, est appelé la hiérarchie de l'Eglise.

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L'Eglise est une aussi dans sa doctrine ; c'està-dire que tous les individus qui composent les trois cents millions de catholiques du monde, croient exactement les mêmes vérités. Si un catholique refuse de croire à un seul article de foi, il cesse d'être catholique et est retranché de l'Eglise, lors même qu'il croit à tout le reste. Par exemple, si on ne croit pas que le mariage et l'Ordre sont des sacrements, ou si on ne croit pas à la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, on cesse d'être catholique, quand même on croirait à tous les autres enseignements de l'Eglise.

L'Eglise est donc une dans son gouvernement et dans sa doctrine. Cette marque distinctive se rencontre-t-elle dans quelques-unes des Eglises qui se prétendent les Eglises du Christ ?

Non. Les religions protestantes n'ont, ni l'unité de gouvernement ni l'unité de doctrine. Les Protestants d'Angleterre n'ont pas d'autorité sur les Protestants d'Amérique, et ceux-ci n'ont rien à voir dans les affaires des Protestants d'Allemagne ou de France. Les Protestants de chaque pays sont donc indépendants, et n'ont pas de chef suprême. Les protestants n'ont pas non plus l'unité de foi. Dans chaque pays il y a plusieurs classes de protestants — les Episcopaliens, les Presbytériens, les Baptistes les Méthodistes, etc., qui ne croient pas la même chose. Même ceux qui fréquentent la même église et qui professent la même religion, ne professent pas la même foi. Chacun, disent -ils, a le droit d'interpréter l'Ecriture Sainte à sa manière ; aussi, chacun explique les mêmes textes bien différemment. Il doit y avoir une personne autorisée pour fixer,

en cas de divergence d'opinion, le véritable sens des Saintes Ecritures, et comme les Protestants n?en ont pas, il en résulte que leurs controverses sont interminables.

Les Etats-Unis ont une constitution et des lois. Si chaque citoyen était libre d'interpréter les lois à sa guise, à quel joli état de choses cela ne conduirait-il pas ? Heureusement, les auteurs de la Constitution et des lois des Etats-Unis n'ont pas exposé les citoyens à un tel danger. Ils ont nommé des juges chargés d'interpréter et d'expliquer les lois, et de leur donner leur vraie signification dans les cas de contestation. Ainsi, il y a, à Washington, une Cour suprême pour tous les Etats-Unis, et lorsque ce tribunal déclare qu'un texte de loi a telle ou telle signification, tous les citoyens doivent se soumettre à sa décision qui est sans appel.

De la même manière, Notre-Seigneur a fait des lois pour tous les hommes, et pendant qu'il était sur la terre il les a appliquées lui-même. Il n'a pas voulu laisser les hommes libres de les interpréter à leur manière. Il a nommé des juges, qui sont les évêques, et pour le monde entier un juge en chef, qui est le Pape. Le Saint-Esprit le guide, comme nous l'avons déjà dit, il ne peut se tromper dans l'interprétation qu'il donne des lois du Christ ; et lorsqu'il interprète les paroles de Notre-Seigneur, tous les vrais catholiques doivent y croire sans appel.

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